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Etats-Unis: Affaire russe, fuites, démissions: Trump face à la crise
International 4 min. 16.02.2017 Cet article est archivé

Etats-Unis: Affaire russe, fuites, démissions: Trump face à la crise

Andrew Puzder (à g.), sortant d'un entretien avec Donald Trump dans le New Jersey.

Etats-Unis: Affaire russe, fuites, démissions: Trump face à la crise

Andrew Puzder (à g.), sortant d'un entretien avec Donald Trump dans le New Jersey.
AFP
International 4 min. 16.02.2017 Cet article est archivé

Etats-Unis: Affaire russe, fuites, démissions: Trump face à la crise

Alors que la crise enfle avec les révélations sur les contacts répétés entre ses proches et le renseignement russe l'année dernière, Donald Trump a essuyé un nouveau revers avec le retrait forcé d'un de ses potentiels ministres.

(AFP) - Alors que la crise enfle avec les révélations sur les contacts répétés entre ses proches et le renseignement russe l'année dernière, Donald Trump a essuyé un nouveau revers avec le retrait forcé d'un de ses potentiels ministres.

Ajoutant au chaos ambiant déclenché par la démission forcée de son Conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, dans le cadre du dossier russe, c'est un autre ministre potentiel de Donald Trump qui a dû jeter l'éponge mercredi. Désigné pour le portefeuille du travail, Andrew Puzder, patron d'un groupe de restauration rapide, a été contraint de retirer sa candidature, plombée par des révélations sur d'anciens épisodes de sa vie personnelle.

Mais ce forfait est presque passé inaperçu face à la crise qui enfle autour du dossier russe. Et si le président républicain ne s'est pas exprimé sur le fond de ce dossier, il a en revanche pris la parole mercredi pour dénoncer les fuites qui alimentent la presse au quotidien et l'ont poussé à se séparer de Michael Flynn lundi soir.

Ces fuites sont des "actes criminels" a-t-il accusé sur Twitter, en visant le FBI et la NSA, le service d'écoutes: "Le vrai scandale c'est que des informations classifiées soient ainsi données illégalement par les renseignements, comme des bonbons ! Très anti-américain", a-t-il lâché sur le réseau social.

Sur le fond, le président des Etats-Unis est parvenu à éluder les questions difficiles en ne donnant la parole qu'à deux journalistes n'appartenant pas aux grands médias enquêtant sur le scandale.

Le New York Times avait auparavant révélé, citant quatre responsables ou ex-responsables américains, que le FBI possédait des relevés et des écoutes téléphoniques entre des membres de l'équipe de campagne du républicain et de hauts responsables du renseignement russe, l'an dernier.

Cacophonie

Ces rebondissements ont renforcé la cacophonie et le sentiment de désorganisation au sommet de l'Etat. "Qui commande?", s'est ainsi alarmé le sénateur républicain John McCain.

"Toute cette histoire est une démonstration parfaite du pourquoi nous ne devrions pas faire confiance à la Russie", a insisté Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des Représentants.

L'enquête du FBI est née du piratage du parti démocrate en 2015 et 2016, attribué aux Russes par Washington. Les enquêteurs se sont alors aperçu que des proches de Donald Trump communiquaient régulièrement avec des intimes du Kremlin.

Les écoutes téléphoniques de l'ambassadeur russe à Washington, Sergey Kislyak, ont également révélé que Michael Flynn lui avait parlé des sanctions américaines imposées le 29 décembre par Barack Obama, laissant entendre qu'elles pourraient être suspendues après l'alternance.

Ces communications, sans enfreindre la loi, ont peut-être dissuadé Vladimir Poutine de répondre aux sanctions américaines.

L'administration sortante avait accusé le gouvernement russe d'avoir fomenté le piratage du parti démocrate, et notamment d'un proche conseiller d'Hillary Clinton, dans le but de l'empêcher d'être élue à la Maison-Blanche.

L'opposition démocrate évoque ouvertement l'hypothèse d'une collusion entre Moscou et le candidat Trump, qui a régulièrement exprimé son admiration pour Vladimir Poutine.

Enquête spéciale

"Je n'ai jamais vu ça", a tonné mercredi le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, après une réunion "en urgence" du groupe parlementaire.

Outre les investigations du FBI sur les interférences russes dans la campagne électorale et les contacts éventuels entre la Trump Tower et Moscou, plusieurs enquêtes parlementaires ont été lancées au Congrès, contrôlé par les républicains.

Donald Trump a en tout cas nié tout lien avec la Russie.

Mais les démocrates veulent aller plus loin avec la création d'une commission d'enquête spéciale aux pouvoirs étendus, comme pour le scandale du Watergate ou après le 11-Septembre, ce que les chefs républicains refusent à ce stade.

M. Trump "doit aux Américains une explication détaillée" sur sa campagne et les relations entre ses proches et la Russie, a ainsi plaidé la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.

La convocation de Michael Flynn semble toutefois inéluctable, afin qu'il s'explique sur ses communications avec les Russes et qu'il réponde à la question présente sur toutes les lèvres: avait-il été missionné par le président élu pour envoyer un message à Moscou sur une éventuelle levée des sanctions imposées par son prédécesseur ?

La Maison-Blanche, mardi, avait absolument nié l'existence d'un tel marché.

Le dilemme de Donald Trump concerne en fait les sanctions alourdies que beaucoup veulent imposer à la Russie, en représailles à l'ingérence durant la campagne présidentielle américaine. Le républicain Paul Ryan a lui répété qu'il y était favorable.

Désireux de changer de sujet et de se rasséréner auprès de ses partisans, M. Trump a annoncé un meeting samedi près d'Orlando, en Floride, son premier depuis son investiture le 20 janvier.

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