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Fin du procès, le verdict attendu mercredi soir
International 4 min. 27.06.2022
Attentats du 13-Novembre

Fin du procès, le verdict attendu mercredi soir

Ce croquis d'audience réalisé le 24 juin 2022 montre l'avocat de Salah Abdeslam, Martin Vettes, alors qu'il plaide devant la cour d'assises spéciale de Paris lors du procès des attentats de 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts.
Attentats du 13-Novembre

Fin du procès, le verdict attendu mercredi soir

Ce croquis d'audience réalisé le 24 juin 2022 montre l'avocat de Salah Abdeslam, Martin Vettes, alors qu'il plaide devant la cour d'assises spéciale de Paris lors du procès des attentats de 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts.
Photo: AFP
International 4 min. 27.06.2022
Attentats du 13-Novembre

Fin du procès, le verdict attendu mercredi soir

Le procès des attentats du 13-Novembre à Paris s'est achevé après dix mois de débats. Le verdict est attendu ce mercredi soir.

 (AFP) - Fin d'une audience-fleuve, après dix mois de débats. Au procès des attentats du 13-Novembre, la cour d'assises spéciale de Paris est partie délibérer après avoir donné une dernière fois la parole aux accusés lundi matin. Le verdict est attendu mercredi soir.


This court sketch made on June 10, 2022 shows defendant Salah Abdeslam gesturing in front of Paris' special assise court during the trial of the November 2015 attacks that saw 130 people killed at the Stade de France in Saint-Denis, bars, restaurants and the Bataclan concert hall in Paris. - Prosecutors in the Paris attacks trial on June 10 recommended a life sentence without parole for the main suspect in the November 2015 jihadist attacks that killed 130 in France's worst-ever terror assault. (Photo by Benoit PEYRUCQ / AFP) / ----IMAGE RESTRICTED TO EDITORIAL USE - STRICTLY NO COMMERCIAL USE-----
La perpétuité incompressible requise contre Salah Abdeslam
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis vendredi le maximum prévu, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible à l'encontre de Salah Abdeslam, le seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre.

«Les débats sont terminés», a déclaré le président Jean-Louis Périès à l'issue de cette 148e et ultime journée d'audience.

«L'audience est suspendue, elle reprendra normalement le mercredi 29 juin 2022, à partir de 17h00», a-t-il ajouté.

«Je vous ai présenté mes excuses»

Comme le prévoit la procédure, il avait auparavant donné la parole aux 14 accusés présents devant la cour. Six autres, dont cinq présumés morts, sont jugés en leur absence.

«Mes premiers mots seront pour les victimes», a déclaré le principal d'entre eux, le Français de 32 ans Salah Abdeslam. «Je vous ai présenté mes excuses. Certains vous diront qu'elles sont insincères, que c'est une stratégie (...) comme si des excuses pouvaient être insincères à l'égard de tant de souffrance».

L'accusation a requis contre lui la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la plus lourde sanction prévue par le code pénal qui rend infime la possibilité d'une libération.


Quatre ans requis contre le logeur d'Abdeslam
Abid Aberkane avait caché le terroriste et son complice durant les jours précédant leur arrestation.

«La perpétuité est sans doute à la hauteur des faits, mais pas à la hauteur des hommes qui sont dans le box», a affirmé le seul membre encore en vie des commandos ayant causé la mort de 130 personnes à Paris et à Saint-Denis le 13 novembre 2015.

«L'opinion publique pense que j'étais sur les terrasses occupé à tirer sur des gens, que j'étais au Bataclan. Vous savez que la vérité est à l'opposé», a-t-il aussi dit. «J'ai fait des erreurs, c'est vrai, mais je ne suis pas un assassin, je ne suis pas un tueur. Si vous me condamniez pour assassinat vous commettriez une injustice».

L'ambivalence de Salah Abdeslam

Ses coaccusés s'étaient levés tour à tour avant lui pour redire leurs «regrets» ou «excuses» et «condoléances» aux victimes pour certains, et remercier leurs avocats.

«Je fais confiance à la justice», «j'attends beaucoup de votre verdict», ont aussi dit plusieurs d'entre eux.

Salah Abdeslam, quasiment muet durant l'instruction, s'est montré ambivalent pendant le procès, oscillant entre arrogance en se proclamant «combattant de l'Etat islamique» au premier jour d'audience le 8 septembre et compassion quand il a présenté, en larmes, ses «condoléances et (ses) excuses à toutes les victimes».


Des mesures de sécurité exceptionnelles avaient déjà été prises lors du premier procès de Salah Abdeslam, en
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Au cours des débats, il a expliqué avoir renoncé à actionner sa ceinture explosive dans un bar du XVIIIe arrondissement de Paris par «humanité».

«Quoi qu'on en dise, ce procès n'aurait pas du tout été le même si Salah Abdeslam avait gardé le silence. Il y aurait eu un profond sentiment d'échec si tel avait été le cas», avait fait valoir vendredi son avocat Martin Vettes lors des ultimes plaidoiries.

«Peine de mort lente»

Pas convaincu par le «numéro d'équilibriste» de Salah Abdeslam qui a cherché systématiquement à «minimiser les faits», le parquet national antiterroriste (Pnat) a requis la réclusion criminelle à perpétuité incompressible à son encontre, la sanction la plus lourde permise par le droit français, qui rend infime la possibilité d'une libération.

Elle équivaut à une «peine de mort lente», a dénoncé l'autre avocate de Salah Abdeslam, Me Olivia Ronen.

Autre accusé contre lequel la perpétuité a été requise, avec une période de sûreté de 22 ans, Mohamed Abrini, ami d'enfance de Salah Abdeslam. Il a lui aussi beaucoup parlé durant l'audience, reconnaissant qu'il était «prévu pour le 13-Novembre», mais il est resté avare d'explications sur son renoncement.


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Trois autres accusés contre lesquels le Pnat a requis la réclusion criminelle à perpétuité -Osama Krayem, Sofien Ayari et Mohamed Bakkali- ont préféré garder le silence durant les débats. 

«Personne n'est ici pour essayer de comprendre ce qu'il s'est passé et avoir des réponses (...) Ce procès est une illusion», avait indiqué Osama Krayem en janvier par la voix de son avocate, Me Margaux Durand-Poincloux.

«Quoi que je fasse, tout sera considéré comme de la ruse»

Mohamed Bakkali, ami d'enfance de Salah Abdeslam

«Pour des gars comme moi, avoir de l'espoir, c'est dangereux», avait dit le Tunisien Sofien Ayari pour justifier son mutisme. 

Mohamed Bakkali a expliqué quant à lui que sa parole n'avait «pas de valeur». «Je suis dans une situation où tout est défavorable (...) Quoi que je fasse, tout sera considéré comme de la ruse», avait-il dit en janvier en faisant valoir son droit au silence.

Au total, des peines allant de cinq ans d'emprisonnement à la perpétuité ont été requises contre les 20 accusés. 


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