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Erdogan devra s'expliquer à Bruxelles
International 2 min. 09.03.2020 Cet article est archivé

Erdogan devra s'expliquer à Bruxelles

La tension monte entre migrants et policiers grecs comme ici, dans la province d'Edirne, à la frontière entre la Turquie et la Grèce.

Erdogan devra s'expliquer à Bruxelles

La tension monte entre migrants et policiers grecs comme ici, dans la province d'Edirne, à la frontière entre la Turquie et la Grèce.
Photo : AFP
International 2 min. 09.03.2020 Cet article est archivé

Erdogan devra s'expliquer à Bruxelles

Le président turc se rend lundi devant les dirigeants de l'Union européenne pour aborder la question migratoire alors que des pays «volontaires» du bloc des 27 envisagent de prendre en charge 1.500 enfants migrants bloqués sur les îles grecques.

(AFP) - «Je vais avoir une rencontre avec des responsables de l'Union européenne demain en Belgique», a déclaré dimanche Recep Tayyip Erdogan, lors d'un discours à Istanbul retransmis à la télévision. Il a ajouté espérer «revenir de Belgique avec des résultats différents». A Bruxelles, on a annoncé que M. Erdogan rencontrerait à 18h le président du Conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Ils discuteront notamment «des problèmes de migrations, de sécurité, de la stabilité dans la région et de la crise en Syrie», a annoncé le porte-parole de Charles Michel.

M. Erdogan a aussi appelé dimanche la Grèce à «ouvrir ses portes» aux migrants pour qu'ils se répandent ensuite dans le reste de l'Union européenne. «Hé, la Grèce! Je te lance un appel... Ouvre tes portes également et libère-toi de ce fardeau», a-t-il lancé. «Laisse-les aller dans d'autres pays européens».

La Turquie souhaite aussi obtenir le soutien de l'UE à ses opérations militaires dans le nord de la Syrie, en échange de l'accueil des migrants.
La Turquie souhaite aussi obtenir le soutien de l'UE à ses opérations militaires dans le nord de la Syrie, en échange de l'accueil des migrants.
Photo : AFP

Des dizaines de milliers de migrants tentent de passer la frontière entre la Turquie et la Grèce depuis que le président turc a annoncé, le 29 février dernier, qu'il cessait de respecter un accord de mars 2016 avec l'Union européenne. Cet accord prévoyait que les migrants restent en Turquie, en échange d'une aide financière européenne à Ankara. 

 Aux termes de cet accord, la Turquie avait accepté de contenir le flot des migrants qui fuient la guerre en Syrie, en échange de plusieurs milliards d'euros. Mais Ankara estime l'aide obtenue pour l'instant insuffisante pour faire face au coût des quatre millions de migrants et de réfugiés, principalement Syriens, qu'elle accueille depuis des années.


Migrants wait next Turkish soldiers as they resumed efforts to enter Europe next to the fences near Pazarkule border gate in Edirne on March 4, 2020. - Migrants and refugees clashed with Greek police on the Turkish border on March 4, 2020, as they resumed efforts to enter Europe, leaving at least one person injured according to AFP correspondents. (Photo by Ozan KOSE / AFP)
Le chantage d'Ankara met les 27 au pied du mur
Visite des dirigeants de l'UE en Grèce et en Turquie, réunion en urgence des ministres mercredi à Bruxelles: les 27 se mobilisent face au chantage d'Ankara qui a décidé de laisser passer les migrants, réveillant le spectre de la crise de 2015.

Aujourd'hui, Ankara redoute que le million de personnes déplacées du fait de la récente offensive du régime syrien dans le nord de la Syrie ne vienne se présenter à ses portes. Aussi, la Turquie attend de l'UE de recevoir également un soutien afin de la soutenir dans ses opérations en territoire syrien; un engagement militaire mené avec le soutien de Moscou. 

Une main tendue

Vendredi, le président turc a relâché un peu la pression migratoire sur l'UE en donnant l'ordre aux garde-côtes d'empêcher les migrants de traverser la mer Egée, autre voie de passage vers la Grèce. Les autorités grecques ont annoncé jeudi que plus de 1.700 d'entre eux étaient arrivés sur les îles grecques, venant s'ajouter aux 38.000 déjà présents qui surpeuplent les camps de réfugiés dans des conditions de plus en plus précaires.

Depuis Berlin, le gouvernement allemand a annoncé lundi matin qu'une coalition de pays «volontaires» de l'Union européenne envisage de prendre en charge jusqu'à 1.500 enfants migrants bloqués sur les îles grecques par mesure de soutien «humanitaire». Les noms des pays impliqués n'ont pas été précisés. Mais le Luxembourg, la semaine passée, avait déjà fait part, par la voix du ministre Jean Asselborn (LSAP), de son intention d'accueillir une dizaine de réfugiés mineurs.


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Les dirigeants de l'UE ont exhorté, lundi, la Turquie à respecter les termes d'un accord visant à éloigner les migrants des frontières européennes. La discussion «franche» avec le président turc Erdogan, venu à Bruxelles réclamer du soutien, après avoir ouvert ses frontières au passage des réfugiés.
Turkish President Recep Tayyip Erdogan arrives before a meeting with European Commission President and EU Council President at the EU headquarters in Brussels on March 9, 2020. (Photo by JOHN THYS / AFP)
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Migrants wait next Turkish soldiers as they resumed efforts to enter Europe next to the fences near Pazarkule border gate in Edirne on March 4, 2020. - Migrants and refugees clashed with Greek police on the Turkish border on March 4, 2020, as they resumed efforts to enter Europe, leaving at least one person injured according to AFP correspondents. (Photo by Ozan KOSE / AFP)
La Turquie a agité lundi la menace de l'arrivée de «millions» de migrants en Europe après l'ouverture de ses frontières. Jean Asselborn dénonce un inacceptable «chantage» et une «instrumentalisation» des migrants de la part du président turc.
TOPSHOT - This picture taken from the Greek side of the Greece-Turkey border near Kastanies, shows migrants waiting on the Turkish side on March 2, 2020. - Greece was on a state of alert on March 1, 2020 as it faced an influx of thousands of migrants seeking to cross the border from Turkey, with locals fearing a new immigration crisis. More than 13,000 migrants have gathered on the Turkish side of the river which runs 200 kilometres (125 miles) along the frontier and separates them from Greece and therefore the European Union. The flow of migrants from Turkey has triggered EU fears of a re-run of the 2015 migrant emergency when Greece became the main EU entry point for a million migrants, most of them refugees fleeing the Syrian civil war. (Photo by Sakis MITROLIDIS / AFP)
Tandis que plusieurs milliers de migrants se sont rués ce week-end depuis la Turquie vers les frontières grecques et bulgares, Frontex a relevé son niveau d'alerte à la frontière gréco-turque. «Nous devons agir ensemble pour éviter une crise humanitaire et migratoire», lance Emmanuel Macron.
TOPSHOT - Migrants gather inside the buffer zone of the Turkey-Greece border, at Pazarkule, in Edirne district, on February 29, 2020. - Thousands of migrants stuck on the Turkey-Greece border clashed with Greek police on February 29, 2020, according to an AFP photographer at the scene. Greek police fired tear gas at migrants who have amassed at a border crossing in the western Turkish province of Edirne, some of whom responded by hurling stones at the officers. The clashes come as Greece bolsters its border after Ankara said it would no longer prevent refugees from crossing into Europe following the death of 33 Turkish troops in northern Syria. (Photo by BULENT KILIC / AFP)
Au moins 33 soldats turcs ont été tués jeudi dans la province d'Idleb dans des raids attribués au régime syrien. Ankara a riposté en bombardant des positions de Damas mais a aussi fait savoir qu'elle n'est «plus en mesure de retenir» les migrants qui veulent se rendre en Europe.
TOPSHOT - A Turkey-backed Syrian fighter fires a truck-mounted gun toward the town of Saraqeb from the outskits of the villages of Afis and Salihiyah situated near the regime-controlled town, in the eastern part of the Idlib province in northwestern Syria, on February 26, 2020. (Photo by Omar HAJ KADOUR / AFP)