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Facebook et Twitter jouent les garde-fous
International 3 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Facebook et Twitter jouent les garde-fous

04.11.2020, Berlin: Eine Teilnehmerin auf der Kundgebung unter dem Motto «Friedlicher Übergang der Präsidentschaft und eine demokratische USA» hält ein Schild mit der Aufschrift "Count Every Vote" und eine Mini-US-Flagge hoch. Mehr als 200 Millionen Amerikaner waren aufgerufen, einen neuen Präsidenten und die Abgeordneten des Repräsentantenhauses zu wählen. Foto: Fabian Sommer/dpa +++ dpa-Bildfunk +++

Facebook et Twitter jouent les garde-fous

04.11.2020, Berlin: Eine Teilnehmerin auf der Kundgebung unter dem Motto «Friedlicher Übergang der Präsidentschaft und eine demokratische USA» hält ein Schild mit der Aufschrift "Count Every Vote" und eine Mini-US-Flagge hoch. Mehr als 200 Millionen Amerikaner waren aufgerufen, einen neuen Präsidenten und die Abgeordneten des Repräsentantenhauses zu wählen. Foto: Fabian Sommer/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Fabian Sommer/dpa
International 3 min. 04.11.2020 Cet article est archivé

Facebook et Twitter jouent les garde-fous

Alors que la tension monte aux Etats-Unis, les géants des réseaux sociaux ont signalé mardi soir un message de Donald Trump comme potentiellement trompeur. Le président américain prétendait avoir gagné avant la fin du décompte, un scénario maintes fois envisagé par les réseaux et néanmoins inquiétant.

(AFP) - Le scénario était redouté. Alors que le président américain a annoncé sa victoire sur les réseaux sociaux, avant même la fin du dépouillement, les géants des réseaux sociaux ont activé le dispositif qu'ils avaient présenté début octobre et visant à avertir les internautes des posts jugés «trompeurs». 

Sous l'annonce de Donald Trump, Twitter affiche ainsi un message d'alerte : «une partie ou tout du contenu partagé dans ce tweet est contesté et peut induire en erreur sur une élection». Sur Facebook, le message était encore lisible mais le géant des réseaux sociaux lui a adossé un lien vers son centre d'information sur les élections, qui montre les résultats officiels, soit un coude-à-coude avec le démocrate Joe Biden dans la course aux grands électeurs. 

«Dès que le président Donald Trump a commencé à proclamer la victoire de façon prématurée, nous avons affiché des notifications sur Facebook et Instagram indiquant que le décompte des votes était en cours et qu'il n'y avait pas encore de gagnant» a souligné la communication du groupe californien dans la foulée. Ces mesures faisaient partie des garde-fous que Facebook et Twitter avaient annoncé prévoir exactement pour cette situation. 

Maîtrise des risques 

Le milliardaire républicain laissait entendre depuis des semaines que s'il ne gagnait pas ce serait à cause d'irrégularités dans le scrutin. Après ses tweets vindicatifs, le locataire de la Maison Blanche a évoqué une «fraude» et une «honte», et assuré qu'il entendait saisir la Cour suprême, lors d'une brève allocution. 

Les réseaux sociaux ont déployé un arsenal de mesures sans précédent pour garantir l'intégrité du vote et blanchir leur réputation, entachée par les vastes opérations de manipulation orchestrées depuis l'étranger en 2016. Facebook semble maîtriser la détection et le démantèlement de ces campagnes, et craint surtout désormais les incitations à la violence et tous les messages qui pourraient mettre le feu aux poudres, y compris via les groupes radicalisés. 


28.10.2020, USA, Milford: Eine Frau hält ein Biden-Plakat neben einem Schulbus in die Höhe. Die Präsidentschaftswahl in den USA findet am 03. November 2020 statt. Foto: Preston Ehrler/SOPA Images via ZUMA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Face à Trump, les démocrates répliquent
La cheffe de campagne de Joe Biden a jugé mercredi «scandaleux» les propos du président sortant, qui a appelé à arrêter le décompte des bulletins de l'élection présidentielle en s'arrogeant la victoire dans un scrutin pourtant encore indécis.

Début octobre, Facebook a ainsi supprimé les comptes liés à la mouvance conspirationniste «QAnon», un mouvement d'extrême droite pro-Trump. Twitter et YouTube ont pris des mesures similaires. «Je suis inquiet d'un risque de troubles civils dans tout le pays», a déclaré jeudi Mark Zuckerberg, le patron du groupe californien. 

Or le scrutin très serré et les propos de Donald Trump renforcent la peur que les divisions politiques ne dégénèrent et que les plateformes ne soient utilisées à mauvais escient. Les publicités politiques ou sur des thèmes sociaux ou électoraux sont interdites sur Facebook aux Etats-Unis à partir de mercredi et sans doute pour une semaine, afin de «limiter les risques de confusion ou d'abus». 

«Signal d'alarme» 

Mais ces multiples précautions n'ont pas convaincu une bonne partie de la société civile, qui juge ces efforts insuffisants, notamment en termes de lutte contre la désinformation. Une vidéo tronquée et détournée de Joe Biden, où le candidat démocrate semble dire que l'administration de Barack Obama a mis en place un vaste système de fraude électorale, a par exemple été vue environ 17 millions de fois sur différents sites, selon l'ONG Avaaz. 

«C'est un signal d'alarme majeur qui montre que les plateformes ne sont toujours pas prêtes», a averti l'association dans un communiqué mardi. Elle dénonce en outre de nombreuses rumeurs, répandues par la droite, pour faire croire que «la gauche prépare un coup d'Etat si Trump est réélu» et qu'il va y avoir des «fraudes et ingérences à l'échelle nationale». «La désinformation divise le peuple américain», a déploré Fadi Quran, un directeur d'Avaaz. 


Trump et Biden au coude-à-coude
Alors que le président sortant a prédit mercredi sa «grande victoire» à la présidentielle américaine, son rival démocrate affirme mercredi de son côté qu'il allait «gagner» ce duel encore extrêmement serré.

Aux conversations publiques s'ajoute le problème des échanges privés. «Des messages disant aux gens d'aller voter sans masque se répandent sur les groupes Facebook. Un utilisateur va jusqu'à suggérer que ne pas porter de masque va +faire fuir les libéraux+ des urnes», notait Kayla Gogarty de l'ONG Media Matters dans un rapport publié mardi soir. 

Une autre organisation, la coalition Election Integrity Partnership, a montré qu'une recherche sur les Etats américains clefs donnait comme résultat une chaîne YouTube avec un faux décompte en temps réel des votes. La plateforme a retiré la vidéo.  


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(FILES) In this file photo the "YouTube" logo is seen on a tablet screen on December 4, 2012 in Paris. - An activist group on January 12 called for YouTube to join other social media platforms in dumping US President Donald Trump, threatening an advertising boycott campaign. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)
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28.10.2020, USA, Milford: Eine Frau hält ein Biden-Plakat neben einem Schulbus in die Höhe. Die Präsidentschaftswahl in den USA findet am 03. November 2020 statt. Foto: Preston Ehrler/SOPA Images via ZUMA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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