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Juncker cherche des défenses européennes contre les jihadistes
International 4 min. 08.01.2015 Cet article est archivé
Charlie Hebdo

Juncker cherche des défenses européennes contre les jihadistes

Jean-Claude Juncker à Riga, le 8 janvier 2014
Charlie Hebdo

Juncker cherche des défenses européennes contre les jihadistes

Jean-Claude Juncker à Riga, le 8 janvier 2014
Photo: Reuters
International 4 min. 08.01.2015 Cet article est archivé
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Juncker cherche des défenses européennes contre les jihadistes

Le président de la Commission européenne a annoncé jeudi à Riga son intention de proposer aux Etats membres un nouveau programme de lutte contre le terrorisme au lendemain de l'attentat meurtrier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris.

(AFP) - Le président de la Commission européenne a annoncé jeudi à Riga son intention de proposer aux Etats membres un nouveau programme de lutte contre le terrorisme au lendemain de l'attentat meurtrier contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo à Paris.

"Nous allons présenter un nouveau programme de lutte contre le terrorisme dans les semaines à venir", a-t-il annoncé au cours d'une conférence de presse avec Laimdota Straujuma, Premier ministre de la Lettonie qui assure la présidence semestrielle de l'UE depuis le 1er janvier.

"Il est encore trop tôt pour annoncer les détails, mais nous allons explorer un certain nombre de pistes", a-t-il précisé.

La Commission veut renforcer la collecte et l'échange d'informations au sein de l'UE, mais elle se heurte aux réticences des États et des élus européens.

"Nous allons vérifier la qualité de la coopération entre les Etats membres", a relevé Jean-Claude Juncker. "La lutte contre le terrorisme relève d'abord de la compétence de chaque Etat, mais il est évident que des interconnexions doivent être mises en place", a-t-il insisté.

Un registre européen des données des passagers

La représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a jugé "urgent" la mise en place d'un registre européen des données des passagers, un projet voulu par les États membres mais bloqué depuis 2011 par le Parlement européen.

Mme Mogherini a inscrit le renforcement des défenses européennes, en particulier face aux problèmes posés par les jeunes Européens enrôlés pour combattre en Syrie et en Irak à l'ordre du jour d'une réunion le 19 janvier à Bruxelles des ministres des Affaires étrangères de l'UE.

Elle préparera cette réunion avec le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme Gilles de Kerchove, a précisé la Commission.

En matière de relations extérieures de l'UE, "l'important est le travail avec les autres pays", notamment au Moyen Orient, a souligné Mme Mogherini.

"J'étais en Irak et nous avons effectué un travail important et utile avec les autorités irakiennes pour que notre contribution contre Daesh (l'organisation de l'Etat islamiste) soit plus efficace et utile", a-t-elle expliqué.

"Nous sommes convaincus qu'il faut séparer complètement les notions de terrorisme et d'Islam. Aucune religion ne peut être utilisée pour des actes aussi cruels et inhumains", a-t-elle insisté.

Mais le dossier est surtout du ressort des ministres de l'Intérieur et de la Justice qui se réunissent les 29 et 30 janvier à Riga.

Selon la Commission, ils devront notamment examiner les moyens de "renforcer la coopération avec Europol et les autres agences européennes" compétentes en matière de sécurité pour fluidifier l'échange d'informations, qui se heurte aux réserves des services de renseignements nationaux.

Les opposants au projet de PNR européen ne baissent toutefois pas la garde: "Je ne suis pas catégoriquement opposée à la collecte de données à des fins de sécurité, mais je demande que l'on fournisse au Parlement la preuve de la nécessité de collecter les données de tous les passagers",a expliqué à l'AFP leur chef de file, l'élue libérale néerlandaise Sophie Ind't Veldt.

"Les ministres sont des cow-boys. Ils ne veulent pas de règles pour faire un contrepoids aux pouvoirs qu'ils réclament afin de garantir la protection des données", a-t-elle ajouté.

"Dire qu'un PNR européen va permettre de suivre les mouvements des jeunes n'est pas sérieux. Si la directive est adoptée, il faudra des années pour sa mise en œuvre. Ce n'est pas la réponse aux craintes de l'instant", a-t-elle soutenu.

"Tous les experts nous disent qu'il faut davantage investir dans le renseignement et que les services secrets acceptent d'échanger leurs informations", a-t-elle conclu.

Près de 3.000 Européens se sont engagés au côté des mouvements islamistes radicaux en Syrie et en Irak. L'UE a de nombreux instruments pour les identifier, les suivre et les appréhender, mais leur mise en œuvre s'avère difficile, notamment au vu des règles Schengen de libre-circulation.


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