Changer d'édition

Journaliste au Luxembourg: Je suis musulmane, irakienne, et victime du terrorisme
International 2 min. 02.12.2015 Cet article est archivé

Journaliste au Luxembourg: Je suis musulmane, irakienne, et victime du terrorisme

Photo d'archives d'un quartier résidentiel réduit en cendres, à Bagdad.

Journaliste au Luxembourg: Je suis musulmane, irakienne, et victime du terrorisme

Photo d'archives d'un quartier résidentiel réduit en cendres, à Bagdad.
Photo: AFP
International 2 min. 02.12.2015 Cet article est archivé

Journaliste au Luxembourg: Je suis musulmane, irakienne, et victime du terrorisme

Journaliste irakienne réfugiée au Luxembourg, Hind Alharby a souhaité s'adresser dans sa chronique aux familles touchées par les attentats survenus à Paris et partage sa propre expérience du terrorisme qu'elle a vécu en Irak.

Par Hind Alharby (traduction: AF)

Je n'écris pas aujourd'hui pour défendre les actes terroristes commis au nom de l'Islam.

Juste pour préciser que tous les musulmans ne sont pas des terroristes.

Le terrorisme n'a pas ses racines dans une religion ou une race, mais plutôt dans un mélange d'orientation politique combinée à une ignorance extrême, de goût du sang et du manque d'acceptation des autres.

Il y a des gens qui se considèrent comme musulmans et commettent des actes au nom de l'Islam, en dépit du fait que leurs actions ne sont aucunement basées sur la religion musulmane, seulement sur des agendas politiques.

Le 13 novembre, des tueries par balles, les attentats-suicides et la prise d'otages ont été perpétrés par des terroristes à Paris.

Ils ont provoqué la mort de 130 personnes et en ont blessé 368.

Au cours de cette même année, les attaques terroristes, les voitures piégées, les attaques armées ont tué 5.2019 personnes en Irak, et en ont blessé 8.155.

A travers cette pensée, je veux dire aux familles des victimes des attentats de Paris que nos cœurs sont avec elles et que nous leur adressons toutes nos condoléances. Nous savons ce que vous ressentez et nous en sommes désolés.

Photo: AFP

Nous ressentons de la peine comme vous et plus encore parce que nous avons laissé derrière nous, à cause du terrorisme, notre belle ville de Bagdad.

Les terroristes y commettent les plus horribles des crimes, tuant quotidiennement les miens en Irak, bombardant leurs maisons, leurs lieux de culte, leurs marchés, leurs lieux de travail, les écoles ou les universités.

Sans faire de discrimination entre la religion, l'orientation spirituelle ou la nationalité, l'Irak est maintenant au premier rang des pays victimes du terrorisme.

C'est pour cela que nous comprenons la souffrance des familles des victimes de Paris: la tristesse, les terribles émotions et la douleur suite à ce qui s'est passé cette nuit du 13 novembre. Alors voici un message des réfugiés irakiens au Luxembourg:

  • Nous sommes musulmans
  • Nous sommes des victimes du terrorisme
  • Nous nous opposons au terrorisme
Photo d'archives pris en juillet 2013 après une attaque survenue à Bagdad.
Photo d'archives pris en juillet 2013 après une attaque survenue à Bagdad.
Photo: AP

Nous respectons toutes les personnes de toutes les religions et cherchons à vivre en paix avec chacun, en brandissant le slogan de la liberté et de la dignité contre le terrorisme.

Avant que le terrorisme ne s'abatte sur l'Irak, nous vivions en paix dans un pays où cohabitent plusieurs nationalités, religions ou courant religieux.

Nous croyons qu'une personne qui ne peut pas vivre en paix avec une autre n'a tout simplement pas de religion.

L'Islam enseigne la réflexion et l'illumination, non la terreur. 

Hind est demandeur d'asile au Grand-Duché et écrit régulièrement une chronique pour wort.lu.
Avant d'arriver au Luxembourg, elle était journaliste et productrice à la télévision à Bagdad, en Irak. Elle a fui son pays en 2013 après avoir reçu des menaces de mort dans le cadre de son travail.


Sur le même sujet

La Shoura prend la parole: «Aucun imam radicalisé au Luxembourg»
La France a été attaquée dans les fondements de son identité: «Liberté, Egalité, Fraternité», vendredi dernier au nom d'Allah. La Shoura voit dans ces actes un détournement de la religion aux fins de diviser la société et condamne sans équivoque les actes terroristes de ce vendredi 13 novembre.
Mondher Labidi, porte parole de la Shoura, photo Guy Wolff