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Bruxelles bannit le moteur thermique
International 3 min. 28.06.2021
Environnement

Bruxelles bannit le moteur thermique

Dans neuf ans donc, plus un moteur diesel ne sera autorisé dans les rues de la capitale européenne.
Environnement

Bruxelles bannit le moteur thermique

Dans neuf ans donc, plus un moteur diesel ne sera autorisé dans les rues de la capitale européenne.
Photo : Anouk Antony
International 3 min. 28.06.2021
Environnement

Bruxelles bannit le moteur thermique

Les voitures diesel et essence seront interdites d’accès à la capitale belge, respectivement en 2030 et 2035.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - En 2035, plus aucun véhicule léger à moteur thermique ne pourra entrer dans Bruxelles. Cette mesure s’ajoute à d’autres dispositions environnementales prises ces dernières années – dont le bannissement progressif des vieux diesels et la limitation à 30 km/h. Elle doit permettre à la capitale de retrouver un air pur et de rendre à ses habitants une qualité de vie qui n’a cessé de se dégrader ces dernières décennies.


Le moteur thermique ne paie plus en Belgique
En 2026, seules les voitures électriques seront fiscalement déductibles pour les entreprises, mais ce système vertueux a ses vices.

Selon des études d’impact, l’interdiction des motorisations diesel et essence permettrait d’éviter 100 à 110 décès prématurés par an dus à la pollution de l’air. Les émissions de gaz à effet de serre issues du transport seraient réduites de 65 à 75% par rapport à aujourd'hui.

Concrètement, à partir de 2028, les scooters à essence seront interdits à Bruxelles. La même année ne seront plus admis que les véhicules diesel/hybride de la norme euro 6d (immatriculés à partir de 2021). En 2030, les moteurs diesel seront totalement interdits. L’essence subira le même sort à partir de 2035. Les véhicules CNG et LPG sont également concernés par l’interdiction. Les motos restent autorisées jusqu’en 2035.

Plus de bornes

Différentes pistes sont envisagées pour apporter une alternative à la disparition du moteur thermique. Les propriétaires de voitures électriques seront aidés sur le plan fiscal. Le réseau de bornes de recharge sera amplifié, les transports publics avantagés. Le gouvernement bruxellois compte sur la popularisation de la voiture électrique pour entraîner une baisse drastique de son prix.


Park & Ride-Schild, P&R, Foto Lex Kleren
Le P+R de Viville à nouveau remisé au placard
Évoquée depuis 2014, la possibilité de créer un parking à destination des frontaliers belges sur les anciens ateliers de la SNCB a été rejetée par le nouveau ministre fédéral de la Mobilité. Un projet pourtant jugé prioritaire par le gouvernement du Grand-Duché.

Toutefois, la décision de bannir le moteur thermique pose son lot de questions. Qualifiant d’«excellente idée» le thermic ban bruxellois, la libérale francophone Alexia Bertrand (opposition) n’en conclut pas moins à un effet d’annonce. Rien ne serait prêt à l’entendre pour permettre l’arrivée massive du véhicule électrique dans la capitale. «Aujourd'hui, on voit des villes crédibles sur le sujet», a-t-elle expliqué, citant l’exemple d’Amsterdam. «A Bruxelles, il y a 161 bornes électriques et on doit aller vers 11.000 bornes vers 2035. Il n’y aucun plan, aucune feuille de route détaillée. Ce n’est pas sérieux.»

La critique s’étend à l’absence de parkings de dissuasion autour de la capitale. Quant au RER wallon, il se fait désespérément attendre, bien que les travaux aient repris récemment.

Mobia, la fédération regroupant les professionnels de l’automobile, estime que la nouvelle mesure bruxelloise «allie simplisme et cynisme» car «on ne connaît encore rien des progrès dont va bénéficier le moteur thermique haute technologie à haut rendement, ni des carburants synthétiques zéro émission».

La Wallonie en 2028

La Wallonie, où les écologistes sont également au pouvoir, veut suivre l'exemple bruxellois à terme. «On va vers l’interdiction des moteurs thermiques un peu partout», a affirmé le ministre wallon du Climat, de l’Energie et de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo), sur les ondes de la chaîne publique La Première. 

En 2019, la Wallonie avait opté pour l’instauration de zones de basse émission, d’abord au niveau local, puis régional. Mais rien n’est encore en place. Elle a fixé également un calendrier pour l’interdiction des moteurs thermiques les plus polluants. Un véhicule de norme Euro 5 ne pourra plus circuler en Wallonie à partir du 1er janvier 2028. Une réforme de la fiscalité automobile doit aussi avantager les petites voitures dans les années à venir. Mais pour l’instant, un bannissement complet des moteurs thermiques diesel et essence n’a pas été décidé.

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