Changer d'édition

Forte poussée de l'extrême droite en ex-RDA
International 3 min. 02.09.2019

Forte poussée de l'extrême droite en ex-RDA

Andreas Kalbitz, candidat de l'AfD pour le Brandebourg, peut être satisfait du score de son parti. Même si l'extrême droite n'a remporté aucun des deux scrutins régionaux.

Forte poussée de l'extrême droite en ex-RDA

Andreas Kalbitz, candidat de l'AfD pour le Brandebourg, peut être satisfait du score de son parti. Même si l'extrême droite n'a remporté aucun des deux scrutins régionaux.
Photo: AFP
International 3 min. 02.09.2019

Forte poussée de l'extrême droite en ex-RDA

L'Afd a enregistré des scores inédits, dimanche, à l'occasion de deux élections régionales en ex-RDA. Une progression en forme d'avertissement pour la fragile coalition d'Angela Merkel.

(AFP) - L'Alternative pour l'Allemagne (AfD) sort grande gagnante des deux scrutins régionaux organisés ce dimanche en Allemagne. La formation qui pourfend la politique d'accueil de centaines de milliers de migrants par la chancelière ces dernières années, obtient 22,5% dans le Brandebourg, le Land qui entoure Berlin  et 27,5% en Saxe, dans le sud-est du pays. L'Est de l'Allemagne confirme ainsi son statut de bastion électoral de l'AfD, nettement plus faible à l'Ouest du pays. 

Cette élection constitue une illustration de la césure persistante en Allemagne trois décennies après sa réunification. «L'AfD fait désormais partie du paysage quotidien à l'Est», juge le politologue Karl-Rudolf Korte. 

5,5 millions d'électeurs

Sans décrocher de première place ni être en mesure de gouverner ces deux Länder, ce qui constitue pour elle une déception, l'extrême droite a revendiqué dimanche un «grand succès». «Nous ne sommes pas encore la force la plus puissante, il manque encore quelque chose. Le travail commence», a toutefois concédé un responsable du mouvement, Alexander Gauland. 

Quelque 5,5 millions de personnes étaient appelées aux urnes pour élire leurs nouveaux parlements régionaux. Dans le Brandebourg, le parti social-démocrate, partenaire minoritaire de la coalition gouvernementale de Mme Merkel à Berlin, parvient à sauver sa première place avec 27,5%, selon les estimations.

En Saxe voisine, les conservateurs d'Angela Merkel, dont ce Land constitue un fief, arrivent certes en tête avec plus de 32%, devançant l'AfD de 5 points environ dans cette région berceau du mouvement islamophobe Pegida. 

Sentiment de déclassement

Les partis établis, en particulier la CDU, ont d'ores et déjà prévenu qu'ils ne formeraient pas de coalition avec l'AfD, qui présentait de surcroît dans ces régions des figures issues de sa frange la plus radicale. Ces Länder pourraient ainsi se trouver gouvernés par de larges alliances hétéroclites associant droite et gauche, au risque d'attiser un peu plus les mécontentements. 

Dans des régions où nombre de jeunes continuent d'émigrer chaque année vers l'Ouest de l'Allemagne et ses salaires plus alléchants, les Allemands de l'ex-RDA souffrent d'un sentiment de déclassement, malgré une forte baisse du chômage depuis 10 ans.

Plus d'un électeur sur deux (54% en Saxe, 51% dans le Brandebourg) juge ainsi que les habitants de l'Est sont traités comme des «citoyens de seconde zone», selon un sondage diffusé  par la première chaîne de ARD.
Plus d'un électeur sur deux (54% en Saxe, 51% dans le Brandebourg) juge ainsi que les habitants de l'Est sont traités comme des «citoyens de seconde zone», selon un sondage diffusé par la première chaîne de ARD.
Photo: dpa

La politique d'accueil des réfugiés menée depuis 2015 par Angela Merkel a ainsi heurté une partie de la population qui a eu le sentiment que l'Etat s'occupait davantage des migrants que de leur sort. L'AfD a surfé sur ces peurs en faisant campagne contre des formations traditionnelles qu'elle assimile à l'ancien parti communiste de la RDA, tout en défendant un credo climato-sceptique. 

 Ces scrutins régionaux constituent une nouvelle claque pour la chancelière, à la tête depuis l'an dernier d'une coalition fragile avec le SPD, et qui a déjà annoncé qu'elle quitterait le pouvoir à l'automne 2021.

Les Verts en retrait

La coalition ne devrait toutefois pas encore imploser, puisque les deux partenaires ont conservé leur Land, la CDU la Saxe et le SPD le Brandebourg. Le SPD, sans leader depuis quatre mois et en chute dans les sondages, va ainsi pouvoir se consacrer à l'élection de nouveaux dirigeants, avant de décider d'ici la fin de l'année de rester ou pas dans la coalition.

Devenus le deuxième parti à l'échelon fédéral, selon les sondages, les Verts ratent eux en partie le coche dans ces deux Länder industriels. Avec un score autour de 9% dans chacun des scrutins, ils sont en deçà des 14% promis par d'ultimes sondages. Avec 10% dans les deux Länder, le parti de gauche radicale Die Linke perd lui autour de 8 points par rapport à 2014.


Sur le même sujet

Crise migratoire: Merkel face aux populistes en embuscade
Quelque 13 millions d'Allemands ont commencé à voter dimanche pour trois élections régionales dans un pays en proie aux doutes face à l'afflux de réfugiés, des scrutins qui pourraient faire plonger le camp d'Angela Merkel et faire s'envoler la droite populiste.
Près de 13 millions d'électeurs sont attendus en Allemagne dans les bureaux de vote de Bade-Wurtemberg (sud-ouest), de Rhénanie-Palatinat (ouest) et de Saxe-Anhalt.