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Face au virus, la Belgique perd patience
International 3 min. 24.11.2021
Covid-19

Face au virus, la Belgique perd patience

Le covid safe ticket a perdu de son crédit dans la lutte contre la propagation du virus parmi les 11 millions de Belges.
Covid-19

Face au virus, la Belgique perd patience

Le covid safe ticket a perdu de son crédit dans la lutte contre la propagation du virus parmi les 11 millions de Belges.
Phot : dpa
International 3 min. 24.11.2021
Covid-19

Face au virus, la Belgique perd patience

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Au royaume, des voix s’élèvent pour dénoncer des mesures gouvernementales anti-covid jugées trop timides face à la quatrième vague pandémique.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La quatrième vague pandémique donne des sueurs froides à la Belgique. Ces derniers jours, les appels de médecins et de responsables d’hôpitaux en faveur de mesures plus claires et surtout plus fermes se sont multipliés dans les médias. Avec 15.000 contaminations par jour, plus de 3.300 hospitalisés et 654 personnes en soins intensifs, il est clair que les unités hospitalières seront rapidement proches de la saturation.


23.11.2021, Thüringen, Erfurt: Besucher werden an einem Zugang zum Erfurter Weihnachtsmarkt kontrolliert. Die meisten Thüringer Städte haben aufgrund der besorgniserregenden Infektionszahlen ihre Weihnachtsmärkte abgesagt. Nun steht eine Verschärfung der Corona-Maßnahmen im Raum. Der Landtag will am 24. November über weitere Einschränkungen beraten. Unklar ist daher derzeit, ob die Weihnachtsmärkte bis Ende Dezember geöffnet bleiben dürfen. Foto: Martin Schutt/dpa-Zentralbild/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le médecin délivre des milliers de faux certificats covid
Le généraliste aura encodé plus de 2.000 fausses authentifications de bonne santé ou de vaccination. Mais plusieurs autres docteurs seraient dans le collimateur des autorités belges pour des faits similaires.

La hausse des admissions se poursuit à un rythme de près de +20% par semaine. Le nombre de 1.200 malades en soins intensifs pourrait être atteint à la mi-décembre. Or les autorités ont toujours cherché lors des précédentes vagues à ne pas dépasser les 1.000 lits de soins intensifs dédiés aux personnes souffrant du covid. La troisième dose vaccinale pour tous est censée garder le pays en dessous de cette limite. Plus d’un million de doses ont été administrées à ce jour, soit auprès de 40% des plus de 65 ans.

Un peu partout, des voix s’élèvent pour dénoncer la timidité des mesures anti-covid décrétées à l'échelle nationale le 17 novembre dernier. Elles demandent plus de fermeté. Mais aussi plus d’adaptations aux réalités locales. Des bourgmestres et des gouverneurs prennent ainsi des dispositions supplémentaires, principalement en Flandre. Ils estiment que les directives issues du dernier comité de concertation (l’organe politique qui décide des mesures anti-covid) ne suffisent plus.

Ainsi, des marchés de Noël sont annulés, par exemple. Le gouverneur du Hainaut, Tommy Leclercq, déconseille les «grands événements». Mais les autorités fédérales, restées partiellement sourdes à l’appel des experts à plus de fermeté, demeurent pour l’instant muettes.

La lutte anti-covid doit être réinventée, suggèrent certains. L’idée d’imposer aux vaccinés de se faire tester avant d’accéder à certains lieux comme les restaurants et les cafés fait son chemin. Un généraliste explique que «ce serait plus juste, et les gens ont besoin de choses justes dans ce contexte». 

Le covid safe ticket (CST, pass sanitaire) serait dans ce cas «détrôné». Il ne serait plus le sésame absolu, puisque son titulaire devrait en permanence faire la preuve qu’il est exempt de charge virale. Mais il y a un hic : les laboratoires qui n’ont cessé de multiplier les tests ces dernières semaines ne suivent plus.  Le personnel aligne 15 heures de travail certains jours.


A medical worker is pushing a bed near other hospital employees in the hospital CHR Citadelle in Liege, on October 23, 2020. - Shell-shocked hospital staff, some of whom have tested positive for the coronavirus, are fighting a losing battle in the Belgian city of Liege against Europe's second wave of Covid-19. It is the second time that Belgium, a small EU country of 11.5 million people, has ended up as one of the hardest hit by the global pandemic. It has already seen more than 270,000 cases and 10,500 deaths. (Photo by BRUNO FAHY / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique bien plus sévère face au virus
Couplé au télétravail imposé quatre jours par semaine, le port du masque revient en force pour éviter le reconfinement en Belgique.

De surcroît, le covid safe ticket a perdu de son crédit depuis que la ministre wallonne de la Santé, la socialiste Christie Morreale, a révélé l’existence d’une vaste fraude. 2.000 faux certificats de vaccination ont été émis par un seul médecin. Celui-ci encodait «dans tous les coins de Wallonie et peut-être aussi en dehors», sans jamais avoir administré le vaccin. 

Le généraliste indélicat va être poursuivi pour faux et usage de faux. Il risque de 5 à 10 ans de prison. Les personnes qui se sont vu délivrer de faux documents sont également passibles de poursuites.

Des dizaines de médecins impliqués

L’agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq) qui a levé le lièvre «continue d’investiguer d’autres situations». «C’est une rupture de confiance vis-à-vis des gens qui se sentent en sécurité et une situation qui met en danger la vie des gens», a commenté la ministre Morreale qui veut de toute évidence faire un exemple. «Il est important de montrer que lorsqu’il y a irrégularité, le CST est invalidé et il y a des poursuites», a-t-elle martelé.

Une dizaine d’autres médecins font en ce moment l’objet d’enquêtes approfondies. Des faux certificats se vendent entre 200 et 350 euros l’unité, notamment via le réseau social Telegram.

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