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Elections en Grèce: Victoire du Syriza de Tsipras devant la droite
International 4 min. 20.09.2015 Cet article est archivé

Elections en Grèce: Victoire du Syriza de Tsipras devant la droite

Alexis Tsipras est le grand vainqueur de ces élections anticipées

Elections en Grèce: Victoire du Syriza de Tsipras devant la droite

Alexis Tsipras est le grand vainqueur de ces élections anticipées
AFP
International 4 min. 20.09.2015 Cet article est archivé

Elections en Grèce: Victoire du Syriza de Tsipras devant la droite

Le parti Syriza de gauche radicale d'Alexis Tsipras a remporté dimanche les élections anticipées en Grèce, avec un score de 33% à 35% des suffrages.

Le Premier ministre grec sortant Alexis Tsipras a gagné un nouveau pari électoral dimanche en menant son parti de gauche radicale Syriza au pouvoir pour la deuxième fois cette année, avec une victoire nette mais insuffisante sans doute pour gouverner seul.

Avec 36,32% des bulletins dépouillés, Syriza était crédité de 35,45% des voix contre 28,1% au parti de droite Nouvelle Démocratie (ND), soit une avance de plus de sept points.

Le dirigeant de ND, Vangelis Meïmarakis, a rapidement reconnu sa défaite "Il apparaît que le Syriza et M. Tsipras sont premiers, je le félicite", a-t-il déclaré à la télévision.

"Devant nous s'ouvre la voie du travail et des luttes", a tweeté pour sa part Alexis Tsipras, avant sa réaction officielle à la télévision.

Malgré une forte abstention (autour de 40%), les Grecs ont donc donné une deuxième chance à M. Tsipras, qui avait fait le pari de démissionner en août après avoir perdu sa majorité au parlement, en espérant obtenir un nouveau mandat plus solide, voire la majorité absolue.

Il est arrivé très souriant vers 17h00 GMT à son siège de campagne, dans le centre d'Athènes.

Remplacé à la tête du gouvernement par la présidente de la Cour suprême Vassiliki Thanou pendant ce mois de campagne, M. Tsipras avait défini dimanche son futur gouvernement comme "un gouvernement de combat", qui "continuera avec la même détermination, le même sens du sacrifice, à mener des batailles pour défendre les droits de notre peuple".

L'Europe attentive

Arrivé au pouvoir en janvier, dans un grand mouvement d'espoir d'un peuple épuisé par six ans de crise profonde, M. Tsipras, premier chef de gouvernement européen issu de la gauche radicale, avait démissionné sept mois plus tard après l'éclatement de sa majorité parlementaire lors du vote par les députés du troisième plan d'aide au pays par l'UE et le FMI en cinq ans.

M. Tsipras explique depuis avoir signé le plan comme un pis-aller, pour éviter au pays une sortie de l'euro.

Son retour au pouvoir sera suivi avec une attention particulière par les créanciers de la Grèce mais aussi par les dirigeants politiques européens.

Après des mois de tensions qui ont culminé avec l'organisation en juillet par M. Tsipras d'un référendum sur les propositions des créanciers et la victoire retentissante du "non", le jeune Premier ministre a finalement, bon gré mal gré, semblé accepter la mise en oeuvre du plan, tout en recherchant des marges de manoeuvre pour adoucir le sort de la population.

Le score obtenu par Syriza sera aussi scruté en Espagne, au Portugal et en Irlande, très touchés également par la crise, où se déroulent d'importantes élections dans les prochains mois.

Mais malgré l'avance dont il est crédité, M. Tsipras sera sans doute obligé de constituer de nouveau une coalition.

En effet, les premiers résultats officiels le créditaient de 145 sièges au parlement sur 300 (au lieu de 149 dans le parlement sortant).

S'ils se confirment, Alexis Tsipras pourrait reconstituer exactement la même alliance que lors de son premier mandat, avec les Grecs Indépendants (ANEL), un parti pourtant de droite souverainiste, mais avec lequel il s'est parfaitement entendu pendant sept mois. ANEL, qui jusqu'au bout n'a pas été sûr de revenir au parlement, compterait désormais 10 députés, contre 13 précédemment.

Coopération renouvelée avec ANEL?

Avec les députés d'ANEL, M. Tsipras disposerait donc d'une majorité absolue (155 sur 300).

S'il voulait encore la renforcer, il pourrait s'allier avec d'autres formations, comme le parti centriste To Potami ("la Rivière"), créé en 2014 par un ancien journaliste de télévision, Stavros Theodorakis, crédité de 10 sièges, ou le Pasok, le parti socialiste autrefois puissant, crédité de 17 sièges.

Vangelis Meïmarakis, 61 ans, parvenu à la tête de Nouvelle Démocratie il y a deux mois seulement, avait proposé "un gouvernement de coalition nationale", y compris avec Syriza.

Mais M. Tsipras, dont la fermeté semble avoir payé, avait sèchement refusé cette main tendue. Samedi, son ancien ministre des Finances Euclide Tsakalotos avait dit ne pas voir comment on pourrait faire changer la vie publique et combattre l'évasion fiscale en s'alliant à "des partis qui ont construit leur pouvoir politique sur le clientélisme".

Par ailleurs, à la faveur de la crise des migrants, le parti néonazi Aube dorée semblait, selon les résultats partiels, conforter sa place de troisième parti du pays, avec 7,19% et 19 députés (deux supplémentaires).

En revanche, Unité populaire, qui rassemble les députés dissidents du Syriza dont le vote en août a précipité ces législatives, resterait à la porte du Parlement.



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