Changer d'édition

Grève SNCF: 36 jours plus tard
International 4 min. 28.06.2018 Cet article est archivé

Grève SNCF: 36 jours plus tard

Grève SNCF: 36 jours plus tard

Photo: Sophie Wiessler
International 4 min. 28.06.2018 Cet article est archivé

Grève SNCF: 36 jours plus tard

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
C'est officiel: la grève "perlée" de la SNCF prend fin ce jeudi 28 juin. Enfin, presque. Depuis le début de cette semaine, la CGT Cheminots et SUD-Rail appellent à poursuivre le mouvement, malgré l'adoption de la réforme ferroviaire tant controversée le 14 juin dernier.

Depuis le 3 avril dernier, à raison de deux jours par semaine, les trajets de milliers de voyageurs - y compris sur la ligne transfrontalière entre Nancy et Luxembourg - ont été perturbés par ce mouvement social. 

36 jours plus tard, ce sont des usagers las et fatigués, qui ne croient pas vraiment à la fin de cette grève, que nous retrouvons à bord des trains. Si l'impact a été moindre sur cette ligne - comparée à d'autres, beaucoup plus impactées - le quotidien des 12.000 frontaliers a tout de même été touché. Selon la SNCF, 60% des circulations sur l'axe Nancy-Metz-Luxembourg ont été réalisées durant la totalité du mouvement.

Départ plus tôt, retour plus tard, "mode sardines" omniprésent

Dans les témoignages reçus à la rédaction, c'est le mot qui revient le plus: le "mode sardines". Pour les non-initiés, ce terme désigne le fait d'être très proche physiquement de ses compagnons de voyage, faute de trains plus grands et de places assises. Une sorte de métro parisien, mais dans le TER français. 

Jour de grève oblige, moins de trains étaient programmés à la circulation et donc davantage de monde se retrouvait dans les trains roulants. Une situation exaspérante pour bon nombre de voyageurs. S'ajoutent à cela des départs plus tôt le matin et des retours plus tardifs qu'à l'accoutumée.



«Pas de différence entre jours de grève et normaux»

Pour certains, la qualité de service de la ligne Nancy-Luxembourg s'est tellement détériorée depuis plusieurs mois que les jours de grève n'y ont rien changé. Les retards fréquents, les trains plus petits en pleines heures de pointe, le manque d'informations et les problèmes de fret récurrents sur cette ligne étant déjà le lot quotidien des usagers.


Une manière de «protester» loin de faire l'unanimité

Globalement, ce qui a le plus marqué les voyageurs durant ce mouvement social, c'est davantage la façon de procéder des grévistes: à plusieurs reprises, des incidents ont en effet eu lieu sur les voies, immobilisant totalement le trafic déjà réduit.

Un modèle de protestation "contre-productif et dangereux" pour cet internaute ci-dessous. Un avis sensiblement partagé par la communauté des usagers de cette ligne sur les réseaux sociaux, las de se retrouver en plein cœur d'une protestation entre la SNCF et le gouvernement.


D'autres personnes évoquent même des "provocations" de la part des grévistes: «A Thionville, ils s'installaient le long des bâtiments administratifs avec des barbecues, des tables etc. Ils "squattaient" des places qui auraient pu être utilisées par les voyageurs et empiétaient même sur la route pour empêcher les gens de passer.. Je trouve que là, c'est de la provocation», raconte Aurélie.

Une nouvelle grève les 6 et 7 juillet prochains

Une nouvelle grève des cheminots les 6 et 7 juillet est justifiée car «les problèmes ne sont pas réglés» à la SNCF malgré le vote de la réforme ferroviaire du gouvernement, a affirmé mercredi le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Après trois mois d'un mouvement en pointillés, marqué par 18 épisodes de deux jours de grève, «les cheminots sont affaiblis» mais «le mécontentement est toujours là», a-t-il assuré sur RTL. «85% des problèmes que nous avons soulevés ne sont pas réglés», a-t-il estimé, évoquant en particulier le transport de marchandises, la future convention collective des cheminots et l'avenir des petites lignes ferroviaires.

Pour le fret, qui doit devenir une filiale à part entière de la SNCF, «la direction vient de repousser les réunions qui prévoyaient l'organisation de cette filialisation», a-t-il indiqué. La convention collective, elle, «n'existe toujours pas» alors que «ça fait deux ans et demi que les négociations ont commencé», a-t-il rappelé.

Quant aux petites lignes, que le gouvernement avait d'emblée exclues de sa réforme, on «renvoie ça aux régions qui ont de moins en moins de moyens», a estimé M. Martinez, prédisant que «des gares vont fermer».

Pour ces raisons «le mouvement de grève continue», avec l'appel à la grève de la CGT Cheminots et de SUD-Rail pour les 6 et 7 juillet et «il y aura d'autres jours, même en septembre», a-t-il prévenu.

Le patron de la CGT n'a pas critiqué le choix de l'Unsa ferroviaire et de la CFDT Cheminots de ne pas participer à d'autres journées de grève en juillet et août. «Ils font une pause pendant l'été, mais j'ai cru comprendre qu'en septembre ils étaient prêts à refaire des actions», a-t-il expliqué.


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Une action pour "replacer les usagers au cœur du débat" pendant la grève perlée de la SNCF sera organisée à partir de ce jeudi 12 avril par plus de 20 associations et collectifs d'usagers du train en France dont celle de la ligne Metz-Luxembourg. Explications.
La grève SNCF est très suivie pour ces deux premiers jours d'un mouvement inédit. Sur le tronçon Luxembourg-Metz, six trains régionaux circulent du Luxembourg jusqu'à Metz entre 17h et 20h09, heure du dernier départ. Deux trains régionaux supplémentaires s'arrêteront à Thionville.
Un train régional sur cinq en moyenne, et un TGV sur huit: les cheminots français ont fortement répondu à l'appel à la grève ce mardi. La ligne Luxembourg-Metz est fortement touchée mais moins que d'autres lignes du Grand Est.