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Effondrement du viaduc à Gênes: une quarantaine de morts
Les secours à pied d'oeuvre mercredi matin pour tenter de retrouver des survivants après l'effondrement du pont Morandi.

Effondrement du viaduc à Gênes: une quarantaine de morts

AFP
Les secours à pied d'oeuvre mercredi matin pour tenter de retrouver des survivants après l'effondrement du pont Morandi.
International 12 4 min. 15.08.2018

Effondrement du viaduc à Gênes: une quarantaine de morts

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise à Gênes, dans le nord de l'Italie, après l'effondrement d'un pont autoroutier qui a fait au moins 39 morts et poussé le gouvernement à menacer la société autoroutière.

(AFP) -  Mercredi à la mi-journée, le bilan de la protection civile s'élevait à 39 morts confirmés et 15 blessés, dont une douzaine dans un état grave, ainsi que plusieurs disparus.  

C'est le drame de ce type le plus meurtrier survenu en Europe depuis 2001. Trois enfants âgés de 8 à 13 ans figurent parmi les victimes. Il y a également trois Français ainsi que trois Chiliens qui résidaient en Italie, selon les services diplomatiques des deux pays concernés. D'abord sous la pluie, puis de nuit et désormais sous le soleil, les sauveteurs luttent sans relâche pour tenter de trouver des survivants sous les débris. 

L'effondrement soudain et encore inexpliqué de cet ouvrage massif en béton des années 1960, appelé pont Morandi du nom de son concepteur, a précipité environ 35 voitures et quelques camions dans le vide d'une hauteur de 45 mètres. Le viaduc de 1,18 km de long, qui s'est effondré sur plus de 200 mètres, a été construit en grande partie en béton armé précontraint. Or dès ses premières décennies d'existence, l'ouvrage a fait l'objet de travaux de maintenance importants liés en particulier à la dégradation du béton, accentué par les vibrations du trafic. 

Francesco Bucchieri, 62 ans, observait mercredi le désastre, incrédule. «Je n'arrive pas à me dire que tout cela est réel, j'ai encore l'impression que nous sommes dans un film». «Il y a eu des négligences. Ils ont sous-évalué le danger, ces morts étaient annoncées. Il faut trouver les coupables. C'est un scandale!», s'insurgeait-il. «Il ne s'agit pas d'une fatalité, mais d'une erreur humaine», a déclaré sur les lieux le procureur de Gênes, Francesco Cozzi, s'exprimant avant même les résultats de l'enquête. 

Haro sur la société autoroutière

Le nouveau gouvernement populiste italien est passé à l'attaque mercredi en promettant de traquer les responsables du drame et en pointant du doigt la société gérant l'autoroute, Autostrade per l'Italia. Le ministre des Infrastructures et des Transports, Danilo Toninelli, a appelé ses dirigeants à démissionner et a annoncé avoir lancé une procédure en vue d'une éventuelle révocation de toutes les concessions de cette société qui gère l'essentiel des 6.000 km d'autoroute du pays. 

Pour Luigi Di Maio, vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste), le pont «ne s'est pas écroulé par fatalité mais parce que la maintenance n'a pas été faite». «Pendant des années on a dit que faire gérer les autoroutes par des privés était mieux que par l'Etat. Maintenant on a l'un des plus grands concessionnaires européens qui nous dit que ce pont était en sécurité», a dénoncé M. Di Maio, qui s'est rendu sur les lieux à la mi-journée. 

«La révocation des concessions est un minimum», a pour sa part lancé Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) et lui aussi vice-Premier ministre, attendu à Gênes dans l'après-midi. Selon la société italienne des autoroutes, «des travaux de consolidation étaient en cours sur la base du viaduc», qui faisait l'objet «d'activités constantes d'observation et de vigilance». 

Mardi soir, le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, avait annoncé un plan extraordinaire de contrôle des infrastructures. L'autoroute A10, dite «autoroute des fleurs», relie Gênes à Vintimille, à la frontière française. En raison du relief très accidenté de la région, entre mer et montagne, son parcours est jalonné de longs viaducs et de tunnels.

«On ne perd pas l'espoir» 

Mercredi, des équipes de pompiers - 400 ont pris part aux opérations depuis hier - s'affairent toujours dans les décombres, avec l'aide de chiens et de pelleteuses. Deux grandes grues jaunes et noires sont arrivées dans la nuit pour aider à dégager les plus gros blocs de béton. «On ne perd pas l'espoir de retrouver des survivants», confiait au petit matin Emanuele Gissi, commandant adjoint des pompiers de la région Piémont. «C'est une phase difficile pour tous parce que nous sommes arrivés à un nombre de victimes très élevé (...). 

Il reste évidemment l'espoir pour les secouristes de retrouver quelques survivants mais plus le temps passe, plus c'est difficile», a déclaré à l'AFP Riccardo Sciuto, commandant des carabiniers de la Province de Gênes. Selon la protection civile italienne, en comptant tous les personnels impliqués (pompiers, policiers, Croix-Rouge...), les secours ont mobilisé un millier de personnes. Le drame s'était déroulé mardi en toute fin de matinée, sous une pluie battante, dans un énorme grondement qui avait fait craindre aux riverains un tremblement de terre. 

Une partie du viaduc restait suspendue mercredi sur plusieurs dizaines de mètres au-dessus d'imposants immeubles d'habitation roses et jaunes du quartier de Sampierdarena. Leurs habitants, malgré leurs protestations, ont été évacués mardi, de peur que ce morceau du pont Morandi ne cède lui aussi. Le pape François a évoqué la «tragédie» et exprimé son soutien aux victimes, devant des milliers de fidèles réunis sur la place Saint-Pierre à Rome à l'occasion de la fête catholique de l'Assomption.  


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