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Les liaisons suspectes d’une commissaire gouvernementale
International 3 min. 13.07.2021
En Belgique

Les liaisons suspectes d’une commissaire gouvernementale

Le Premier ministre belge se trouve bien embarrassé par le rapport de la Sûreté de l'Etat.
En Belgique

Les liaisons suspectes d’une commissaire gouvernementale

Le Premier ministre belge se trouve bien embarrassé par le rapport de la Sûreté de l'Etat.
Photo : AFP
International 3 min. 13.07.2021
En Belgique

Les liaisons suspectes d’une commissaire gouvernementale

Des contacts étroits avec les Frères musulmans sont prêtés à Ishane Haouach au lendemain de la démission de la commissaire du gouvernement belge.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Ishane Haouach a-t-elle entretenu des contacts privilégiés avec les Frères musulmans, une mouvance radicale qui prône la loi islamique? La question n’est toujours pas tranchée, plusieurs jours après la démission de l’ex-commissaire du gouvernement que le parti Ecolo avait désignée auprès de l’Institut pour l'égalité des femmes et des hommes. 


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Le voile, qu’elle continuait à porter en dépit de cette nouvelle position, avait déclenché une violente polémique au motif qu’il contrevenait à la neutralité de l’Etat. Le Premier ministre Alexander De Croo avait dû en personne calmer le jeu. Vendredi pourtant, Ishane Haouach a rendu sa démission. «Ce contexte de défiance et de violence à mon égard rend impossible l’exercice de ma fonction de manière efficiente», a notamment écrit l’ex-commissaire dans une lettre adressée à la secrétaire d’État à l’Égalité des chances, Sarah Schlitz (Ecolo), qui l’avait nommée. 

Quelques jours auparavant, Ishane Haouach avait donné une interview au Soir dans laquelle elle affirmait en substance que la séparation de l'Eglise et de l'Etat devait évoluer avec la démographie. Des mots explosifs dans le contexte de la neutralité belge. Des mots susceptibles de réveiller les passions dans plusieurs communes bruxelloises où la communauté arabo-musulmane est en nombre. La commissaire du gouvernement avait ensuite déclaré avoir été mal comprise.

Les explications d’Ishane Haouach n’ont convaincu qu’à moitié. Selon Le Soir, Ishane Haouach aurait précipité sa démission en raison d’informations détenues par la Sûreté de l’Etat, lesquelles établiraient des liens éventuels entre l'ex-commissaire et les Frères musulmans.

Vrai ou faux? Ces affirmations ont obligé Alexander De Croo à se présenter devant les députés pour s’expliquer, mais le Premier ministre a refusé d’en dire davantage sur le contenu du rapport classifié de la Sûreté. Sarah Schlitz a pour sa part assuré que Ishane Haouach avait «les compétences requises pour la mission qu'on lui avait attribuée». Elle a invité les parlementaires « à la prudence quant aux conclusions qui ont été faites après les informations divulguées au sujet de la note de la Sûreté».


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Depuis, toutes les conjectures sont avancées. Ishane Haouach est-elle vraiment proche des Frères musulmans? Ou lui a-t-on fait un mauvais procès, le rapport des services de renseignement fuitant opportunément dans la presse au moment où elle était particulièrement fragilisée?

Selon plusieurs journaux qui ont pu consulter les grandes lignes du rapport de la Sûreté de l’Etat, Ishane Haouach a pu être en contact avec des Frères musulmans via son entourage, mais ne ferait pas partie de la confrérie. Elle aurait démissionné de son plein gré, sans subir de pression.

Rebond politique

L’affaire connaît son rebond politique. Face à la N-VA de Bart De Wever, Ecolo défend sa candidate malheureuse. «Il n’y a rien dans la note de la Sûreté, sinon vous auriez déjà porté plainte. Ce sont des insinuations. On fait des amalgames sur des 'on-dit'. Il y a de la volonté de nuire dans votre chef, je n’en doute pas», lance le chef du groupe écologiste Gilles Vanden Burre.

Une fois n’est pas coutume, le libéral francophone Georges-Louis Bouchez cherche pour sa part à éteindre l’incendie. Tout en invitant Ecolo à faire preuve de prudence, il déclare que l’affaire est close et que le travail de la majorité gouvernementale -  au sein de laquelle les deux partis travaillent - n’en souffrira pas.

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