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Ils racontent les pressions de Trump pour invalider l'élection
International 4 min. 22.06.2022
Commission d'enquête aux Etats-Unis

Ils racontent les pressions de Trump pour invalider l'élection

Des membres de la Commission d'enquête de la Chambre des représentants sur l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 sont assis sous un écran montrant l'ancien président américain Donald Trump et un extrait d'un appel téléphonique qu'il a passé avec le secrétaire d'État de Géorgie Brad Raffensperger au lendemain de l'élection présidentielle américaine.
Commission d'enquête aux Etats-Unis

Ils racontent les pressions de Trump pour invalider l'élection

Des membres de la Commission d'enquête de la Chambre des représentants sur l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021 sont assis sous un écran montrant l'ancien président américain Donald Trump et un extrait d'un appel téléphonique qu'il a passé avec le secrétaire d'État de Géorgie Brad Raffensperger au lendemain de l'élection présidentielle américaine.
AFP
International 4 min. 22.06.2022
Commission d'enquête aux Etats-Unis

Ils racontent les pressions de Trump pour invalider l'élection

La commission d'enquête sur l'assaut du Capitole de Washington, le 6 janvier 2021, a procédé à de nouvelles auditions mardi. Des élus d'Arizona et de Géorgie ont notamment fait état, extraits audio à l'appui, des pressions exercées par Donald Trump pour changer le résultat de l'élection de 2020.

(AFP) - Pressions, intimidations, menaces... Le patron des élus républicains d'Arizona a raconté mardi les méthodes de Donald Trump et ses avocats pour tenter de le convaincre de renverser le résultat de la présidentielle américaine de novembre 2020 dans cet Etat conservateur remporté par Joe Biden.


TOPSHOT - WASHINGTON, DC - JANUARY 06: Pro-Trump supporters storm the U.S. Capitol following a rally with President Donald Trump on January 6, 2021 in Washington, DC. Trump supporters gathered in the nation's capital today to protest the ratification of President-elect Joe Biden's Electoral College victory over President Trump in the 2020 election.   Samuel Corum/Getty Images/AFP (Photo by Samuel Corum / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
Le coup de force des pro-Trump sur le Capitole
Les partisans du président sortant ont interrompu, mercredi, la session qui devait confirmer la victoire du démocrate Joe Biden, laissant l'Amérique sous le choc.

Le milliardaire républicain justifiait ses demandes par sa conviction que l'élection lui avait été «volée» en répétant des accusations de fraudes, dont il n'a jamais apporté la preuve et qui ont été balayées par les tribunaux. Mais les partisans du milliardaire avaient pris d'assaut le Congrès américain le 6 janvier 2021 pour tenter d'empêcher la validation de la victoire du candidat démocrate, plongeant le pays dans le chaos pendant plusieurs heures.

Les  «fausses» allégations de l'avocat de Trump

Les affirmations de Donald Trump sur sa victoire en Arizona étaient «fausses», a assuré Rusty Bowers, président de la chambre des représentants de cet Etat, devant la commission d'enquête sur cette attaque à Washington. «Quiconque dirait, n'importe où et n'importe quand, que j'ai dit que l'élection était truquée, ce ne serait pas vrai», a ajouté l'élu.

Rusty Bowers, président de la chambre des représentants de l'Arizona, devant la commission d'enquête sur l'attaque du Capitole à Washington.
Rusty Bowers, président de la chambre des représentants de l'Arizona, devant la commission d'enquête sur l'attaque du Capitole à Washington.
AFP

Il a également qualifié de «fausses» les allégations de l'avocat de l'ex-président, Rudy Giuliani, évoquant des «centaines de milliers d'immigrants illégaux et de milliers de morts qui avaient voté» pour Joe Biden. Malgré plusieurs demandes, M. Bower a dit n'avoir «jamais» vu les preuves de ces allégations, évoquant une conversation avec l'ancien maire de New York. «Il a dit: 'nous avons beaucoup de théories, nous n'avons pas de preuves'. Et je ne sais pas si c'était une gaffe».

«Une parodie tragique» 

M. Bowers a refusé de convoquer l'assemblée locale pour invalider le scrutin, puis de remplacer les grands électeurs élus, chargés de certifier le résultat du vote, par des partisans de M. Trump. Dans le système électoral américain, ce sont ces grands électeurs qui désignent le vainqueur de l'élection dans leurs Etats.

Il a alors été inondé de «plus de 20.000 e-mails et des dizaines de milliers d'appels téléphoniques et de textos» alors que des manifestants, parfois menaçants, se rassemblaient devant son domicile pour l'insulter, a-t-il raconté, les larmes aux yeux.


L'assaut du Capitole apparaît de plus en plus prémédité
Alors que le procès en destitution de l'ex-président Donald Trump s'ouvre, les dépositions et témoignages rassemblés par la justice américaine laissent penser que l'attaque du 6 janvier dernier avait en réalité été préparée bien en amont.

L'équipe juridique de M. Trump a pourtant poursuivi son plan. Des partisans du milliardaire, choisis comme des grands électeurs parallèles dans les Etats-clés remportés par Joe Biden, avaient renversé le résultat du scrutin au moyen de fausses attestations. Mais le vice-président Mike Pence, qui présidait le vote, avait résisté aux pressions de la Maison Blanche pour déclarer Donald Trump vainqueur. «J'ai juste pensé que c'était une parodie tragique», a commenté Rusty Bowers, qui avait voté pour le milliardaire en 2016 et le soutenait en 2020.

Brad Raffensperger, secrétaire d'Etat de Géorgie.
Brad Raffensperger, secrétaire d'Etat de Géorgie.
AFP

«Trouver» près de 12.000 bulletins de vote au nom de Trump

Brad Raffensperger, le secrétaire d'Etat de Géorgie, avait pour sa part reçu un appel téléphonique de Donald Trump lors duquel le président lui avait demandé de «trouver» près de 12.000 bulletins de vote à son nom, suffisant pour battre Joe Biden dans cet Etat du Sud contrôlé par les républicains.

Donald Trump avait là encore évoqué des fraudes électorales et des bourrages d'urnes, des accusations rejetées par les tribunaux. Mais Brad Raffensperger n'avait pas cédé. «Les chiffres sont les chiffres et nous ne pouvions pas recompter (les votes) parce que nous nous étions assurés d'avoir vérifié chaque allégation», a-t-il dit mardi devant la commission. «Il n'y avait aucun bulletin à trouver, le compte était exact et il a été certifié», a-t-il souligné.

Shaye Moss, agente électorale d'Atlanta qui a participé au dépouillement, a fondu en larmes lors de l'audition, au moment de rappeler les accusations publiques dont elle a été victime de la part de Donald Trump.
Shaye Moss, agente électorale d'Atlanta qui a participé au dépouillement, a fondu en larmes lors de l'audition, au moment de rappeler les accusations publiques dont elle a été victime de la part de Donald Trump.
AFP

Il a également été la cible de harcèlement et de menaces, comme Shaye Moss, simple agente électorale d'Atlanta qui avait participé au dépouillement des bulletins le soir de l'élection avec sa mère. Donald Trump les avait accusées nommément d'être des «arnaqueuses professionnelles». «Cela a bouleversé ma vie», a-t-elle dit mardi, racontant avoir reçu des messages racistes et des menaces de mort.

Une cinquième journée d'auditions jeudi

Depuis plus d'un an, la commission d'enquête - formée de sept démocrates et deux républicains - a entendu plus de 1.000 témoins, dont deux enfants de l'ancien président, pour faire la lumière sur les faits et gestes de Donald Trump avant, pendant et après l'attaque du 6 janvier.


General view of the House Select Committee hearing to Investigate the January 6th Attack on the US Capitol, in the Cannon House Office Building on Capitol Hill in Washington, DC on June 9, 2022. (Photo by Jabin Botsford / POOL / AFP)
Trump «au centre» d'une «tentative de coup d'Etat»
Un an et demi après les événements du 6 janvier 2021 qui ont choqué le monde, une commission d'enquête parlementaire a placé jeudi Donald Trump au centre d'un «complot» visant à le maintenir au pouvoir.

La cinquième audition de la commission aura lieu jeudi, et se penchera sur les efforts du président pour faire pression sur le ministère de la Justice afin de rester au pouvoir. Donald Trump, qui n'a jamais concédé sa défaite à la présidentielle, a dénoncé mardi sur les réseaux sociaux des «voyous politiques qui ont criminalisé la justice à un niveau jamais vu auparavant dans notre pays».


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