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Bruxelles veut ouvrir sa «salle de shoot»
International 3 min. 05.07.2021
Drogues

Bruxelles veut ouvrir sa «salle de shoot»

La Ville de Bruxelles entend mettre 1,7 million d'euros dans ce premier équipement du genre dans la capitale.
Drogues

Bruxelles veut ouvrir sa «salle de shoot»

La Ville de Bruxelles entend mettre 1,7 million d'euros dans ce premier équipement du genre dans la capitale.
International 3 min. 05.07.2021
Drogues

Bruxelles veut ouvrir sa «salle de shoot»

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La capitale belge veut briser le cycle infernal de la dépendance en offrant écoute et hygiène aux toxicomanes. Un point sur lequel Luxembourg l'a largement devancée.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Après Liège, Bruxelles va ouvrir une ''salle de shoot'' à la fin de l’année. Elle se situera quartier Lemmonier, dans le centre de la capitale. Cinq places assises pour l’injection et cinq autres pour l’inhalation seront ouvertes cinq jours sur sept, de 10 à 18 heures. Les horaires pourront varier selon l’affluence.


Illustration, online.fr, Abrigado, Zelten in der Wiese von CFL Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
L'avenir de l'Abrigado se dessine à un horizon lointain
Si l'idée d'un potentiel déménagement du site de la route de Thionville a été évoquée début mars, en même temps que la mise en place d'une structure dédiée uniquement aux femmes, aucune échéance de concrétisation n'est avancée à ce stade.

«Le tout au répressif ne marche pas. Nous voulons offrir aux toxicomanes un cadre sanitaire sain et un accompagnement social. L’idée,  c’est de sortir les toxicomanes du champ visuel public, sans les «invisibiliser», explique le bourgmestre de Bruxelles-Ville, le socialiste Philippe Close. L’objectif est également de «casser le schéma» de la dépendance en recourant au dialogue. La création de deux autres centres est en gestation.

Bruxelles s’aligne ainsi sur les autres villes européennes qui disposent déjà d’une telle infrastructure. Le centre sera géré par l’ASBL Transit, en collaboration avec des institutions et des associations à caractère social. Le budget initial est de 1,7 million d’euros. Deux conditions pour avoir accès à la ''salle de shoot'' : être majeur et avoir une consommation problématique. Le «client» type devra être captif des stupéfiants, prisonnier de la nécessité permanente de trouver de l’argent pour assurer sa consommation.

Santé et sécurité

Le bourgmestre Close insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de faire la promotion de la drogue. Celle-ci n’est pas fournie, contrairement au matériel et aux espaces ad hoc pour inhaler ou s’injecter les produits stupéfiants. Sont également prévues la distribution de kits d'injection, l’analyse des drogues de synthèse, la mise à disposition de seringues propres,  etc. Le personnel médical contrôlera l’état de santé des usagers avant et après la prise.

«Nous avons prévu une permanence médicale, assurée par un généraliste, explique une cheville ouvrière du projet dans les colonnes du Soir. Généralement, ce type de public n’y a pas accès. Là, il sera à proximité directe, il pourra aussi voir s’il est possible de commencer un traitement de substitution, qui aide à stabiliser les personnes pour qu’elles récupèrent du temps et de l’énergie à faire autre chose que chercher leur dose. On va donc chercher à capter la personne quand elle en a, en fait, le plus besoin.»


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Le texte qui institue la création de la "salle de shoot" est porté par tous les partis au pouvoir en région bruxelloise. Ses auteurs estiment que les stratégies traditionnelles de prise en charge de la toxicomanie ont montré leurs limites. 

Pour l’Ecolo Zoé Genot, il était nécessaire de créer une infrastructure qui assure la qualité des services proposés tout en protégeant le personnel d'accompagnement. Bruxelles, qui s’est donné un vaste piétonnier dans son hypercentre, doit aussi rétablir le sentiment de sécurité qui manque parfois à l’endroit. 

En mai 2018, le parlement wallon avait pour sa part approuvé une résolution élaborant une ambition semblable à celle de la capitale, avec l’objectif de réduire les risques liés aux assuétudes et à la toxicomanie dans les grandes villes de la région. 

C’est aussi en 2018 qu’avait été ouverte la ''salle de shoot'' de Liège. Il fallait agir: en pleine ville, des drogués n’hésitaient plus à se piquer au vu et au su de tous. Les confinements sanitaires à répétition ont toutefois réduit l’affluence dans ce centre, la mendicité ne rapportant plus rien. Mais psychologues et soignants s’attendent à ce que la consommation de certaines drogues reprenne de plus belle à la faveur du déconfinement.

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