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Haro sur le couvre-feu en Belgique
International 3 min. 09.03.2021 Cet article est archivé

Haro sur le couvre-feu en Belgique

A Bruxelles, l’interdiction de se trouver dans la rue s’applique toujours de 22  à 6 heures.

Haro sur le couvre-feu en Belgique

A Bruxelles, l’interdiction de se trouver dans la rue s’applique toujours de 22 à 6 heures.
Photo: AFP / archives
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Haro sur le couvre-feu en Belgique

Le calendrier belge des mesures sanitaires fait polémique jusque dans la majorité gouvernementale d'Alexander De Croo.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - L’accalmie n’aura guère duré. La pression a repris de plus belle sur le gouvernement De Croo, coupable selon la N-VA nationaliste flamande de sacrifier la liberté des Belges à la crise sanitaire. Principale pierre d’achoppement : le couvre-feu qui, en vertu de la répartition des compétences engendrée par les réformes de l’Etat successives, est une affaire régionale et peut donc varier selon qu’on soit en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles.


22.02.2021, Belgien, Brüssel: Yves Van Laethem (r), Mitarbeiter des belgischen Instituts für öffentliche Gesundheit «Sciensano», und Alexander De Croo, Premierminister von Belgien, nehmen an einer Pressekonferenz der Regierung zur Corona-Pandemie teil. Foto: Pool Philip Reynaers/BELGA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les Belges interdits de déconfinement
Seul contre tous, le Premier ministre Alexander De Croo n’entend pas rendre le pays à une vie normale avant avril.

Tout au long de l’hiver ainsi, Wallons et Bruxellois ont été priés de vider l’espace public régional plus tôt que les Flamands. Toutefois, depuis 1er mars, la Wallonie a rejoint la Flandre et n’impose plus le couvre-feu que de minuit à 5 heures. A Bruxelles, l’interdiction de se trouver dans la rue s’applique toujours de 22  à 6 heures.

Cette discordance tape sur les nerfs. «Le couvre-feu est une atteinte très grave à notre liberté», a affirmé le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) sur la chaîne publique VRT. Une proposition de loi a été déposée par son parti pour en finir. Le prochain comité de concertation qui discutera des mesures anti-covid devrait être animé.

Ce qui n’était qu’un coup de gueule a aussitôt fait réagir d’autres partis de la majorité gouvernementale, lesquels se sentent souvent à l’étroit dans l’intransigeance sanitaire du Premier ministre Alexander De Croo et de «son» ministre de la Santé, le très rigoriste Frank Vandenbroucke. «Personne ne veut garder le couvre-feu plus longtemps que ce qui est nécessaire», a déclaré Joachim Coens, le président des chrétiens-démocrates flamands. Mais nous devons regarder l’évolution des chiffres. Ce n’est pas parce que l’horeca rouvrira que le couvre-feu ne sera plus nécessaire. Coens qualifie de «problématique» le couvre-feu à horaires variables.


A Belgium national flag flies ontop of the snow-covered roof of the Royal Palace in Brussels on February 8, 2021. (Photo by JOHN THYS / AFP)
Les promesses démocratiques d’Alexander De Croo
Le Premier ministre belge promet un débat parlementaire pour répondre aux inquiétudes sur le respect de l’Etat de droit.

Ce lien entre couvre-feu et réouverture de l’horeca (restaurants et cafés) n’est pas fortuit. Les libéraux francophones du Mouvement réformateur (MR), autre parti de la majorité emmenée par Alexander De Croo, se sont faits ces derniers mois les champions des restaurateurs et des cafetiers aux abois. Pas un jour qui ne passe sans que la galère du secteur ne soit mise à l’avant-plan. Georges-Louis Bouchez, le président du MR, estime raisonnable «de lever le couvre-feu en avril dans la mesure où c’est une forte restriction de notre liberté. Il nous semble nécessaire qu’il disparaisse le jour où l’horeca rouvrira ses portes».

Rouvrir en avril ? Il a pourtant été décidé vendredi dernier que l’horeca ne rouvrirait pas avant le 1er mai… si les chiffres le permettent. Le secteur a très mal pris la prolongation de la mesure qui le frappe. Elle est jugée inique par ses adversaires. «On est dans les semaines de trop, dénonce Thierry Neyens, le président de la Fédération de l’horeca. Psychologiquement, le secteur est à bout, nos indépendants, nos salariés, nos fournisseurs le sont.» La différence des aides régionales apportées aux établissements fait par ailleurs polémique, la Flandre se montrant bien plus généreuse que la Wallonie et Bruxelles avec ses cafetiers et ses restaurateurs.


A picture shows the Manneken Pis wearing a mouth mask, in Brussels, on May 11, 2020 as Belgium goes into its ninth week of confinement due to the COVID-19 pandemic. (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La relance belge manque de nerfs
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Ajoutons à cela le bras de fer qui oppose le gouvernement De Croo à la Commission européenne sur l’interdiction des voyages non essentiels à l’étranger, et l’on comprendra que le climat est tendu certains jours au 16, rue de la Loi. Lundi, la Commission a en effet été «surprise» d’apprendre, par voie de presse, la nouvelle prolongation de cette mesure. Officiellement, l’ambassadeur belge auprès de l’UE lui a pourtant envoyé un courrier à cet effet.

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