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Une prime en échange de la paix sociale en Belgique
International 3 min. 06.05.2021
En Belgique

Une prime en échange de la paix sociale en Belgique

Après un 1er mai "tourmenté" et différents mouvements de protestation, la coalition Vivaldi veut apaiser les tensions sociales.
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Une prime en échange de la paix sociale en Belgique

Après un 1er mai "tourmenté" et différents mouvements de protestation, la coalition Vivaldi veut apaiser les tensions sociales.
Photo : AFP
International 3 min. 06.05.2021
En Belgique

Une prime en échange de la paix sociale en Belgique

Le gouvernement De Croo contourne la revalorisation des salaires en demandant aux entreprises bénéficiaires de récompenser leurs travailleurs.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) -Le gouvernement De Croo a trouvé, dans la nuit de mercredi à jeudi, un accord susceptible de lui épargner une vague de mouvements sociaux en pleine pandémie. Il demande aux entreprises qui ont gagné de l’argent durant la crise sanitaire de gratifier leurs ouvriers et employés.


Trade union members demonstrate at the Brucargo cargo department of Brussels airport, during a national 24 hours strike on March 29, 2021 in Steenokkerzeel. - The strike was called after negotiations for a new interprofessional agreement between employers and trade unions regarding wages failed. (Photo by ERIC LALMAND / various sources / AFP) / Belgium OUT
Succès pour la grève générale en Belgique
Ouvriers et employés du secteur privé se sont croisé les bras pour protester contre une marge salariale jugée trop étroite.

L'accord porte sur une prime de 500 euros qui serait accordée aux travailleurs en plus de l'augmentation salariale de 0,4%, norme légale que les syndicats exigeaient jusqu’ici de revoir à la hausse. Les critères d’octroi de cette prime restent toutefois flous, tout comme le niveau de bénéfice qu’aura dû atteindre une entreprise pour la verser.

Une augmentation du salaire minimum pourra être toutefois envisagée au cas par cas. Cette hausse pourrait être également obtenue à l’avenir moyennant des réductions d'impôts. Il n’est pas sûr que les syndicats qui avaient bandé les muscles le 1er mai se contenteront de cette prime à la rentabilité. L’annonce du gouvernement, dont les partis rappelons-le vont de la gauche à la droite, privilégie en effet les travailleurs des entreprises qui ont gagné de l’argent en dépit du confinement. Les syndicats réclamaient pour leur part un geste conséquent pour tous ceux qui ont été mobilisés durant la crise, parfois en étant exposés au virus en première ligne.

Dans le portefeuille des patrons

On se souvient aussi que les socialistes francophones et flamands, bien que membres de la coalition gouvernementale, avaient menacé de bloquer les dividendes des actionnaires si un accord n’était pas trouvé. La loi de 1996 sur la compétitivité prévoit la possibilité d’un tel mécanisme dans le secteur privé.

Mercredi, les partenaires de la coalition Vivaldi emmenée par le libéral flamand Alexander De Croo s’étaient cependant montrés impatients d’en finir. Seul, le Mouvement réformateur (libéral francophone) de Georges-Louis Bouchez voulait prendre le temps nécessaire de la discussion. Le monde patronal et indépendant constitue le cœur de son électorat.

Le gouvernement a pourtant rapidement choisi de privilégier la paix sociale, non le portefeuille des patrons. Une série d’entreprises ont fait de gros bénéfices pendant la crise et il lui paraît normal à ce stade qu’elles récompensent leurs travailleurs. Ce choix est un compromis : il y a quinze jours, la majorité gouvernementale avait prévu «la possibilité pour les interlocuteurs sociaux de négocier, dans les entreprises qui ont connu de bons résultats durant la crise, de façon ponctuelle, des augmentations exceptionnelles au-delà des 0,4 %».

Pour autant, le Mouvement réformateur de Bouchez n’a pas perdu la face puisqu’il avait demandé que, si prime était accordée en plus de l’augmentation salariale légale, son octroi se fasse par entreprise et non par secteur. Il était suivi par les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) qui avaient plaidé pour que seules les entreprises qui ont enregistré de bons résultats passent à la caisse.


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Ces «bons résultats» restent à définir. Les employeurs auront leur mot à dire et se montreront intransigeants tant qu’ils n’auront pas la certitude que la norme de 0,4% d’augmentation salariale est confirmée.

La gauche du gouvernement aura soin de son côté de revendiquer une prime pour le plus grand nombre. L’opposition communiste, qui ne s’est jamais aussi bien portée si l’on en croit les sondages, la maintient sur la sellette. Elle exige autre chose pour les travailleurs que le «pot de choco» reçu par les éboueurs de Bruges en récompense d’un travail qui s’est alourdi au cours des derniers mois, les Brugeois confinés produisant quelque 3.000 tonnes de déchets domestiques supplémentaires. 

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