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Electeurs cherchent Premier ministre
International 3 min. 14.02.2020

Electeurs cherchent Premier ministre

Les électeurs belges se détournent des urnes, faute d'efficacité du système politique.

Electeurs cherchent Premier ministre

Les électeurs belges se détournent des urnes, faute d'efficacité du système politique.
Photo : AFP
International 3 min. 14.02.2020

Electeurs cherchent Premier ministre

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Une candidate à la présidence du parti libéral flamand veut en finir avec le système électoral actuel. Et mettre l’Etat belge au régime.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - A défaut d’arriver à former un gouvernement, certains politiques belges ne manquent pas d’idées. La dernière en date a été émise par une candidate à la présidence de l’Open-Vld, le parti libéral flamand. Els Ampe souhaiterait modifier la loi électorale afin que le Premier ministre soit dorénavant élu directement par les citoyens.

La libérale flamande y voit la possibilité de gagner un temps précieux dans la confection d’un gouvernement. «Les gens vont voter autrement quand ils savent qu'il y a un Premier ministre à élire. L'avantage serait d'avoir aussi un Premier ministre qui peut fédérer tous les Belges car il sera élu d'Ostende à Arlon. Ce sont aux Belges de choisir. Il faut avoir des éléments fédérateurs pour la Belgique»,  a-t-elle répété sur Bel-RTL.

Cette proposition s’inscrit dans un courant critique bien connu. Il attribue le fossé séparant le citoyen de ses élus au système de coalitions qui préside traditionnellement à la création des gouvernements. Voter pour le gagnant d’une élection n’implique pas de facto que celui-ci se retrouvera aux commandes du pays. Résultat : les électeurs se découragent.

Au contraire, élire le Premier ministre aurait l’avantage de choisir l’homme avant de choisir son parti, à la manière de ce qui se fait dans certains régimes présidentiels. La messe serait dite une fois pour toutes.


Une coalition belge comme un miroir aux alouettes
La dernière proposition de coalition fédérale en date a omis d’intégrer Bruxelles et les Bruxellois. La riposte est cinglante, et la perspective de nouvelles élections se rapproche.

La libérale Els Ampe ne s’en tient pas là. Elle veut mettre l’Etat belge à la diète. «Il est temps que les libéraux soient de nouveau du côté des citoyens, déclare-t-elle. L'Open Vld (dernier nom en date du parti libéral flamand) a perdu son lien avec la base.» Ampe accuse au passage celle qu’elle entend remplacer –l’actuelle présidente Gwendolyn Rutten– et son entourage de faire partie d’une «d'une nouvelle noblesse, la noblesse d'État, aveugle à la baisse du pouvoir d'achat des citoyens ordinaires et endormie par ses propres privilèges».

Enfin, Els Ampe prend le contre-pied de son époque : plutôt que d’appeler à la décroissance, elle estime qu’une nouvelle règle ou une nouvelle loi ne peut ralentir la croissance. Elle souhaite encore que l'enseignement et l'administration soient exempts d'idéologie politique. Vaste chantier…

Des avancées engrangées

Ce style de cogneur n’est pas sans rappeler celui de Georges-Louis Bouchez, le Montois de 33 ans qui a succédé récemment à Charles Michel à la tête du Mouvement réformateur (libéral francophone). Un «gamin», mais qui peut déjà s’enorgueillir d’avoir tenu le rôle d’informateur royal chargé d’étudier les pistes qui pourraient mener à la future coalition gouvernementale.

Ce que certains appellent les «gesticulations» d’Els Ampe n’auraient probablement qu’un intérêt moyen si la campagne pour l’élection du nouveau président de l’Open-Vld  n’intervenait à l’heure où la Belgique désespère de se donner un nouveau gouvernement. Certaines avancées avaient pourtant été engrangées : les libéraux flamands de Gwendolyn Rutten étaient proches de signer avec les socialistes francophones de Paul Magnette pour une coalition "arc-en-ciel" (libéraux, socialistes, écologistes).

Encore plus complexe

Si cette alliance est restée lettre morte faute d’une majorité solide,  des liens ont malgré tout été noués entre ces partis de gauche et de droite.

L’arrivée à la tête de l’Open-Vld d’une figure comme Els Ampe pourrait rebattre en profondeur les cartes. Et rendre le jeu politique belge plus complexe encore. Un pas en avant, deux pas en arrière…


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