Changer d'édition

Inquiétudes autour de l’accueil des Ukrainiens
International 3 min. 27.06.2022
L'hiver s'annonce problématique

Inquiétudes autour de l’accueil des Ukrainiens

Le nombre d'Ukrainiens supplémentaires susceptibles d'arriver en Belgique d'ici à la fin de l'année est estimé à 80.000.
L'hiver s'annonce problématique

Inquiétudes autour de l’accueil des Ukrainiens

Le nombre d'Ukrainiens supplémentaires susceptibles d'arriver en Belgique d'ici à la fin de l'année est estimé à 80.000.
Photo: dpa
International 3 min. 27.06.2022
L'hiver s'annonce problématique

Inquiétudes autour de l’accueil des Ukrainiens

En Belgique, associations et autorités craignent que des réfugiés restent à la rue cet hiver

Par notre correspondant Max HELLEF (Bruxelles) - La compassion vis-à-vis des Ukrainiens a-t-elle atteint son point limite ? On peut se poser la question au vu des appels à l'aide et des interviews que certains responsables de l'accueil ont confiés ces derniers jours à la presse.


La Belgique s’organise face à l’afflux de réfugiés
Si la solidarité est au rendez-vous, les difficultés se multiplient alors que jusqu'à 200.000 personnes pourraient être accueillies dans les prochains mois.

Dernière à s'exprimer en date, la Croix-Rouge flamande craint qu'à la fin de l'été, il y ait une pénurie d'abris pour les Ukrainiens fuyant la guerre dans leur pays. Elle base cette observation sur les difficultés que rencontre le centre de transit Ariane de Woluwe-Saint-Lambert, en région bruxelloise. À l'origine, les réfugiés n'étaient censés y passer qu'une seule nuit avant de trouver un logement chez l’habitant, quelque part dans le pays. Aujourd’hui, un réfugié sur trois reste plus de 15 jours dans ce centre, un sur huit plus de 25 jours.

 «De plus en plus difficile de trouver des places»  

La Croix-Rouge s'inquiète de l'inadéquation entre l'offre de logements et la demande. «Ni le bâtiment, ni les procédures, ni les moyens ne sont actuellement prévus pour un séjour de deux à trois semaines », précise-t-elle.  Les premières difficultés de cohabitation et d'intégration sont apparues : « Les résidents ont des problèmes d'argent et n'ont en outre plus de perspectives claires, ce qui provoque du stress et de la frustration. De plus, il y a aussi des difficultés pratiques, comme le besoin de détente et d'éducation pour les enfants et des installations pour laver les vêtements, par exemple. »

La Croix-Rouge gère également le village d'accueil d'urgence de Malines, déjà occupé à plus du tiers de ses capacités, un mois après son ouverture. A ce rythme, de solides difficultés pourraient se présenter à la rentrée. Or le nombre d'Ukrainiens supplémentaires susceptibles d'arriver en Belgique d'ici à la fin de l'année est estimé à 80.000.


L'action de l'UE en Ukraine satisfait la moitié des résidents
Aide humanitaire, don de matériel militaire, accueil de réfugiés... Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Union européenne a multiplié les initiatives pour aider son voisin. Et ce n'est pas du goût de tous, selon la dernière enquête Eurobaromètre.

Dans les colonnes du Soir, Michael Kegels, le patron de Fedasil (l'organe qui gère l'asile au niveau fédéral), explique qu'il est devenu «de plus en plus difficile de trouver des places» chez les particuliers et dans les communes, d'où l'encombrement progressif de centres d'urgence qui ne devraient en principe servir qu'au transit.

«Il y a une grosse inquiétude pour cet été, lâche Michael Kegels. Les familles d'accueil vont partir en vacances. Elles se demandent ce qu'elles vont faire de leur famille ukrainienne. Je ne doute pas que les régions vont parvenir à mettre en place des solutions pour ces familles, mais que va-t-on faire des nouveaux arrivants? Le rôle de Fedasil se limite à leur attribuer une place, mais que va-t-on faire s'il n'y a plus de place? »

L'hiver s'annonce problématique

Ce son de cloche correspond mal à la compassion dont ont fait preuve de nombreux Belges au lendemain de l'agression de la Russie sur l'Ukraine et de l'arrivée des premiers réfugiés. Un élan de solidarité s'était immédiatement déclaré, amenant certains observateurs à juger que le comportement des nationaux était bien plus favorable à l'accueil qu'en temps ordinaire. Entendez : il semble plus facile pour un Belge de donner l'hospitalité à un chrétien qu'à un musulman.

Quoi qu'il en soit, l'hiver s'annonce problématique pour tous ceux qui auront à gérer l'accueil des Ukrainiens, du niveau fédéral jusqu'aux communes. Ajoutons que le secrétariat fédéral à l'Asile et à la Migration cherche un successeur au chrétien-démocrate flamand Sammy Mahdi qui est devenu samedi le nouveau président de son parti CD&V. En Belgique, l'accueil est essentiellement l'affaire des régions et des communes. Mais il n'est pas impossible qu'à un moment donné le fédéral doive rentrer davantage dans la danse pour muscler la coordination, financer et parer à l'urgence.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le ministre de l'Energie Claude Turmes a indiqué sur les réseaux sociaux jeudi que le Luxembourg n'avait à ce stade pas de problème d'approvisionnement de gaz, alors que l'Allemagne a déclenché le niveau d'alerte.
IPO,Ministerrat&Briefing-Senningen,Xavier Bettel,Franz Fayot,Corinne Cahen,Claude Turmes, Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Les enfants ukrainiens accueillis au Luxembourg sont scolarisés dans des établissements publics comme privés. Le ministère de l'Education a prévu un encadrement pendant les vacances scolaires, ainsi que des solutions pour les élèves en fin de cycle secondaire.
La scolarisation des réfugiés ukrainiens pose des défis majeurs au ministère de l'Éducation nationale.