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Jacques Chirac meurt à l’âge de 86 ans
International 1 5 min. 26.09.2019 Cet article est archivé

Jacques Chirac meurt à l’âge de 86 ans

Jacques Chirac est décédé ce jeudi a annoncé sa famille.

Jacques Chirac meurt à l’âge de 86 ans

Jacques Chirac est décédé ce jeudi a annoncé sa famille.
Photo: AFP
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Jacques Chirac meurt à l’âge de 86 ans

Le 22e président de la République française est mort ce jeudi. «Le président Jacques Chirac s'est éteint ce matin au milieu des siens. Paisiblement», a déclaré M. Salat-Baroux, époux de Claude Chirac.

(AFP) - Né le 29 novembre 1932 dans le Ve arrondissement de Paris, il était physiquement affaibli depuis quelques années. Jacques René Chirac, de son nom complet, a été président de la République durant 12 années, après avoir remporté l’élection présidentielle face à Lionel Jospin, le 7 mai 1995, avant d’être réélu le 5 mai 2002 face à Jean-Marie Le Pen. 

Figure de la droite française, il a successivement été membre de l’UDR (1971-1976), du RPR qu’il a créé (1976-2002) et de l’UMP (2002-2007). Il a terminé sa carrière dans la vie publique en tant que membre du Conseil Constitutionnel, privilège réservé aux anciens chefs de l’État français, où il ne siège plus depuis le 9 décembre 2010.

Une longue carrière politique

Acteur majeur de la politique française, Jacques Chirac a lancé sa carrière politique en Corrèze où il est devenu conseiller municipal de Sainte-Féréole en 1965, avant de connaître une ascension rapide. Il a ensuite été député de la troisième circonscription de Corrèze en 1967 avant d’entamer une carrière ministérielle à partir de 1971 (Relations avec le parlement, Agriculture puis Intérieur avant de devenir Premier ministre en 1974 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing).

Jacques Chirac quitte ensuite l’exécutif pour accéder à la mairie de Paris en 1977, avant de revenir en tant que Premier ministre lors de la première cohabitation de la Ve République avec François Mitterrand en 1986 et d’accéder à la fonction suprême en 1995.  

«Notre maison brûle»  

L'ex-chef de l'Etat était un des grands fauves de la droite française dont la longévité, entre succès brillants et échecs cuisants, a démontré une exceptionnelle capacité de rebond.

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Celui qui n'apparaissait plus en public depuis plusieurs années fut président de la République pendant douze ans (1995-2007), deux fois Premier ministre, trois fois maire de Paris, créateur et chef de parti et ministre à répétition.

Ses mandats élyséens resteront marqués par son «non» à la deuxième guerre d'Irak, la fin de la conscription militaire, la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans les crimes nazis, le passage au quinquennat, le cri d'alarme («Notre maison brûle») face à la dégradation de l'environnement, une première victoire importante sur l'absurde mortalité routière.


En 2007, affaibli par un accident vasculaire cérébral qui l'a frappé deux ans plus tôt, il doit voir triompher Nicolas Sarkozy pour lequel il est loin de manifester la ferveur indéfectible de son épouse Bernadette.

«Perte de mémoire», «absences», surdité: Jacques Chirac apparaîtra ensuite de plus en plus rarement en public. Sa dernière sortie publique remonte à novembre 2014, au Musée du Quai-Branly consacré aux arts premiers, et qui porte depuis son nom.

L'ancien président, affaibli mais souriant, était aux côtés de l'un de ses successeurs, François Hollande. Ironie de l'histoire, l'ancien chef du RPR avait indiqué trois ans plus tôt qu'il allait voter pour le socialiste à la présidentielle, contre le sortant Sarkozy.

Populaire, mais à l'image abîmée  

Particulièrement populaire depuis qu'il avait quitté le pouvoir, Jacques Chirac avait pourtant essuyé de cuisants échecs. En 1988, sèchement battu par François Mitterrand, son épouse Bernadette s'était désespérée que «les Français n'aiment pas (son) mari». Douze ans plus tard, la dissolution qui devait conforter sa majorité à l'Assemblée a provoqué une humiliante déroute de la droite.

C'est enfin sur le terrain judiciaire que l'animal politique s'était abîmé: protégé par l'immunité attachée au mandat présidentiel, il avait été rattrapé par les juges après son retrait de la politique. En 2011, il devint le premier ancien chef de l'Etat condamné au pénal, à deux ans d'emprisonnement avec sursis, pour une affaire d'emplois fictifs à la mairie de Paris.

Après avoir quitté les ors de l'Elysée, Jacques Chirac vivait à Paris, avec son épouse Bernadette, dans un appartement des bords de Seine, prêté par la famille de l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, l'une des amitiés tissées au fil des ans. Il se rendait régulièrement en vacances au Maroc. Il avait eu deux filles, Laurence, anorexique depuis sa jeunesse décédée en avril 2016, et Claude, qui fut sa conseillère en communication.

Jacques Chirac lors de l'inauguration du Musée du Quai-Branly consacré aux arts premiers.
Jacques Chirac lors de l'inauguration du Musée du Quai-Branly consacré aux arts premiers.
Photo: AFP

«Jacques Chirac fait désormais partie de l'Histoire de France»

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a rendu hommage à Jacques Chirac qui «fait désormais partie de l'Histoire de France». «Une France à son image: fougueuse, complexe, parfois traversée de contradictions, toujours animée d'une inlassable passion républicaine.»

Le président Emmanuel Macron prononcera une allocution télévisée à 20h en clôture aux hommages venus de toutes parts. L'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981) a exprimé son «émotion» après le décès de celui  qui avait été son Premier ministre de 1974 à 1976, avant de s'affirmer comme son grand rival à droite.

 «C'est une part de ma vie qui disparaît aujourd'hui», a affirmé Nicolas Sarkozy.  



Charles Michel, Premier ministre belge et futur président du Conseil européen: «Je retiens de Jacques Chirac le courage d'avoir reconnu la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs au cours de l'occupation de la France par l'Allemagne nazie. Sa défense du oui dans le référendum de 2005 sur la Constitution européenne témoigne aussi d'un engagement prononcé en faveur d'une Europe plus solide.»  

Marcelo Rebelo de Sousa, le président portugais: «Jacques Chirac a toujours été très chaleureux avec les communautés portugaises de France, à la fois en tant que maire de Paris, Premier ministre et président de la République française.» 

Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique: «En dépit de nos différends de temps à autre, il fut toujours et sans faillir aimable, généreux (...) Nous avons commencé ensemble le projet de défense européen à Saint-Malo. Nous avons oeuvré étroitement pour assurer que l'élargissement de l'Europe se produise de façon à intégrer l'Est et l'Ouest.» 



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