Changer d'édition

Gramegna pour prendre la tête de l'Eurogroupe?
International 3 min. 10.06.2020

Gramegna pour prendre la tête de l'Eurogroupe?

Pierre Gramegna, le ministre des Finances, pourrait prendre la présidence de l'Eurogroupe.

Gramegna pour prendre la tête de l'Eurogroupe?

Pierre Gramegna, le ministre des Finances, pourrait prendre la présidence de l'Eurogroupe.
Photo: SIP
International 3 min. 10.06.2020

Gramegna pour prendre la tête de l'Eurogroupe?

Mario Centeno a annoncé mardi son intention de quitter la présidence de l'instance regroupant les ministres des Finances de la zone euro. Pour remplacer le «Cristiano Ronaldo de l'Ecofin», le nom du Luxembourgeois figure en bonne place.

(AFP) - «Mon mandat en tant que président de l'Eurogroupe prendra fin le 13 juillet 2020. Jeudi, j'informerai mes collègues de l'Eurogroupe que je ne briguerai pas un deuxième mandat, car le 15 juin je cesserai d'être ministre des Finances du Portugal», a annoncé Mario Centeno sur son compte Twitter. Il viserait le poste de gouverneur de la Banque du Portugal qui se libère le 7 juillet. 

«Par la même occasion, je lancerai jeudi un appel aux candidatures et je tracerai les grandes lignes du processus conduisant à l'élection prévue le 9 juillet», a ajouté l'économiste de 53 ans. Selon des sources européennes, les ministres des Finances du Luxembourg, Pierre Gramegna, d'Espagne, Nadia Calvino, et d'Irlande, Paschal Donohoe, seraient susceptibles d'être intéressés pour le remplacer. Pour rappel le ministre luxembourgeois des Finances avait déjà fait acte de candidature, en novembre 2017, pour remplacer le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Ce ne serait par contre pas le cas de leur homologue français, Bruno Le Maire, selon son ministère. La présidence de l'Eurogroupe est traditionnellement confiée à un ministre des Finances de la zone euro, qui est élu pour un mandat de deux ans et demi à la majorité simple des voix.

Mario Centeno a succédé à Jeroen Dijsselbloem le 12 janvier 2018. Il avait été propulsé à la tête de l'Eurogroupe après avoir fait ses preuves au sein d'un gouvernement socialiste capable de concilier croissance et discipline budgétaire. L'ancien ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble l'avait un jour décrit comme le «Cristiano Ronaldo de l'Ecofin», le conseil pour les Affaires économiques et financières de l'Union européenne.

Manque de charisme et d'autorité

Abondamment relayée, l'anecdote avait contribué à en faire le visage du redressement du Portugal, un des maillons faibles de la zone euro ayant dû recourir à un plan d'aide internationale pour surmonter la crise de la dette. «Notre collègue a fait du très bon travail. La question de l'avenir va maintenant se poser. Le temps n'est pas à la spéculation, mais je peux vous dire que le gouvernement allemand a une vision très claire», a déclaré mardi le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, avant une visioconférence avec ses homologues des 27 pays de l'UE

En réalité, Mario Centeno a beaucoup déçu ses homologues qui, en coulisse, critiquaient son manque de charisme et d'autorité. Son départ «met fin à un chapitre qui a rendu l'Eurogroupe de moins en moins pertinent», a commenté Lucas Guttenberg, analyste à l'Institut Delors de Berlin, sur Twitter.

Avant que Mario Centeno confirme lui-même son départ de l'Eurogroupe, la présidence de la République portugaise avait annoncé qu'il avait décidé de démissionner et qu'il serait remplacé dès lundi par Joao Leao, jusqu'ici secrétaire d'Etat au Budget. A la mi-mai, M. Centeno avait conservé de justesse son poste de ministre des Finances, le Premier ministre Antonio Costa lui ayant alors réaffirmé sa confiance après que ce dernier l'eut mis dans l'embarras devant le Parlement.

M. Costa avait dû s'excuser publiquement après avoir assuré au Parlement qu'un prêt de 850 millions d'euros destiné à renflouer Novo Banco ne serait versé qu'après la conclusion d'un audit sur cette banque en difficulté, alors qu'en réalité M. Centeno avait déjà donné son feu vert à l'opération.

L'annonce de sa démission est intervenue pendant un conseil des ministres qui a adopté un budget rectificatif pour 2020 tenant compte de l'impact de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus sur les comptes publics portugais, estimé à quelque 13 milliards d'euros.  S'affichant mardi aux côtés de M. Centeno et de son successeur, le Premier ministre Antonio Costa a assuré qu'il y avait un passage de témoin tranquille qui souligne la continuité de notre politique» . 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le Luxembourg met «5% de son PIB» sur la table
Le pacte de redémarrage, annoncé mercredi par le Premier ministre, a été détaillé par le ministre des Finances. Un plan supplémentaire de «700 à 800 millions d'euros» voué à permettre que tout le monde «joue le jeu des liquidités».
Politik, Sommerinterview Pierre Gramegna, Minister der Finanzen, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
L'Europe relancée par un plan de 500 milliards d'euros
France et Allemagne ont proposé un dispositif financier afin d'aider l'Union européenne à surmonter la crise historique engendrée par la pandémie de coronavirus. Ce plan, pas encore accepté, passerait par un mécanisme inédit de mutualisation de la dette européenne.
German Chancellor Angela Merkel arrives to address a joint press conference with French President Emmanuel Macron, who attends via video link, at the Chancellery in Berlin, Germany, on May 18, 2020 on the effects of the novel coronavirus COVID-19 pandemic. (Photo by Kay NIETFELD / POOL / AFP)
Le plan de stabilisation luxembourgeois bien noté
L'effort des mesures anti-crise par rapport à la richesse produite au Grand-Duché est important. Il devrait atteindre près de 19% du PIB national. Un ratio qui classe le pays parmi les cinq Etats les plus engagés à soutenir son économie par rapport à sa capacité économique.
«L'UE ne doit pas s'accrocher à ses vieux logiciels»
Jean-Claude Juncker juge la réponse européenne apportée à la crise du coronavirus. L'ex-président de la Commission observe que «les premières réactions furent nationales» pour la bonne et simple raison que «l'UE ne dispose pas d'un arsenal suffisant en matière de santé publique».
European Commission President Jean-Claude Juncker gestures during his last presser in Brussels on November 29, 2019. - The 64-year-old head of the EU's executive is at the end of his five-year mandate and is expected to hand over the reins to his successor on December 1, 2019. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
L'UE envisage des mesures plus «fortes»
Les 27 Etats membres ont accepté jeudi soir, sous la pression de l'Italie, d'examiner sous quinze jours des mesures plus fortes pour faire face à la récession annoncée. Quant à Xavier Bettel, il a plaidé pour «le maintien du trafic transfrontalier».
This photo of a television screen taken and handout by the press office of Palazzo Chigi on March 26, 2020 shows Italian Prime Minister, Giuseppe Conte (Bottom R), European Council President Charles Michel (C), German Chancellor Angela Merkel (R) and other world leaders taking part in a video conference as part of an extraordinary meeting of G20 leaders, from the Chigi Palace in Rome, during the country's lockdown following the COVID-19 new coronavirus pandemic. - Italian Prime Minister Giuseppe Conte is blocking a joint response that EU leaders are trying to put together to the coronavirus crisis, an Italian government source said on March 26. (Photo by Handout / Palazzo Chigi press office / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / PALAZZO CHIGI PRESS OFFICE" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS