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En 2022, Bruxelles taxera les automobilistes
International 3 min. 07.12.2020

En 2022, Bruxelles taxera les automobilistes

Bruxelles, en termes de circulation, est trop souvent synonyme d'embouteillages et pollution.

En 2022, Bruxelles taxera les automobilistes

Bruxelles, en termes de circulation, est trop souvent synonyme d'embouteillages et pollution.
Photo : Getty Images
International 3 min. 07.12.2020

En 2022, Bruxelles taxera les automobilistes

Max HELLEFF
Max HELLEFF
A l'avenir, tout propriétaire d’une voiture devra payer une somme variable pour emprunter les rues de la capitale de l’Europe.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Bruxelles vient de faire un pas supplémentaire vers une nouvelle taxation sur l’usage de l’automobile, projet qui a engendré immédiatement le courroux de la Flandre et la Wallonie. Le dossier est à l’étude depuis plusieurs années déjà. Mais l’arrivée des écologistes au sein de la majorité politique qui gouverne la Région de Bruxelles-Capitale (la ville et ses alentours) semble cette fois lui donner le souffle nécessaire pour passer au stade de la réalisation.


Vehicles are stuck in a several kilometre-long traffic jam at Zagreb tollgate on July 13, 2019, as people go on holidays. - The country of 4.2 million is attracting nearly 19 million tourists every year, heading mostly to its stunning Adriatic coast. (Photo by Denis LOVROVIC / AFP)
Vers une taxation intelligente sur les routes bruxelloises
La capitale de l'Europe songe à taxer autrement les quatre-roues. Reste à convaincre la Wallonie et la Flandre du bien-fondé de son projet.

En Belgique, le propriétaire d’un véhicule doit payer une taxe de circulation d'un montant fixe, qu’importe s’il l’utilise intensément ou s’il le laisse dans son garage. Bruxelles veut renverser ce modèle et exiger de l’utilisateur une somme qui variera partiellement en fonction du nombre de kilomètres, de l’heure et de la puissance du véhicule. Le tout sera calculé par le réseau de caméras veillant déjà au respect de la zone de basse émission (laquelle exclut les vieux diesels) via l’enregistrement des plaques d’immatriculation.

Pour les habitants de la capitale, la taxe à l’immatriculation traditionnelle disparaîtra, tout comme la taxe de circulation -sauf pour les véhicules de luxe. Pour ceux qui ne fréquentent qu’épisodiquement les rues bruxelloises, il sera possible de disposer d’un pass payant à la journée. A priori, seuls les jours de semaine seraient payants jusqu’à 19h. La taxe ne serait en revanche perçue ni en soirée ni les week-ends. Certains points doivent encore être confirmés.

L’objectif poursuivi est clairement de pousser l’utilisateur à laisser sa voiture au parking. Des études ont démontré que s’il restreint l’usage de son véhicule de moitié, s’il utilise les transports en commun ou le vélo, et s’il s’en remet au télétravail, la taxe que le propriétaire d’une voiture aura à acquitter sera inférieure à l’actuelle. Le gouvernement bruxellois parie sur une entrée en vigueur de la nouvelle mesure dans le courant de l’année 2022.

Sources de tensions

Mais ce dispositif qui est censé apporter davantage de bien-être aux Bruxellois en les préservant de la pollution, des embouteillages et du bruit, est perçu comme une véritable déclaration de guerre en Flandre et en Wallonie. Chaque jour, 400.000 navetteurs flamands et wallons convergent vers la capitale, dont une importante partie à bord d’un véhicule à moteur thermique. A défaut d’un accord entre les Régions, ceux-là devront continuer à payer la taxe de circulation traditionnelle à laquelle s’ajoutera la nouvelle taxe bruxelloise.

Si le gouvernement de Bruxelles-Capitale affirme tout faire pour trouver un compromis avec ses voisins, Flamands et Wallons dénoncent au contraire un cavalier seul. « Je trouve qu’il est choquant, pour ne pas dire scandaleux, de proposer en pleine crise (sanitaire et économique) un nouveau système fiscal qui impacte très lourdement les ménages wallons, et particulièrement les 130.000 Wallonnes et Wallons qui se rendent quotidiennement à Bruxelles. Je n’ai pas l’intention de laisser passer ce projet qui est d’abord un nouveau prélèvement fiscal », affirme le ministre wallon de l’Économie Willy Borsus. Au nord du pays, les nationalistes sont vent debout et partent à la défense des «Flamands qui travaillent».

La ministre bruxelloise de la Mobilité, l’écologiste Elke Van Den Brandt, réplique qu’elle recherche activement la concertation avec la Flandre et la Wallonie. Aboutir à une solution équitable ne sera toutefois pas simple. Généralement soutenue par la Wallonie face à la Flandre, Bruxelles est en passe de faire l’unanimité contre elle par le truchement de la voiture.

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