Changer d'édition

Fin des pouvoirs spéciaux en Belgique
International 3 min. 29.06.2020

Fin des pouvoirs spéciaux en Belgique

Sophie Wilmès et son gouvernement s'apprêtent à retrouver les limites d'un exécutif minoritaire.

Fin des pouvoirs spéciaux en Belgique

Sophie Wilmès et son gouvernement s'apprêtent à retrouver les limites d'un exécutif minoritaire.
Photo: AFP
International 3 min. 29.06.2020

Fin des pouvoirs spéciaux en Belgique

Le recul de la crise sanitaire renvoie le gouvernement Wilmès et les partis politiques au «business as usual». La mise sur pied d'un gouvernement et la relance économique du pays vont rythmer les prochaines semaines.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) -  C'est ce mardi 30 juin que s'éteignent les pouvoirs spéciaux conférés en mars dernier par la majorité des partis politiques au gouvernement Wilmès pour faire face au Covid-19.  Un second terme de trois mois aurait pu lui être accordé mais, a fait valoir comme d'autres le libéral francophone Georges-Louis Bouchez, le recul de la crise sanitaire ne le justifiait pas.

En conséquence, la politique belge revient à la normale. Le gouvernement de la Première ministre Sophie Wilmès retrouve les limites d'un exécutif minoritaire. D'où de légitimes inquiétudes. Pour l'actuel ministre de la Justice, le chrétien-démocrate flamand Koen Geens, «ça va être plus compliqué, c'est évident. Les pouvoirs spéciaux auront permis une certaine stabilité en période de crise, malgré certaines peaux de banane et parfois un manque de loyauté».


Belgian police officers stand in line as part of a national protest action of local and federal police forces, in front of the Brussels Justice Palace on the Poelaert place, on June 19, 2020. - The action was launched through the Facebook page 'PUM, Police Unifying Movement' to protest violence against the police and a perceived anti-police sentiment in the media. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
La Belgique élargit (un peu) son déconfinement
La date du 1er juillet marquera plusieurs changements dans le quotidien belge. A commencer par la reprise des événements publics, la réouverture des piscines ou la possibilité de croiser plus de monde pour chaque particulier.

Cette «stabilité» a permis à la Belgique de traverser le champ de mines de la crise sanitaire. Le confinement décrété par le gouvernement Wilmès aurait permis de sauver des milliers, voire des dizaines de milliers de vies. Or le bilan humain attribué au Covid-19 reste pour l'instant juste sous la barre des 10.000 décès.

L'impréparation de la Belgique face à une épidémie de la gravité du Covid-19 s'est manifestée à travers la pénurie de matériel médical de première ligne, qu’il s'agisse de masques, d'écouvillons ou de respirateurs. Le risque que les unités de soins intensifs ne soient rapidement débordées a contraint le gouvernement Wilmès à demander aux Belges de rester claquemurés chez eux et à mettre les performances économiques du pays entre parenthèses.

La peur de la seconde vague

Ce sera sans surprise le chantier des années à venir. De 12 milliards d'euros, le déficit pour les finances publiques en 2020 est passé à 47,5 milliards d'euros, soit quelque 11% du PIB. Le coût des mesures de soutien avoisinerait les 15 milliards, sans compter les reports de taxes et les garanties d’État. La dette publique devrait atteindre les 120% du PIB. La croissance est en berne, tout comme les investissements. Une explosion du chômage est attendue dans les prochains mois.

Les analystes sont toutefois optimistes quant à la capacité du pays à retrouver rapidement son souffle. Pourvu qu'une seconde vague épidémique ne vienne pas ruiner les efforts consentis. Et pourvu que la Belgique ait enfin un gouvernement de «plein droit», habilité à lui donner les grandes orientations politiques de demain.


A white flag in flies in the wind atop the Royal Palace in Brussels on March 23, 2020, during a national lockdown in Belgium to curb the spread of COVID-19 (novel coronavirus). (Photo by THIERRY ROGE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique reste orpheline d'un «vrai» gouvernement
Le gouvernement fédéral «de plein droit» qui aurait dû sortir des urnes le 26 mai 2019 se fait toujours attendre.

Mais ici, en dépit de la tentative des partis gouvernementaux de poser les bases du prochain exécutif, c’est toujours le blocage. Le Soir de samedi dénonce «un contexte d'instabilité d'une classe politique empêtrée dans les négociations fédérales et où toute modification des structures institutionnelles ou amélioration de la coordination entre les différentes entités semblent exclues a priori par les tabous idéologiques ou le souci de se mettre à l'abri de l'autre «camp».

Rien ne dit pour l’instant que les Belges vont retourner aux urnes, même si leur demande en faveur de nouvelles élections se fait insistante, à en croire les sondages. Il est par contre certain que la commission spéciale votée par la Chambre en fin de semaine dernière pour examiner la gestion de la pandémie devrait tourner à la pétaudière. Le risque est en effet qu'elle se transforme rapidement en une arène où les extrêmes (Vlaams Belang en Flandre, PTB en Wallonie) auront beau jeu de pointer les responsabilités des partis au pouvoir. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Haro sur les pouvoirs spéciaux en Belgique
La N-VA mène la fronde contre les dispositions particulières confiées au gouvernement Wilmès dans la lutte contre le coronavirus. Les pouvoirs spéciaux pourraient ne pas être renouvelés en juin.
Belgian Prime Minister Sophie Wilmes (R) speaks during a press conference following a meeting of the National Safety Council, gathering politicians and intelligence services, to discuss how to tackle the spread of the COVID-19, the novel coronavirus, in Brussels on April 15, 2020. (Photo by Benoit DOPPAGNE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Un gouvernement anticoronavirus en Belgique
Le gouvernement, en minorité au Parlement depuis fin 2018, a obtenu ce jeudi la confiance d'une majorité de députés pour se consacrer exclusivement à des mesures destinées à endiguer la propagation du nouveau coronavirus.
Belgian Prime Minister Sophie Wilmes delivers a speech during a plenary session of the chamber at the federal parliament, in Brussels,on March 19, 2020. - Due to the restrictive measures concerning the corona virus, only the chiefs of the party groups will be present during the discussion. (Photo by DIRK WAEM / Belga / AFP) / Belgium OUT