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Et si Bruxelles voyageait gratis elle aussi
International 3 min. 28.02.2020 Cet article est archivé

Et si Bruxelles voyageait gratis elle aussi

Les tenants de la gratuité des transports en commun soutiennent que Bruxelles compte parmi les villes les plus embouteillées au monde.

Et si Bruxelles voyageait gratis elle aussi

Les tenants de la gratuité des transports en commun soutiennent que Bruxelles compte parmi les villes les plus embouteillées au monde.
Photo: Shutterstock
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Et si Bruxelles voyageait gratis elle aussi

La gratuité des transports publics luxembourgeois qui entre en vigueur ce 1er mars relance en Belgique francophone des débats déjà anciens. La capitale de l’Europe est au taquet.

Par Max Helleff (Bruxelles) - Lors de la dernière campagne électorale, les partis politiques s’étaient positionnés d’une manière ou d’une autre sur l’opportunité d’adopter la gratuité des transports dans les bus et les trams de la région bruxelloise. La capitale de l’Europe compte parmi les villes les plus embouteillées au monde, assurent ses défenseurs; certains jours, la pollution y atteint un niveau critique; la gratuité des transports publics pourrait en toute hypothèse contribuer  à reléguer l’automobile et ses nuisances au garage.

Pur hasard du calendrier, la gratuité des transports en commun sera précisément l’un des points de la discussion budgétaire qui s’engage lundi entre les partis qui gouvernent la Région de Bruxelles-Capitale.  Inutile d’ajouter que l’on suit ici de près l’initiative du Grand-Duché, le premier pays à offrir la gratuité totale de ses transports publics (train-tram-bus) sur tout son territoire, que l’on soit résidents, frontaliers ou touristes.

C’est le Parti socialiste qui a promu la gratuité des transports en commun durant la campagne précédant le scrutin du 26 mai dernier. Il était, il faut le préciser, poussé dans le dos par les communistes du PTB qui en avaient fait un de leurs thèmes forts. La gratuité version bruxelloise devrait s’adresser à des catégories limitées de la population. Soit les moins de 25 ans et les plus de 65 ans, pourvu qu’ils ne disposent pas déjà d’un sésame leur permettant d’accéder sans bourse délier aux trams et aux bus.


Mauvais points pour l'environnement belge
La gestion de l’environnement n’a rien d’un fleuve tranquille en Belgique. Cette fois, c’est la Commission européenne qui critique vertement le royaume. Elle pointe d’énormes problèmes en matière d’environnement, notamment en ce qui concerne la gestion de la mobilité et le respect des objectifs climatiques à l’horizon 2020.

Ainsi, quelque 200.000 personnes pourraient prétendre à cette gratuité élargie: 147 639 jeunes de 12 à 24 ans et 61 263 seniors. Par effet boule de neige, la mesure pourrait inciter certains automobilistes à laisser leur véhicule de côté pour lui préférer les transports en commun. Et polluer moins.

Le coût d’un tel dispositif se monterait à quelque 23 millions d’euros. Maximum. Soit peu de choses en comparaison du coût environnemental que représente pour la ville et ses habitants le « tout à la voiture ». Chaque jour, 400.000 navetteurs pénètrent dans la capitale, dont une partie sur quatre roues. Si les véhicules les plus polluants sont progressivement interdits, le trafic automobile qui engorge les grands axes bruxellois reste une véritable plaie.

La capitale de l’Europe ne veut pas s’arrêter là. Il y est beaucoup question d’une taxe qui pénaliserait les automobilistes. Un tarif journalier est à l’étude: il oscillerait entre un et trois euros. Mais à peine révélée ce jeudi, cette «taxe de congestion» a semé la discorde dans la majorité au pouvoir à la Région de Bruxelles-Capitale, les libéraux et les socialistes prenant leurs distances vis-à-vis du projet et reportant la responsabilité de cette mesure «asociale» sur les écologistes.


Lokales,Tram, Limpertsberg-Kirchberg. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Le transport gratuit, formidable «produit d'appel»
L'annonce de la gratuité des transports publics, qui deviendra réalité ce 1er mars, a provoqué un battage médiatique sans précédent. Elle a, en réalité, permis de faire la promotion de la stratégie de mobilité du gouvernement et de l'image du pays à l'échelle du globe.

L’accord de majorité bruxellois exprime pourtant le souhait «de conclure un accord de coopération entre Régions visant à mettre en œuvre une tarification kilométrique intelligente des véhicules légers sur la zone métropolitaine ou l’ensemble du territoire national». Il prévoit également une réforme globale de la «fiscalité automobile visant à améliorer la qualité de vie en ville pour tous, dans le cadre d’une transition juste et solidaire».

Quant à la Wallonie, elle entend mettre «progressivement en œuvre la gratuité des transports en commun pour les jeunes jusqu’à 25 ans, pour les 65 ans et plus et pour les publics précarisés». La mesure devrait entrer progressivement en vigueur à partir de septembre.


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