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En attendant Paul Magnette
International 3 min. 18.09.2019

En attendant Paul Magnette

Paul Magnette devrait profiter de l'appel d’air au Parti socialiste né du retour d’Elio Di Rupo à la ministre-présidence wallonne.

En attendant Paul Magnette

Paul Magnette devrait profiter de l'appel d’air au Parti socialiste né du retour d’Elio Di Rupo à la ministre-présidence wallonne.
Photo: AFP
International 3 min. 18.09.2019

En attendant Paul Magnette

Sauf surprise, le «héros du Ceta» sera le prochain président du Parti socialiste belge francophone.L’actuel bourgmestre de Charleroi a déposé officiellement sa candidature.

Par Max Helleff (à Bruxelles)

Le retour d’Elio Di Rupo à la ministre-présidence wallonne crée un appel d’air au Parti socialiste. Sans surprise, le poste de président du PS devrait revenir à Paul Magnette. On voit mal à ce stade qui pourrait lui voler la vedette. Son CV plaide indubitablement en sa faveur. 

Paul Magnette a déjà été président du PS en 2013-2014. Dans l’arène politique, il a acquis une expérience communale, régionale et fédérale. Ce politologue de formation est aussi un spécialiste des affaires européennes – une dimension qui manque cruellement à Elio Di Rupo – . C’est Paul Magnette encore, alors ministre-président wallon, qui a déclaré en 2016 la guerre au Ceta, le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Son heure de gloire...


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A priori, Paul Magnette devrait retrouver un PS assaini. Les mois qui ont suivi les scandales Publifin et Samusocial ont vu plusieurs têtes tomber. Exit du Parti socialiste le Liégeois Stéphane Moreau et le Bruxellois Yvan Mayeur, tous deux au cœur de ces affaires. Le PS n’avait pas le choix: relégué dans l’opposition, il s’est mis en sourdine en priant pour que l’électeur oublie ses écarts lorsque viendrait le moment d’aller voter.

Une énième saga médiatique

Cette stratégie a plutôt bien fonctionné. Si le Parti socialiste est sorti affaibli du scrutin du 26 mai dernier, il reste néanmoins la première formation politique de Bruxelles et de Wallonie.

Mais en réalité, le danger est loin d’être écarté. Le scandale Publifin a refait surface depuis une semaine, prenant l’allure d’une énième saga médiatique où pointe à nouveau le PS. Pour résumer l’affaire en quelques mots, disons que Nethys (le bras opérationnel de l’intercommunale liégeoise Publifin) a vendu certains actifs (dont le câblodistributeur Voo) au fonds d’investissements américain Providence sans en informer le conseil d’administration de Publifin (aujourd’hui rebaptisé Enodia). 

L’affaire au cœur de laquelle on retrouve le businessman et ex-PS Stéphane Moreau se perd dans les méandres de la politique et des milieux d’affaires liégeois. Elle met à nouveau en lumière les dysfonctionnements d’une mécanique où l’on retrouve en bonne place le PS. Muriel Targnion, la présidente du CA d’Enodia, est socialiste.

Redynamiser les sections locales

Le moment, pourtant, n’est plus aux approximations. Un récent sondage montre que le PS s’affaisse à nouveau (22,9 % des intentions de vote contre 26,1 % des voix en mai), probablement parce qu’il a choisi de faire alliance avec les libéraux de Charles Michel pour gouverner la Région wallonne.

Tels sont les chantiers qui attendent Paul Magnette. Le Carolo devra en outre redynamiser les sections locales, en s’appuyant sur les fédérations du parti où il ne compte pas que des amis. En 2017, lors d’un congrès prônant le décumul des mandats, Magnette, partisan du décumul intégral, avait été désavoué par les mandataires locaux et les présidents de fédération.


PS chairman Elio Di Rupo delivers a speech at the participation congress of PS French-speaking socialists party after the announcement of a new regional government, on September 12, 2019, in Namur. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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Paul Magnette, c’est aussi un style. L’homme est flamboyant là où Elio Di Rupo a appris à présenter un masque de cire à l’adversité. Une telle attitude pourrait être un atout pour séduire la Flandre lors des négociations pour la formation du gouvernement fédéral. Pour Paul Magnette toutefois, le programme du PS reste inconciliable avec celui de la N-VA de Bart De Wever. 

«La position du PS est parfaitement stable», dit-il. «On n’a jamais mis de veto à la N-VA comme pour le Vlaams Belang, mais on ne voit pas comment on peut travailler avec eux, nous ne sommes d’accord sur rien.» Ambiance…


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