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Juncker à la Maison Blanche pour empêcher une guerre commerciale
International 3 min. 23.07.2018 Cet article est archivé

Juncker à la Maison Blanche pour empêcher une guerre commerciale

Juncker à la Maison Blanche pour empêcher une guerre commerciale

Photo: AFP
International 3 min. 23.07.2018 Cet article est archivé

Juncker à la Maison Blanche pour empêcher une guerre commerciale

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se rend mercredi à Washington, dans un climat tendu, pour tenter d'empêcher une guerre commerciale totale avec Donald Trump.

(AFP) – La mission est particulièrement délicate pour le chef de l'exécutif européen, l'imprévisible président américain ayant carrément qualifié il y a une semaine l'Union européenne d'«ennemie», l'accusant de «profiter» des Etats-Unis d'un «point de vue commercial».


Whisky, jeans, motos... l'UE va taxer certains produits américains
La guerre commerciale continue: suite aux taxations sur l'aluminium et l'acier annoncées par Donald Trump, l'Union européenne a décidé de contre-attaquer en taxant certaines importations américaines, ce qui pourrait affecter la consommation des européens.

«C'est une autre occasion de dédramatiser toute tension potentielle sur le commerce et d'engager un dialogue ouvert, constructif avec nos partenaires américains», a estimé lundi le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, au cours du point presse quotidien.

M. Juncker sera reçu à 13h30 (17h30 GMT) à la Maison Blanche avant de prononcer un discours à 16 heures (20 heures GMT) devant un influent cercle de politique étrangère, le Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Le ton est pourtant encore monté après que Washington a infligé en juin des droits de douane punitifs sur l'acier et l'aluminium européens, une décision qui a davantage plombé les relations transatlantiques déjà endommagées par le retrait américain de l'Accord de Paris sur le climat et de celui sur le nucléaire iranien. Les Européens ont en effet contre-attaqué le 22 juin en taxant des produits américains emblématiques, comme les jeans, les motos Harley-Davidson et le beurre de cacahuète, afin de compenser à hauteur de 2,8 milliards d'euros les dommages causés à leur industrie.

Au cas où Trump passerait à l'action sur les automobiles, Bruxelles est déjà en train de préparer une nouvelle liste de produits américains susceptibles d'être soumis à des droits de douane. «Nous continuerons à répondre aux provocations», a prévenu M. Juncker, dans un discours la semaine dernière, jurant que «toutes les tentatives de diviser les Européens étaient vaines».

«Le revolver sur la tempe»


A container is transferred at a port in Qingdao in China's eastern Shandong province on July 6, 2018.
Punishing US tariffs on Chinese imports took effect on July 6, the first shot in what Beijing called "the largest trade war in economic history" between the world's top two economies. / AFP PHOTO / - / China OUT
Washington et Pékin basculent dans la guerre commerciale
Les Etats-Unis et la Chine sont entrés vendredi dans la guerre commerciale avec l'application de taxes douanières américaines sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises, auxquelles Pékin a promis une «nécessaire riposte», malgré les mises en garde alarmistes et la nervosité des marchés.

Vendredi, avant de partir en vacances, Mme Merkel a exprimé l'espoir de voir le Luxembourgeois, un vieux routier de la politique européenne, négocier une solution avec Donald Trump et stopper l'escalade. «Des représailles aux droits de douane américains» seraient «la plus mauvaise solution», a-t-elle reconnu, jugeant «très préoccupant» l'état des relations commerciales transatlantiques.

Les droits de douane sur les automobiles violeraient non seulement les règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), mais pourraient aussi, a martelé la chancelière, «mettre en danger la prospérité de nombreuses personnes dans le monde». L'offensive protectionniste de M. Trump sur les voitures inquiète particulièrement l'Allemagne, où ce secteur clé emploie 800.000 personnes.

Mais les perspectives d'une paix commerciale paraissent des plus minces après la réunion du G20 samedi, au cours de laquelle le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, un proche du locataire de la Maison Blanche, a déclaré que Washington exigerait un vaste accord commercial avec l'UE pour renoncer à ses menaces tarifaires.


US Treasury Secretary Steven Mnuchin speaks during a briefing with the press in Buenos Aires, on July 21, 2018 in the framework of the G20 meeting of Finance Ministers and Central Bank Governors.
Mnuchin said he will be pushing China and the EU to agree to a more "balanced" relationship on trade when he meets with finance ministers at the Group of 20 convention in Buenos Aires. / AFP PHOTO / STR
G20 Finances: Etats-Unis inflexibles, le bras de fer commercial perdure
La guerre commerciale que se livrent les grandes puissances a perduré lors du G20: le FMI a regretté qu'elle entame la croissance mondiale, la France a appelé Washington à faire machine arrière, mais les Etats-Unis sont inflexibles. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, se rendra mercredi à Washington.

Ce à quoi le ministre français des Finances, Bruno Le Maire a répondu : «Nous refusons de négocier avec un revolver sur notre tempe», en réclamant à nouveau que le président Trump retire d'abord les droits de douane sur l'acier et l'aluminium et cesse ses menaces sur les voitures.

S'inscrivant à contre-courant du protectionnisme américain, M. Juncker a signé la semaine dernière à Tokyo le plus grand accord commercial jamais conclu par l'UE, avec le Japon, et a profité du sommet annuel Chine-UE pour resserrer les rangs avec Pékin, autre cible de l'ire de Donald Trump.


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