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Di Rupo se profile à la présidence wallonne
International 3 min. 01.08.2019

Di Rupo se profile à la présidence wallonne

Si en décembre, Elio Di Rupo a quitté le maïorat de Mons, c'est bien pour être libre pour prendre une éventuelle présidence de la région wallonne.

Di Rupo se profile à la présidence wallonne

Si en décembre, Elio Di Rupo a quitté le maïorat de Mons, c'est bien pour être libre pour prendre une éventuelle présidence de la région wallonne.
Photo: AFP
International 3 min. 01.08.2019

Di Rupo se profile à la présidence wallonne

L’ex-Premier ministre socialiste belge paraît décidément inoxydable. A 68 ans, il pourrait reprendre les rênes de la Wallonie. Une hypothèse que semblent confirmer bien des indices.

Max HELLEFF (Bruxelles) - Le prochain gouvernement wallon n’en est encore qu’au stade de la gestation. Pendant les semaines qui ont suivi les élections du 26 mai, socialistes et écologistes ont espéré s’allier les humanistes du CDH et/ou les communistes du PTB avec l’espoir de former une majorité au Parlement régional. En désespoir de cause, ils se sont tournés vers les libéraux de Charles Michel. Mais les négociations sont toujours en cours.


Le parti socialiste d’Elio Di Rupo et les écologistes de Jean-Marc Nollet ont fait cause commune. En vain pour l'heure.
Le «coquelicot» wallon s'est fané
Faute d'avoir réussi à débaucher des soutiens dans les autres partis, socialistes et écologistes sont condamnés à s'allier aux libéraux.

L'actuel président du parti socialiste, Elio Di Rupo, joue ici les formateurs. Rien de plus normal puisque, même en recul dans les urnes, le PS reste la première formation politique wallonne. Ce rôle aurait toutefois pu revenir à Paul Magnette, ex-ministre-président wallon lui aussi et qui ronge son frein au maïorat de Charleroi depuis deux ans.

Magnette, à contrecœur

En diverses occasions, Paul Magnette a fait comprendre qu’il n’était pas d’accord avec les prises de position affichées par son chef de file. Ce fut vrai notamment sur l’opportunité de négocier avec la N-VA nationaliste flamande pour la formation du prochain gouvernement fédéral. Ce qui est un «non» catégorique chez Magnette fut longtemps un «non, mais…» chez Di Rupo.

Paul Magnette s’est par ailleurs effacé à contrecœur devant son leader lors de la dernière campagne électorale. Il n’a eu d’autre choix que de se lancer dans la course aux européennes… tout en annonçant qu’il ne siégerait pas à Strasbourg.

Dix jours de pause

La rivalité entre les deux hommes est toutefois restée le plus souvent silencieuse. Particulièrement en un temps où, le PS embourbé dans les scandales à répétition, la présidence d’Elio Di Rupo était de toute évidence menacée par la génération montante.

Quoi qu’il en soit, Di Rupo prend son rôle de formateur très à cœur. Pendant que les négociateurs s’offriront quelques jours de vacances, a-t-il confié mercredi à l’agence Belga, il va «mettre à profit ces dix jours d’intermède pour rédiger une note de base préalable à l’élaboration des prochaines déclarations de politique régionale et communautaire».

 

Paul Magnette reste le principal concurrent face à Di Rupo. Il avait déjà eu les commandes de la Wallonie en 2014.
Paul Magnette reste le principal concurrent face à Di Rupo. Il avait déjà eu les commandes de la Wallonie en 2014.
Photo: AFP

 Cette posture de gardien du temple place Elio Di Rupo en position idéale pour exiger un troisième mandat de ministre-président wallon. Sachant qu'en 2014, le poste était revenu à Paul Magnette.  Ce dernier pourrait ainsi reprendre la présidence du parti socialiste, rôle qu’il exerça en 2013-2014, et lui imprimer une ligne plus à gauche. 

Quant au socialiste liégeois Jean-Claude Marcourt qui convoite lui aussi la Wallonie (et reste jusqu’à preuve du contraire le favori), il en serait pour ses frais.

Main tendue aux libéraux

Pour mieux réinvestir la fonction, Elio Di Rupo a fermé plusieurs portes derrière lui. En décembre dernier, il a remis le maïorat de Mons. Il pourra ainsi pleinement assumer la ministre-présidence wallonne si besoin, avec la perspective de continuer à peser sur la politique belge depuis Namur.

Le prochain socialiste à prendre les rênes de la Wallonie devra comme ses prédécesseurs s’attacher à son redressement. Presque une rengaine… Mais comment concilier socialisme et économie de marché? «J’ai le cœur qui saigne», avait déclaré Elio Di Rupo en 2015 lorsqu’on lui demandait de s’expliquer sur l’exclusion d’une certaine catégorie de chômeurs décidée alors que, au fédéral, il était Premier ministre. En réponse, il avait imputé cette mesure aux libéraux. C’est pourtant avec eux qu’il s’apprête à nouveau à collaborer.


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