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114 «contacts» belges en Afghanistan manquent à l'appel
International 3 min. 27.08.2021
Exfiltration

114 «contacts» belges en Afghanistan manquent à l'appel

Depuis la mi-août, plus de 100.000 personnes ont quitté Kaboul sur un vol de rapatriement.
Exfiltration

114 «contacts» belges en Afghanistan manquent à l'appel

Depuis la mi-août, plus de 100.000 personnes ont quitté Kaboul sur un vol de rapatriement.
Photo : AFP
International 3 min. 27.08.2021
Exfiltration

114 «contacts» belges en Afghanistan manquent à l'appel

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Un bus emportant 30 personnes n’a par ailleurs jamais réussi à entrer dans l’enceinte de l’aéroport de Kaboul.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - Que va faire la Belgique pour ses collaborateurs restés en Afghanistan? La question se pose plus que jamais après le double attentat-suicide qui a semé la mort, jeudi, aux abords de l’aéroport de Kaboul, attentat revendiqué par l’Etat islamique.


Les exfiltrés luxembourgeois sortis d'affaire
Quinze personnes «attendues» par le gouvernement ont atterri, en Belgique, en France et aux Pays-Bas. Elles seront prochainement de retour au Grand-Duché, ont assuré les ministres de la Défense et des Affaires étrangères.

Officiellement, la Belgique a accueilli quinze familles d'Afghans ayant travaillé pour l'armée belge durant ses dix-neuf années de présence en Afghanistan. Cela représente 79 personnes a dénombré la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder. 1.400 personnes (dont 300 enfants) ont en tout été exfiltrées depuis le 14 août grâce à l’opération Red Kite. Les C-130 belges ont effectué 120 vols pour assurer les évacuations; une partie ayant servi à ramener en Europe des Luxembourgeois.

Toutefois, selon le gouvernement De Croo, un certain nombre d’ayants droits belges sont toujours  en Afghanistan. La ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès estime au nombre de 114 les «contacts» dont on ne sait s’ils ont réussi ou non à quitter le pays. Certains pourraient déjà se trouver en Belgique où ils ne se seraient pas déclarés. «Je pense notamment à ceux qui ont été évacués par des vols de pays partenaires. Il faut être très prudent avec les chiffres tant que toutes les vérifications n’auront pas été effectuées», précise la libérale francophone.

220 personnes (dont 29 Néerlandais et quatre Autrichiens) ont eu la chance d’être exfiltrées au dernier moment par les forces belges. Elles sont arrivées jeudi matin vers 9h à l’aéroport militaire de Melsbroek (nord-est de Bruxelles). En revanche, 30 personnes qui se trouvaient à bord du dernier bus du dernier convoi sont manquantes. Mercredi matin, elles n’ont pu entrer dans l’enceinte de l’aéroport de Kaboul.

 «Si les évacuations sont terminées à Kaboul, a cherché à rassurer Sophie Wilmès, cela ne veut pas dire que c’est la fin du soutien que l’on donne aux gens qui sont encore en Afghanistan et veulent quitter le pays.» Le Premier ministre Alexander De Croo appuie : «Nos équipes à Islamabad continuent à tout faire pour soutenir au maximum ceux qui ont besoin d’aide».

Cette situation promet d’agiter durablement la politique intérieure belge. Jeudi à la Chambre, Alexander De Croo a voulu apaiser les esprits, affirmant que la Belgique a le devoir de secourir et d'évacuer ses ressortissants. Le libéral flamand entend également avoir une «discussion franche avec les Etats-Unis» de Joe Biden sur leur décision unilatérale de quitter l’Afghanistan.

Pour le député Georges Dallemagne (CDH, opposition), la désorganisation a présidé à toute l’opération belge d'évacuation. «Nous avons dû suivre l’agenda américain qui suit l’agenda des talibans […] C’est une humiliation pour la démocratie et c’est un affaiblissement de la démocratie dans le monde». 

Sur les ondes de la chaîne publique francophone RTBF, le parlementaire s’est encore inquiété «pour les collaborateurs des Belges, pour les personnes vulnérables. J’ai été en contact avec plusieurs Belges qui m’ont dit qu’ils avaient là-bas des collaborateurs ou d’anciens collaborateurs, des femmes notamment, qui étaient menacés. […] Ces personnes sont en danger et nous les laissons derrière nous».


Le Grand-Duché revoit ses aides au régime afghan
Le retour aux commandes des talibans en Afghanistan incite le gouvernement luxembourgeois à couper le robinet des coopérations (militaires ou civiles) avec le pays.

Comme plusieurs autres députés issus de divers partis, Georges Dallemagne estime que la Belgique ne doit pas reconnaître le régime taliban, un groupe inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’UE. Il dénonce le manque de préparation et de consultation parlementaire dont auraient fait preuve la Belgique et sa diplomatie dans ce dossier.

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