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Gilets jaunes: Macron dit sa «honte» des violences à Paris
Les illuminations de Noël des Champs-Elysées se reflètent sur la visière du casque d'un manifestant en deux-roues: un effet digne d'un film de science-fiction.

Gilets jaunes: Macron dit sa «honte» des violences à Paris

Photo: BERTRAND GUAY/AFP
Les illuminations de Noël des Champs-Elysées se reflètent sur la visière du casque d'un manifestant en deux-roues: un effet digne d'un film de science-fiction.
International 26 5 min. 25.11.2018

Gilets jaunes: Macron dit sa «honte» des violences à Paris

Un «acte 2» moins mobilisateur au niveau national, mais avec des incidents violents à Paris: la manifestation des «gilets jaunes» samedi sur les Champs-Elysées a donné lieu à des échauffourées et des interpellations, violences condamnées par Emmanuel Macron.

(AFP) - Le président a exprimé sa «honte» face à ces incidents, dénonçant ceux qui ont «agressé» les forces de l'ordre et «violenté d'autres citoyens». La journée a aussi été marquée par une passe d'armes politique, le gouvernement imputant les violences à des «séditieux» de «l'ultradroite» qui répondraient «à l'appel de Marine Le Pen». 

Les partis d'opposition, à droite comme à gauche, ont répliqué, lui reprochant de vouloir réduire le mouvement aux violences et de rester sourd aux revendications des manifestants. 106.301 «gilets jaunes» ont été recensés samedi à 17h dans toute la France, dont 8.000 à Paris, contre 282.710 au total samedi dernier à la même heure, a dénombré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, évoquant un «fort affaiblissement de la mobilisation». Il y a eu au total 130 personnes placées en garde à vue. A Paris, 69 personnes ont été interpellées, selon un bilan de la Préfecture de police (PP) dans la soirée. 

A Toulouse, trois journalistes de C-News et BFM-TV ont porté plainte pour «violences aggravées» et «tentative d'agression en réunion», et à Béziers deux journalistes du quotidien Midi Libre ont déposé plainte pour dégradation de l'agence locale et des coups portés par des «gilets jaunes» sur l'un d'eux. A Paris, «les dégâts sont faibles, ils sont matériels, c'est l'essentiel», a estimé M. Castaner. Quelques commerces ont également été dégradés, selon la Préfecture de police. 

Ambiance  «bon enfant» d'un côté,  «actes graves» de l'autre

Au niveau national, le ministre a noté «deux types de manifestants»: ceux, en province qui se sont mobilisés dans une ambiance «bon enfant» et ceux ayant commis des «actes graves» à Paris, mais aussi à Villefranche-sur-Saône (Rhône), où des violences ont eu lieu. 

Il s'agissait de la deuxième grande journée de mobilisation des «gilets jaunes» contre la hausse des prix du carburant, les taxes et la baisse du pouvoir d'achat, une semaine après le début du mouvement. La Préfecture de police a dénombré 24 blessés à Paris, dont cinq dans les forces de l'ordre. Un policier a été brûlé à l'aine. C'est sur l'avenue des Champs-Elysées, dont une partie était interdite de rassemblement par les autorités, que les incidents ont été les plus marquants. 

Dans la matinée, à l'appel des leaders informels de cette mobilisation, qui se revendique «populaire» et «apolitique», les manifestants, originaires de région parisienne ou de province, avaient convergé tranquillement vers le haut de la célèbre avenue, le bas de celle-ci (la Concorde et l'Elysée) étant protégé par un important dispositif de sécurité. 

Champ de bataille sur les Champs-Elysées

Quand la foule a tenté de pénétrer dans ce périmètre, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes et repoussé les «gilets jaunes» avec des canons à eau. La situation s'est alors tendue: barricades de barrières de chantier dressées par des manifestants, jets de projectiles et de pavés par des petits groupes, feux tricolores arrachés, panneaux de signalisations couchés, échauffourées... Les incidents n'ont dès lors plus cessé sur les Champs-Elysées et dans les rues adjacentes. 

Des pompiers sont intervenus pour éteindre des feux de barricades, qui dégageaient d'épaisses fumées noires, s'ajoutant au brouillard blanc des gaz lacrymogènes. Jusque vers 21h la tension est restée vive sur l'avenue et aux alentours. Après minuit, le calme est revenu. La circulation a rouvert, en partie, sur l'avenue, d'abord en haut, malgré la présence de barricades, certaines encore fumantes, puis en bas. 

Une dizaine de camions de la propreté de Paris étaient prêts à nettoyer l'avenue, tandis que des pelleteuses enlevaient les barricades au milieu. Les forces de l'ordre étaient encore présentes, principalement en bas. M. Castaner a diffusé sur Twitter une vidéo où on le voit sur le terrain dans la soirée saluer les forces de l'ordre et leur dire «merci». 

Noyau dur de manifestants 

Au Champs-de-Mars, seul endroit initialement autorisé par la préfecture, une centaine de «gilets jaunes» se sont rassemblés. A part un noyau dur de manifestants, d'autres se voulaient plus pacifiques: «On n'est pas là pour casser du flic, on est venu pour que le gouvernement nous entende, qu'il entende son peuple. Ici on veut pas de politique, pas de syndicat. Nous dénonçons la violence des pseudo manifestants», a déclaré à l'AFP Laetitia Dewalle, 37 ans, porte-parole des «gilets jaunes» à Pontoise. 

Des actions ont également été menées en province. Les «gilets jaunes» ont ainsi manifesté à Lille, à Quimper, Angers, Bordeaux, Limoges, Rochefort, Tours. A d'autres endroits, ils étaient mobilisés sur des barrages filtrants, des opérations escargots (Orly par exemple), des opérations sur des axes routiers, notamment auprès de péages (opérations «péages gratuits») ou des zones commerciales. A Redon, en Ille-et-Vilaine, un automobiliste a tenté de franchir une intersection, faisant trois blessés. 

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés dans une zone commerciale à Englos près de Lille, à Calais, à Laon (Aisne)et à Langueux (Côtes d'Armor). En place sur une opération péage gratuit à Beaumont, sur l'A4 dans le sens Paris-Metz, Mickael, porte-parole des «gilets jaunes» messins se dit «mobilisé autant pour ma grand-mère qui est retraitée que pour l'avenir de mon fils de 3 ans». A Paris, «on savait très bien qu'il allait y avoir de la casse, des débordements. Ce mouvement est né en région et ici ça se passe très bien avec les gendarmes et les services de l'Etat». 


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