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En pleine grève, Ryanair accentue ses menaces sur l'emploi

En pleine grève, Ryanair accentue ses menaces sur l'emploi

AFP
International 3 min. 26.07.2018

En pleine grève, Ryanair accentue ses menaces sur l'emploi

«Ryanair doit changer!»: des hôtesses et des stewards de la compagnie irlandaise à bas coûts ont débuté, mercredi, une grève sous ce slogan dans divers pays d'Europe, le jour même où Ryanair annonçait une réduction de sa flotte en Irlande et menaçait d'y supprimer 300 emplois en réaction à une grève de pilotes.

AFP - Sur fond de baisse de ses bénéfices, le groupe dirigé par le milliardaire irlandais Michael O'Leary avait averti lundi que la multiplication des grèves pouvait l'amener à revoir ses prévisions de trafic hivernales avec, à la clef, moins d'avions et moins d'emplois. Et il a mis sa menace à exécution: dans un communiqué, le groupe a annoncé mercredi qu'il réduirait de 30 à 24 le nombre de ses avions à Dublin l'hiver prochain, ce qui pourrait entraîner des pertes d'emplois pour 100 pilotes et 200 hôtesses et stewards.

Ryanair blâme la récente grève de trois jours menée par ses pilotes irlandais pour réclamer de meilleures conditions de travail, en assurant qu'elle a provoqué une «baisse des réservations». Selon son directeur opérationnel, Peter Bellew, le groupe a en revanche «décidé d'allouer plus d'avions sur les marchés où il connaît une forte croissance, tels que la Pologne».

"Même pas d'eau" pour l'hôtesse

L'annonce a été faite le jour même où une nouvelle grève de deux jours était lancée par des personnels de cabine en Espagne, au Portugal, en Belgique et en Italie. A l'aéroport Madrid-Barajas, des grévistes distribuaient aux touristes des tracts en espagnol et en anglais, détaillant leurs revendications. «J'exige que tous les membres d'équipage qui volent dans le même avion aient les mêmes conditions salariales et de travail» pour la même fonction, lisait-on dans ce tract, dénonçant un recours massif à des intérimaires.

«Que voulons-nous? Des contrats espagnols!», ont aussi crié à l'aéroport de Barcelone une trentaine de travailleurs, exigeant que Ryanair applique la loi des pays dans lesquels elle opère, alors que la compagnie entend n'appliquer que la législation irlandaise. «Nous n'avons pas de contrat d'ici, ça nous laisse sans protection, ils peuvent nous traiter comme ils veulent», expliquait amèrement une hôtesse de 22 ans, préférant n'être désignée que par ses initiales, R.M. «Le salaire est le même que celui d'autres compagnies low-cost mais ailleurs, au moins, ils sont bien traités», se plaignait-elle, en relevant que Ryanair ne fournit «même pas d'eau» gratuitement à ses hôtesses à bord.

Une de ses collègues, R.A., 26 ans, se plaignait de n'être «payée que pour les heures de vol» mais pas pour les heures passées à l'aéroport, notamment quand les retards allongent la journée. La grève a démarré «sans incidents» en Espagne, deuxième destination touristique au monde, a indiqué un représentant du syndicat USO-aérien, Ernesto Iglesias.

Le mouvement n'a cependant pas généré de grosses perturbations parce que le gouvernement avait imposé un service minimum, a souligné le syndicaliste, selon lequel «les seuls vols annulés en Espagne sont ceux que Ryanair avaient supprimés» dès la semaine dernière.

600 vols annulés

En haute saison touristique, la compagnie avait en effet pris les devants en annulant préventivement 600 vols à travers l'Europe. Selon elle, 100.000 passagers avaient été remboursés ou replacés sur d'autres vols.

En Belgique, 80% du personnel de cabine rattaché à l'aéroport de Bruxelles était en grève selon le syndicat CNE. Mais cette organisation disait craindre que Ryanair ne «casse la grève» et relevait qu'une liaison Bruxelles-Berlin avait été assurée avec un équipage allemand, l'Allemagne n'étant pas touchée par le mouvement.

Au Portugal, où un tiers des vols étaient annulés mercredi, des agents de l'inspection du travail étaient présents dans différents aéroports pour s'assurer que Ryanair n'aurait pas recours à des salariés d'autres bases européennes pour remplacer les grévistes, selon le Syndicat national du personnel de vol de l'aviation civile (SNPVAC). En Italie, la compagnie a fait état d'une «série de problèmes avec des vols, entraînant des annulations», sans en préciser le nombre.

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