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La Côte d’Opale séduit toujours plus de monde
International 3 min. 03.09.2021
En Belgique

La Côte d’Opale séduit toujours plus de monde

L'attrait pour les logements côtiers va-t-il être durable ou éphémère?
En Belgique

La Côte d’Opale séduit toujours plus de monde

L'attrait pour les logements côtiers va-t-il être durable ou éphémère?
Photo : VisitFlanders
International 3 min. 03.09.2021
En Belgique

La Côte d’Opale séduit toujours plus de monde

Le prix de l’immobilier et la beauté de la nature incitent les candidats acheteurs à délaisser la mer du Nord pour ce coin de France.

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - Le covid a poussé des milliers de citadins belges à déménager. Entassés dans leurs petits appartements, ils ont souvent vécu le premier confinement dans la douleur. Manque de place, manque d’intimité, manque d’espaces verts.


Brüssel in Gelb - Manneken Pis - Tour de France 2019 - Foto: Serge Waldbillig
Le tourisme belge en souffrance
L’absence des touristes intercontinentaux est durement ressentie dans certaines destinations de premier plan.

Lorsque les mesures anti-covid se sont assouplies une première fois durant l’été 2020, beaucoup d'entre eux se sont lancés dans l’acquisition d’une maison à la campagne ou à la mer. La demande a dépassé rapidement l’offre. Et les prix de l'immobilier ont grimpé partout, particulièrement à la Côte où il devient difficile de se loger.

Cette situation incite aujourd'hui un certain nombre de candidats propriétaires à se tourner vers la Côte d’Opale qui jouxte à l’ouest la frontière belge. Jusqu'ici, une telle démarche était surtout le fait d'acquéreurs de seconde résidence, de jeunes retraités ou de particuliers cherchant à investir. Mais le télétravail – qui devrait être davantage réglementé et institué dans les prochains mois – pourrait aussi amener une autre population dans ce beau coin de France. Une population plus jeune, désireuse de s’implanter durablement sur les bords de la Manche tout en continuant à travailler pour une entreprise belge ou étrangère.

Comment résister aux charmes du Cap Gris-Nez?
Comment résister aux charmes du Cap Gris-Nez?

La presse relaie régulièrement l’évolution de ce marché immobilier qui ne fait que croître et embellir. Entre la frontière belge et la baie de Somme, les promoteurs annoncent des prix qui oscillent entre 175.000 et 500.000 euros selon la qualité, la localisation et l’importance du bien. «Sur 70 appartements, 60 sont pour des acheteurs wallons et bruxellois», titre La Dernière Heure. Les Belges apprécient plus particulièrement les Deux-Caps (Blanc-Nez et Gris-Nez).

Une vaste incompréhension

Le covid et la frénésie de liberté qu’il a pu engendrer n’expliquent cependant pas tout. Restée pratiquement intacte en bien des endroits, la Côte d’Opale attire les amoureux de la nature là où la Côte belge est volontiers brocardée pour ses barres d’immeubles. Tel est le résultat du tourisme de masse qui, dès les années 60, a eu raison des grosses villas anglo-normandes du bord de mer.  Certaines localités, comme Knokke, ont par ailleurs choisi de réserver une partie de leur parc immobilier aux habitants de la commune qui en étaient jusque-là privés en raison de la spéculation.

Autre argument souvent entendu: les Belges francophones ne se sentent plus toujours bien accueillis sur les bords de la mer du Nord où leur mauvaise connaissance du néerlandais leur est reprochée. Les édiles locaux préfèrent généralement ne pas s’appesantir sur le sujet et évoquent une vaste incompréhension.

Récemment, dans les colonnes du Soir, le responsable de l’Office du tourisme de Flandre-Occidentale («Westtoer») a tout de même tenu à préciser que «tant que la Belgique restera unie, la côte s’appellera la Côte belge». Histoire de clouer le bec à ceux qui, dans un réflexe régionaliste, ont pris le parti de parler de la «Vlaamse Kust» (la Côte flamande) sans trop s’inquiéter de l’impact négatif qu’auraient leurs propos sur l'économie locale.

Il n’est pas certain que le récent exode des citadins belges vers la mer et la campagne soit définitif. Pour un urbain, vivre toute l’année dans les embruns de la mer du Nord ou la solitude d’un coin d’Ardenne peut vite tourner au désenchantement. D'aucuns parient donc déjà sur un retour en ville une fois que la vie normale aura repris complètement son cours, beaucoup dépendant évidemment de l’évolution de la pandémie. Il n’est pas impossible qu’il y ait alors de nouveau pléthore de biens sur le marché. Avec des prix solidement revus à la baisse.

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