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Dewael et Laruelle prolongés dans leur mission
International 3 min. 10.03.2020 Cet article est archivé

Dewael et Laruelle prolongés dans leur mission

La ministre de la Santé, Maggie De Block, fait plus la Une de l'actualité que les deux formateurs.

Dewael et Laruelle prolongés dans leur mission

La ministre de la Santé, Maggie De Block, fait plus la Une de l'actualité que les deux formateurs.
AFP
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Dewael et Laruelle prolongés dans leur mission

Max HELLEFF
Max HELLEFF
En Belgique, les deux libéraux ont une semaine de plus pour tenter de trouver une solution pour un nouveau gouvernement.

Par notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - A juger du peu de place que lui a accordé la presse belge ce week-end, le rendez-vous pris lundi par Sabine Laruelle et Patrick Dewael avec le roi Philippe manquait assurément d’intérêt. L’épidémie de coronavirus retient toutes les attentions et rien n’indiquait avant cette réunion que les deux libéraux allaient réussir là où leurs prédécesseurs ont échoué: bâtir une coalition qui donnerait au pays un gouvernement de plein droit, près de 300 jours après les élections du 26 mai dernier. 

Sans grande surprise, le souverain a décidé de laisser à nouveau du temps au temps. Patrick Dewael et Sabine Laruelle ont été chargés de poursuivre leur mission. Le palais précise qu'ils doivent continuer à prendre les initiatives nécessaires en vue de la mise sur pied «rapide» d’un gouvernement qui «s’attellera en priorité à répondre aux problèmes urgents» du pays. Le rapport final est attendu au plus tard lundi prochain. 

C’est la sixième mission du genre à tenter de jeter les bases d’un gouvernement fédéral. Pas moins de neuf personnalités politiques, issues de la gauche comme de la droite, s’y sont frottées à ce jour. 

En arrivant aux marches du palais royal ce lundi, le duo Dewael-Laruelle avait toutefois une autre carte à jouer: un gouvernement d’urgence qui s’attaquerait aux dossiers les plus pressants (coronavirus, gestion du déficit public, migration…). L’idée, lancée dès l’automne dernier par le socialiste Paul Magnette, a fait son petit bonhomme de chemin en raison de la dégradation de la situation nationale et internationale.

Toujours sans la N-VA

En fin de semaine dernière toutefois, l’agence Belga écrivait que le duo Dewael-Laruelle voudrait réunir les présidents de parti susceptibles de participer à une coalition baptisée «Vivaldi» (libéraux, socialistes et verts du nord et du sud du pays, auxquels s’ajouteraient les chrétiens-démocrates flamands) autour d’une «note cadre» comportant quelques grands chapitres: le socio-économique, le budgétaire, les questions éthiques, la réforme de l’Etat. Bref, en revenir à des négociations déjà anciennes.

Du reste, les termes de l’équation demeurent les mêmes. Pour former une coalition qui n’inclura pas la N-VA de Bart De Wever et disposera d’une majorité à la Chambre, il faut convaincre le parti chrétien-démocrate flamand (CD&V) de monter à bord. Or celui-ci exige que le prochain gouvernement ait la majorité dans les deux groupes linguistiques, ce qui impose de facto la présence de la N-VA côté flamand. Il souhaite aussi que la loi réformant l’avortement en assouplissant ses conditions ne soit pas votée. Le CD&V voudrait encore s’attribuer le mérite d’une nouvelle réforme de l’Etat qui donnerait davantage d’autonomie à la Flandre, réussissant là où la N-VA a échoué.

L'on reparle de cogestion

Un pont pourrait être ici tendu avec le parti socialiste de Paul Magnette qui veut «moderniser l’Etat» mais sans toucher à la sécurité sociale.

En revanche, on voit mal comment les thèses chrétiennes-démocrates flamandes pourraient passer la rampe en ce qui concerne Bruxelles. Le CD&V entend en effet revenir à une cogestion de la capitale par la Flandre et la Wallonie, au risque de nier l'autonomie bruxelloise désormais gravée dans le marbre. Ce «modèle à l’ancienne», mort avec la sixième réforme de l’Etat conclue en 2011, fait figure de retour en arrière pour les francophones.

Ce week-end, près des deux tiers des militants du CD&V ont appuyé leur parti à la faveur d’un sondage express. Ils exigent eux aussi la présence de la N-VA dans le futur gouvernement, un parti dont ni le PS, ni Ecolo ne veulent. Pas davantage aujourd’hui qu’hier. 


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