Environnement

La Wallonie veut verdir davantage

La Wallonie ambitionne de réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre en 2050.
La Wallonie ambitionne de réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre en 2050.
Photo: Pierre Matgé

Par Max Helleff

S'il faut en croire son nouveau ministre de l'Environnement, le libéral Jean-Luc Crucke, il ne fait «aucun doute» que la Wallonie respectera ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de production d'énergies renouvelables à l'horizon 2020.

Même si, a tenu à ajouter le ministre en marge de la COP23, «il va falloir persévérer et trouver de nouvelles mesures» pour réaliser les objectifs fixés cette fois à 2030. Les bons résultats environnementaux peuvent constituer «une carte de visite» pour la Wallonie, tout à l'opposé de sa réputation de région au lourd passé industriel. Ces nouvelles mesures, quelles sont-elles?

La Wallonie ambitionne de réduire de 95 % les émissions de gaz à effet de serre en 2050. Mais à plus court terme, elle veut diminuer substantiellement ses émissions non industrielles. Soit 35 % en moins par rapport à 2005. «Le climat, c'est transversal», a fait valoir le ministre Crucke. «Aucune compétence, aucun plan ne peut désormais se réfléchir sans que l'élément climat ne soit décliné dans toutes les mesures.»

Photovoltaïque: «Il faut restaurer le climat de confiance»

Toutefois l'habitat et le transport constitueront des cibles prioritaires, parallèlement au développement des énergies renouvelables, dont le photovoltaïque et l'éolien qui ont connu pourtant bien des tourments au cours des dernières années.

Le photovoltaïque est symptomatique de la valse-hésitation qui a accompagné les politiques environnementales en Wallonie depuis une décennie. Les Wallons s’étaient rués vers des panneaux largement subsidiés, qui devaient non seulement leur fournir une électricité presque gratuite, mais aussi une rente annuelle.

Mais la formule a connu un tel succès qu'elle n'a plus été finançable à un moment donné. Le gouvernement wallon a donc revu en catastrophe les règles et les conditions, diminuant les avantages des investisseurs privés au risque de les flouer. Et de ruiner au passage le crédit de tout un pan de sa politique environnementale.

Le parti Ecolo, qui était à l'époque à la barre, a payé chèrement la facture en accusant une lourde défaite lors des élections de 2012.

Le ministre Crucke veut en finir avec la malédiction du photovoltaïque: «Aujourd’hui, il n'y a plus aucune raison de ne pas se lancer dans le photovoltaïque. Dans une maison isolée, c’est l'investissement le plus judicieux. Mais il faut restaurer le climat de confiance».

Encourager l'isolation des bâtiments

Quant au logement public, il sera soumis à des normes plus strictes. L'objectif est ici d’atteindre un taux de rénovation de 3 % par an. L'isolation des bâtiments sera encouragée. La Wallonie cherche de l'argent pour arriver à ses fins. Comment faire quand les caisses sont vides? Il est beaucoup question de partenariats public-privé pour lesquels «les entreprises sont demandeuses».

Sur le plan national, les Régions et le fédéral doivent encore trouver d'ici la fin de l'année l'accord qui leur permettra notamment de trouver les capacités de remplacement permettant de sortir du nucléaire.

La Région de Bruxelles-Capitale conditionne sa participation à ce pacte à la fermeture effective des centrales en 2025 – mais la N-VA de Bart De Wever remet en question cet engagement pris en 2003.

La Wallonie est sur la même longueur d'onde que Bruxelles, assure le ministre Crucke. Pour sa région, le Wallon envisage également la fin du diesel en 2030 et un verdissement accru de la fiscalité automobile dès 2018.