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Fessenheim, ce village qui aimait le nucléaire
La centrale est installée sur les bords du Rhin.

Fessenheim, ce village qui aimait le nucléaire

Violettta Kuhn/dpa
La centrale est installée sur les bords du Rhin.
International 1 3 min. 02.03.2018

Fessenheim, ce village qui aimait le nucléaire

Une partie des agents de la centrale nucléaire a fait grève plusieurs jours en février pour protester contre la façon dont la plus vieille centrale nucléaire française doit fermer. Une nouvelle réunion entre la direction d'EDF et les représentants des salariés est prévue le 12 mars.

(AFP) - La fermeture de Fessenheim, pilotée par le gouvernement, est planifiée entre fin 2018 et début 2019, au moment de l'entrée en service de l'EPR de Flamanville (Manche). Une première phase de préparation au démantèlement devrait durer cinq ans, avant une phase de déconstruction de quinze ans.

«Nous avons tous intérêt à ce que cela se passe le mieux possible», a expliqué à l'AFP Jean-Luc Cardoso, délégué CGT de la centrale, dont le syndicat a fait ses propositions de reconversion et d'accompagnement des 750 salariés EDF et 330 salariés permanents de prestataires.

Une partie des agents de la centrale nucléaire a fait grève plusieurs jours en février pour protester contre des mesures d'accompagnement jugées insuffisantes. Une nouvelle réunion entre la direction d'EDF et les représentants des salariés est prévue le 12 mars.



Alors qu'il ne s'est pas encore rendu à la centrale de Fessenheim depuis son arrivée à la tête d'EDF fin 2014, Jean-Bernard Lévy a assuré qu'il irait «au bon moment».

Dans le cadre de la reconversion du territoire, l'Etat a prévu de lancer un appel à projets dans les domaines des énergies renouvelables et le PDG d'EDF a appelé de ses voeux «un appel d'offres spécifique pour créer une installation solaire à proximité du site de Fessenheim».

20% de la production d'électricité française

La région Grand Est représente presque 20% de la production d'électricité française. Actuellement, 29% de cette électricité est issue des énergies renouvelables, une proportion qui devrait monter à 40% en 2030, tout en continuant à miser sur le nucléaire, avec les centrales de Cattenom (Moselle), Chooz (Ardennes) et Nogent (Aube), a déclaré Jean Rottner, président de la région Grand Est.




Sortir du nucléaire mais ne «pas brutaliser EDF»

 Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a assuré qu'il ne comptait «pas brutaliser EDF» pour sortir du nucléaire, mais trouve légitime que le groupe énergétique réfléchisse à la séparation de ses activités nucléaires et renouvelables. 

Je serai «attentif à ne pas brutaliser EDF. C'est une grande maison, mais une maison fragile, à laquelle l'État a donné de multiples injonctions», a déclaré M. Hulot dans un entretien au Figaro à paraître vendredi.

«EDF joue le jeu aujourd'hui. J'en veux pour preuve le plan solaire qu'ils ont présenté en fin d'année, ou le fait qu'EDF fait la promotion de l'autoconsommation. Il y a huit mois encore, ce n'était pas envisageable. L'entreprise est prête à faire cette révolution culturelle. Elle sait que le renouvelable est important pour son avenir», a-t-il estimé.

Le ministre a demandé au PDG du groupe d'électricité, Jean-Bernard Lévy, «de produire son propre scénario dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), afin que le premier acteur du secteur ne soit pas absent de la démarche. Je ne le prendrai pas pour argent comptant, mais je l'étudierai».

Après une première PPE en 2016, le gouvernement est actuellement en train d'en élaborer une deuxième pour définir la trajectoire à suivre pour les années 2019-2023, puis des orientations à horizon 2028.

Interrogé sur la nécessité de réviser l'architecture d'EDF, avec d'un côté le nucléaire, de l'autre les renouvelables, M. Hulot a estimé que «ce n'était pas une priorité mais un questionnement légitime que l'entreprise doit avoir, pour prendre acte de sa diversification».



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