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Didier Reynders accumule les déboires
International 3 min. 01.10.2019 Cet article est archivé

Didier Reynders accumule les déboires

En Belgique, Didier Reynders se fait étriller sur les réseaux sociaux.

Didier Reynders accumule les déboires

En Belgique, Didier Reynders se fait étriller sur les réseaux sociaux.
Photo: Anouk Antony
International 3 min. 01.10.2019 Cet article est archivé

Didier Reynders accumule les déboires

Le candidat belge à la Commission européenne est cette fois accusé de menaces de mort et harcèlement. Le nom de l'ancien ministre a déjà été cité dans des dossiers financiers et fiscaux délicats pour lesquels il vient tout juste d'être blanchi.

 MAX HELLEFF (Bruxelles) - Le répit aura été de courte durée. Lundi, plainte a été déposée devant le Parquet fédéral contre Didier Reynders, le ministre des Affaires étrangères et de la Défense sortant. Cette fois pour «menaces de mort et harcèlement». L’accusateur n’est autre que Nicolas Ullens de Schooten, l’agent de la Sûreté de l’Etat démissionnaire qui avait déjà fait une déposition en avril contre le libéral francophone. 

Ces allégations sont rendues publiques alors que, ce mercredi, le candidat belge à la Commission européenne passe son audition devant les eurodéputés. A l'instar de ce que fait le Luxembourgeois, Nicolas Schmit (LSAP) ce mardi matin.


Nouvelle attaque contre Didier Reynders
Un ex-agent de la Sûreté réitère ses accusations contre le candidat belge à la Commission européenne sans apporter de preuves.

Que veut Nicolas Ullens de Schooten? Empêcher l’accession de Didier Reynders au poste de commissaire européen au motif que celui qu’il surnomme «Al Capone» n’est pas digne d’accéder à une telle fonction. 

Cet objectif, l’ex-agent de la Sûreté l’avait confié sans détour à une poignée de journalistes le 18 septembre dernier. Nicolas Ullens de Schooten accusait alors Didier Reynders et son conseiller, Jean-Claude Fontinoy, de corruption et blanchiment d’argent.

Pas découragé

Vendredi toutefois, le parquet de Bruxelles a classé sans suite l’information judiciaire préliminaire ouverte en avril. «Étant donné l’absence d’infraction», a expliqué Me Didier Matray, l’avocat du ministre libéral francophone.

Le classement de l’affaire n’a toutefois pas découragé Nicolas Ullens de Schooten.  Par l’intermédiaire de son avocat, il a porté plainte lundi matin auprès du parquet fédéral pour «menaces de mort et harcèlement» dans l’exercice de ses anciennes fonctions d’agent de la Sûreté. 

18 rapports déposés

Ces «menaces» auraient été proférées à l’époque où il enquêtait sur les faits de corruption qu’il dénonce aujourd’hui. Les noms de Didier Reynders et de Jean-Claude Fontinoy sont à nouveau cités, aux côtés de celui  d’un ancien supérieur hiérarchique à la Sûreté.

Précision importante: jamais l’ex-agent de la Sûreté n’a apporté la moindre preuve de ce qu’il avance. Mais cette fois, il a déposé auprès du Parquet fédéral des documents dont ne disposait pas le magistrat qui a classé le précédent dossier sans suite. Dont 18 rapports de la Sûreté de l’État datés de 2009 à 2015.

Au plus mauvais moment

Impossible de dire pour l’heure ce que ces dossiers contiennent. Cinq de ces documents ont cependant fuité au cours des dernières semaines dans la presse, sans qu’elle ne juge bon d’en faire ses choux gras. 

Il reste que pour Didier Reynders, ce rebond tombe au plus mauvais moment. Les eurodéputés pourraient se montrer sévères avec le Belge qui, bien que cité plusieurs fois dans des dossiers financiers et fiscaux délicats (Kazakhgate, ambassade de Kinshasa, fonds libyens gelés), n’a jamais été inquiété. Et qui, rappelons-le, a été blanchi quelques jours avant l’audition de ce mercredi.

Justice complice

«Ce classement sans suite soudain, à trois jours de l’audition de Monsieur Reynders au Parlement européen, a de quoi surprendre», a souligné Alexis Deswaef, l’avocat d’Ullens de Schooten. Celui-ci dit avoir reçu précisément trois jours plus tôt l’assurance que le dossier était toujours traité. Il avait en outre prévenu le parquet que son client se tenait à disposition pour transmettre de nouveaux documents.


La nouvelle Commission européenne révélée
La présidente Ursula von der Leyen a présenté son équipe ce mardi midi. Les 26 membres de son équipe ont chacun hérité d'un portefeuille précis, au terme de négociations difficiles.

Lundi, les réseaux sociaux n’ont eu de cesse d’étriller Didier Reynders, voyant en la Justice un complice de l’exécutif, un pouvoir incapable de faire tomber de son piédestal un homme aussi puissant.

Le parquet de Bruxelles n’a pas souhaité commenter le classement sans suite de l’affaire. Il assure que cette décision n’a rien à voir avec le calendrier politique européen. 


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