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Elections en Grèce: Les six principaux protagonistes
International 7 min. 20.09.2015 Cet article est archivé

Elections en Grèce: Les six principaux protagonistes

Les urnes ont ouvert à 04h00 GMT et ferment à 16h00 GMT. Les premières estimations sont prévues à 18h00 GMT.

Elections en Grèce: Les six principaux protagonistes

Les urnes ont ouvert à 04h00 GMT et ferment à 16h00 GMT. Les premières estimations sont prévues à 18h00 GMT.
AFP
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Elections en Grèce: Les six principaux protagonistes

Deux premiers rôles, flanqués de trois arbitres présumés, et d'un pitre, se disputaient dimanche les votes d'électeurs grecs peu motivés, pour le troisième scrutin national de 2015 et le sixième depuis le début de la crise économique en 2010.

Gouvernement monocolore, de coalition autour de Syriza (gauche radicale) ou Nouvelle démocratie (droite), ou grand rassemblement d'union nationale? L'issue des élections législatives de ce dimanche en Grèce reste ouverte.

Voici les six principaux protagonistes de ces élections grecques.

 Alexis Tsipras
Alexis Tsipras
AFP
  •  Alexis Tsipras: benjamin de la vie politique à 41 ans, le charismatique et manoeuvrier leader de gauche radicale, propulsé au pouvoir en janvier par le rejet de l'austérité, veut incarner une Grèce nouvelle, sûre d'elle et débarrassée de ses archaïsmes clientélistes. Mais ce militant de toujours passé par les jeunesses communistes a dû se résigner, pour maintenir le pays dans l'euro, à passer sous les fourches caudines des créanciers UE et FMI, décevant les victimes de la crise et provoquant la scission de son parti Syriza. Démissionnaire en août pour forcer le scrutin, dont il attend une nouvelle légitimité et majorité parlementaire, il promet de tenir la barre à gauche et la dragée haute aux bailleurs de fonds, pour remettre le pays sur les rails d'une croissance plus juste.
Vangelis Meimarakis
Vangelis Meimarakis
AFP
  • Evangélos Meïmarakis: à 61 ans, dont 41 dans l'appareil du grand parti de droite Nouvelle démocratie, ce moustachu madré et chaleureux, au profil de Grec moyen, est la surprise de la campagne. Porté par défaut à la tête de la droite après la démission de son prédécesseur, Antonis Samaras, il a remis le cap au centre et s'est posé en rassembleur, au point de talonner en popularité M. Tsipras. Sans majorité absolue en vue, il appelle à une grande coalition avec Syriza même s'il arrivait en première place. Prônant stabilisation de l'économie, retour des investissements et "amélioration" du plan de redressement, il entretient toutefois le flou sur son programme, soucieux, dit-il, d'éviter les promesses intenables.
Panagiotis Lafazanis
Panagiotis Lafazanis
AFP
  •  Panayotis Lafazanis: tombeur du "camarade" Tspiras, l'ex-chef de l'aile gauche eurosceptique de Syriza, qu'il a quitté pour fonder Unité populaire, fait campagne sur le rejet du dernier accord avec les créanciers, jugé mortifère. Dans un spot de campagne, ce sexagénaire barbu prend un taxi pour l'Hôtel des monnaies, en forme de clin d'oeil pour dédramatiser le retour à la drachme, qu'il prône comme issue à la crise. Sa percée s'annonce limitée, autour de 3% selon les sondages, mais privera Syriza d'autant de voix.
Stavros Théodorakis
Stavros Théodorakis
  • Stavros Théodorakis: ancien animateur vedette d'une émission de télévision, ce quinquagénaire médiatique et alerte, fondateur en 2014 du parti To Potami, ambitionne d'être un faiseur de rois, plutôt, mais sans exclusive, en faveur de la droite. Résolument pro-européen et reçu à Bruxelles, ouvert à la société civile, il a durci le ton envers Syriza quand celui-ci a semblé remettre en cause l'ancrage du pays dans l'UE, et accuse M. Tsipras d'aventurisme et d'inexpérience. En pleine crise des réfugiés, il s'affirme partisan d'une ligne dure sur les questions migratoires.
Fofi Gennimata
Fofi Gennimata
  • Fofi Gennimata: à 50 ans, elle est la seule femme sur les rangs, portée en juin à la tête d'un parti socialiste (PASOK) en déroute, après avoir détenu plusieurs portefeuilles ministériels. Revendiquant l'héritage social de son père, figure du socialisme à la grecque des années 80, elle s'est assuré le soutien de dissidents proeuropéens de Syriza et a su fédérer son camp. Elle est pressentie par M. Tsipras comme possible recours pour la formation d'un gouvernement de coalition de gauche.
Vassilis Leventis
Vassilis Leventis
REUTERS
  • Vassilis Leventis: figure culte dans les années 90 pour d'interminables monologues de défense du sens commun sur des télés privées de troisième zone, ce sexagénaire pourrait siphonner suffisamment d'électeurs tentés par un vote sanction à droite et à gauche pour entrer enfin au parlement. Une revanche pour l'éternel perdant de plus d'une dizaine d'élections disputées à la tête de son parti Union des centristes.

Las de ces élections à répétition

A en croire les sondages, le résultat le plus probable est une avance de 0,7 à 3 points de Syriza, qui n'aurait pas la majorité absolue au Parlement et serait ainsi contraint de former un gouvernement de coalition, une tâche difficile, selon les analystes.

Son ancien partenaire gouvernemental, le petit parti souverainiste de droite des Grecs Indépendants Anel, risquant de ne pas atteindre le plancher de 3% des voix pour entrer au Parlement, Syriza devrait s'allier avec les socialistes du Pasok ou le centriste Potami.

Ayant a priori exclu une alliance avec Nouvelle Démocratie, Alexis Tsipras, 41 ans, a toutefois assuré vendredi lors du dernier meeting électoral à Athènes que la Grèce aura "un gouvernement stable et fort" au lendemain de l'élection, voulant dissiper ainsi les craintes d'un recours à un nouveau vote prochainement.

Car l'électorat est lassé des scrutins successifs - cinq depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010 -, d'une économie qui peine à redémarrer malgré trois prêts internationaux d'un total de quelque 330 milliards d'euros, et du chômage, le plus fort taux de la zone euro, à 25,2% fin juin.

'Coalition nationale'

A cela s'ajoute la déception d'un grand nombre d'électeurs, qui avaient cru en janvier "aux promesses d'Alexis", comme les Grecs appellent l'ex-Premier ministre.

Elu alors haut la main avec 36,3% des voix contre 27,8% pour la droite, Alexis Tsipras s'était engagé auprès de son électorat à "la fin de l'austérité".

La fragmentation de la gauche est un avantage pour Vangelis Meïmarakis, 61 ans, qui a réussi à rassembler et consolider son parti ces derniers mois.

Ancien ministre de la Défense, ce vétéran du parti conservateur, propose "un gouvernement de coalition nationale", y compris Syriza, pour faire "avancer la Grèce et stabiliser l'économie".

Mais il accuse le gouvernement Syriza "d'avoir été une expérience qui a coûté cher au pays", faisant allusion au contrôle des capitaux imposé au pays fin juin par la Banque centrale européenne (BCE).

Une mesure qualifiée "de chantage" par Alexis Tsipras, contraint d'accepter les nouvelles mesures de rigueur "pour éviter la sortie de la zone euro".

Mais ce bras de fer entre Syriza et l'Europe sert d'argument pour Vangelis Meïmarakis: "Connaissez-vous un autre Premier ministre qui ait conclu un accord, l'ait présenté au Parlement, ait voté en sa faveur, l'ait signé, tout en disant qu'il n'y croyait pas ?" a-t-il ironisé lors d'un entretien paru samedi dans l'hebdomadaire To Vima.

Le défi de l'abstention

Parmi les neuf partis censés entrer au Parlement, trois sont eurosceptiques. Le parti néonazi Aube dorée pourrait maintenir sa troisième place, crédité de jusqu'à 7% des voix malgré l'inculpation de sa direction pour appartenance à une organisation criminelle. Viennent ensuite le parti communiste KKE et le parti de l'Unité populaire des dissidents du Syriza.

L'abstention "pourrait atteindre 40%", selon Thomas Gerakis, dirigeant de l'institut de sondages Marc. Comme de nombreux analystes, il estime que la campagne électorale était "molle" et "brève".

Cela fait juste un mois qu'Alexis Tsipras a annoncé sa démission après avoir perdu sa majorité parlementaire lors d'un vote sur le nouveau plan de sauvetage du pays, ce qui a déclenché ces élections anticipées.

Le nombre d'indécis, 17%, selon les sondeurs, préoccupe les deux principaux rivaux. "Si tu ne votes pas, il n'y aura pas de miracle", proclame M. Tsipras sur Twitter, pour accompagner un dessin de lui en Jésus-Christ.

"Je ne comprends pas comment des Grecs pétris de logique et de démocratie peuvent gaspiller leur voix pour des groupes nazis et des groupes dont on ne sait pas comment ils vont coopérer", a indiqué Vangelis Meïmarakis, espérant conserver toutes les voix de droite.

Premières estimations à 18 heures

Alexis Tsipras évoque de son côté la nécessité d'un gouvernement de gauche "pour mieux négocier la question de la dette", le fardeau des finances publiques, qui pesait plus de 170% du PIB avant même le troisième plan d'aide.

Pour lui, la victoire du Syriza serait aussi "un message d'espoir et de changement en Europe".

Dimanche, les urnes ouvrent à 04h00 GMT et ferment à 16h00 GMT. Un sondage sortie des urnes est prévu à leur fermeture et les premières estimations sont prévues à 18h00 GMT.


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