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Et si Tchernobyl devenait «patrimoine mondial»?
International 1 3 min. 14.12.2020

Et si Tchernobyl devenait «patrimoine mondial»?

Non loin de la centrale nucléaire, un monument rend hommage aux curateurs qui sont intervenus en premier sur le site sans les protections de rigueur à l'époque.

Et si Tchernobyl devenait «patrimoine mondial»?

Non loin de la centrale nucléaire, un monument rend hommage aux curateurs qui sont intervenus en premier sur le site sans les protections de rigueur à l'époque.
Photo : Reuters
International 1 3 min. 14.12.2020

Et si Tchernobyl devenait «patrimoine mondial»?

L'idée vient d'Ukraine qui souhaiterait que la centrale nucléaire tristement célèbre soit intégrée dans la liste de lieux protégés par l'UNESCO. Le site avait explosé en 1986, et la zone (nouvelle destination touristique) reste privée de toute habitation.

(AFP) - L'idée de classer la zone d'exclusion de Tchernobyl à l'Unesco a été proposée par le nouveau ministre de la Culture, Oleksandre Tkatchenko, en poste depuis six mois. «C'est un des territoires les plus emblématiques de l'Ukraine» et il faut le «préserver pour l'humanité», souligne le haut fonctionnaire. 


TOPSHOT - This aerial picture taken on April 12, 2020 shows a forest fire burning at a 30-kilometer (19-mile) Chernobyl exclusion zone in Ukraine, not far from the nuclear power plant. - Some 400 firefighters battle a blaze that broke out on April 4, 2020 in the wooded zone around the ruined Chernobyl reactor that exploded in 1986 in the world's worst nuclear accident. (Photo by Volodymyr Shuvayev / AFP)
La zone de Tchernobyl toujours ravagée par le feu
Plus de 400 pompiers ukrainiens combattaient lundi un important incendie autour de la zone d'exclusion de la centrale. Les autorités se montrent rassurantes tandis que des observateurs estiment que la situation est difficilement contrôlable.

En ce début du mois de décembre, de rares flocons de neige recouvrent les immeubles et les aires de jeux abandonnés de la ville de Pripiat, dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, au nord-ouest de l'Ukraine. Pour les protéger du temps et favoriser la venue de visiteurs, Kiev souhaite désormais que ces vestiges, devenus les témoins de la pire catastrophe nucléaire de l'Histoire, rejoignent le patrimoine mondial de l'Unesco. «La zone de Tchernobyl est déjà une attraction célèbre à travers le monde», pointe Maksym Polivko, 38 ans, un guide professionnel, lors d'une visite sur place. «Malheureusement cet endroit n'a pas de statut officiel», poursuit-il, en espérant un coup de pouce pour le «développement d'infrastructures touristiques». 

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En cas de succès, Tchernobyl rejoindrait ainsi le mausolée de Taj Mahal en Inde, le sanctuaire de Stonehenge en Angleterre ou l'abbaye du Mont-Saint-Michel en France ou encore les fortifications de la capitale du Grand-Duché. Vaste comme le Luxembourg, la zone d'exclusion entoure dans un rayon de 30 kilomètres la centrale accidentée dont le quatrième réacteur explosa le 26 avril 1986.

 Après avoir tenté de dissimuler l'incident, l'URSS, dont l'Ukraine faisait alors partie, avait finalement reconnu son ampleur et évacué des centaines de milliers de personnes. Des dizaines de milliers de «liquidateurs» avaient également été mobilisés, avec des moyens de protection rudimentaires, pour bâtir un sarcophage autour du réacteur accidenté et tenter de nettoyer les territoires contaminés.

Aujourd'hui, la reconquête de ces terres par la nature est plus visible : les routes se rétrécissent, dévorées par les herbes folles, et des maisons disparaissent sous les zones boisées où prolifèrent les animaux sauvages.

À Pripiat, à quelques kilomètres de la centrale, l'entrée dans les immeubles d'habitation est formellement déconseillée en raison des risques d'écroulement. Même si les autorités estiment que les humains ne pourront pas y vivre en sécurité avant 24.000 ans, la zone attire de plus en plus de touristes en quête de frissons.

Symbole de la chute de l'URSS

Le ministre Oleksandre Tkatchenko,  insiste néanmoins sur la nécessité de faire comprendre aux visiteurs qu'il ne s'agit pas d'une «simple aventure en territoire interdit». Avec l'aide d'experts, son ministère veut préparer des programmes de voyage visant à «percevoir la zone comme un lieu de mémoire qui doit nous apprendre des choses», à l'époque d'une crise environnementale globale. Pour M. Tkatchenko, l'héritage historique de Tchernobyl ne se résume pas à une tragédie car la catastrophe a «forcé» les autorités soviétiques à «dire la vérité», «déclenchant la démocratisation» qui s'est soldée par la chute de l'URSS en 1991.

L'Ukraine prépare un dossier pour le soumettre à l'Unesco avant fin mars et un groupe d'experts de l'organisation devrait ensuite visiter les lieux cet été. La décision finale est attendue au plus tôt en 2023. «Avant, tout le monde s'occupait du sarcophage», la nouvelle chape d'acier inaugurée en 2019 sur les restes du réacteur accidenté, pour en assurer la sécurité pour les 100 ans à venir, dit M. Tkatchenko. Maintenant, dit-il, «le moment est venu» de faire cela.


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