Changer d'édition

Des milliers de personnes se donnent la main pour le climat à Paris
International 3 min. 29.11.2015 Cet article est archivé
Cop21

Des milliers de personnes se donnent la main pour le climat à Paris

Beaucoup de ceux qui n'ont pas pu défiler dimanche avaient déposé plus tôt dans la matinée des milliers de chaussures place de la République: chaussons de bambins, bottes remplies de fleurs ou baskets accompagnées d'un mot pour la planète
Cop21

Des milliers de personnes se donnent la main pour le climat à Paris

Beaucoup de ceux qui n'ont pas pu défiler dimanche avaient déposé plus tôt dans la matinée des milliers de chaussures place de la République: chaussons de bambins, bottes remplies de fleurs ou baskets accompagnées d'un mot pour la planète
REUTERS
International 3 min. 29.11.2015 Cet article est archivé
Cop21

Des milliers de personnes se donnent la main pour le climat à Paris

Faute de pouvoir protester avec leurs pieds, ils l'ont fait avec leurs mains: plusieurs milliers de personnes ont participé dimanche à une chaîne humaine pour le climat à Paris, à la veille de la COP21. Une manifestation qui a connu des affrontements avec la police.

"Même pas peur, ni des terroristes, ni des multinationales", clame une pancarte accrochée au cou d'une femme, sur un boulevard de l'Est parisien où avaient défilé le 11 janvier plus de 1,5 million de personnes, dont une cinquantaine de dirigeants étrangers autour du président François Hollande, après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher.

Dimanche en revanche, la marche pour le climat n'a pas été autorisée en raison de l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre. A la place, les organisations Attac et Alternatiba ont proposé une chaîne humaine sur le trottoir, entre les stations de métro Oberkampf et Nation. Cette opération n'était "ni autorisée, ni interdite" selon les organisateurs, qui ont annoncé plus de 10.000 participants, tandis que la préfecture de police en recensait 4.500.

Des échauffourées ont éclaté dimanche à Paris entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont répliqué à des jets de projectiles de manifestants «Anticop21».
Des échauffourées ont éclaté dimanche à Paris entre les manifestants et les forces de l'ordre qui ont répliqué à des jets de projectiles de manifestants «Anticop21».
REUTERS

"Il faut mettre une pression publique sur les dirigeants. On a été très déçus de l'annulation de la manifestation mais c'est une bonne alternative pour se mobiliser", estime Aude, 29 ans, venue avec deux amies, comme elle chercheuses en sciences et vie de la terre.

Quentin vient lui de finir ses études en changement climatique et cherche un emploi. "Malheureusement, mon avenir est assuré", soupire-t-il.

Pour Léo, étudiant en philosophie à Nanterre, 21 ans, "cette chaîne humaine, c'est un contre-pouvoir citoyen à la conférence officielle qui sera contre-productive car elle est faite avec des industriels dont les intérêts sont contraires à l'écologie".

Un homme et une femme arborant le bonnet du père Noël interpellent ironiquement les passants: "il est où, le marché de Noël ?", pointant cette opération commerciale qui, elle, reste autorisée.

Anges et pingouins 

L'interdiction de manifester n'a pas empêché les militants associatifs ou simples citoyens venus de Paris, Belgique, États-Unis ou Allemagne de s'exprimer, avec une profusion de pancartes et banderoles: "Changeons le système, pas le climat", "ils exploitent, ils polluent, ils profitent! L'urgence est sociale et climatique".

"Nous sommes là pour demander au président Obama d'en faire davantage" en termes de réduction d'émission de gaz à effet de serre, explique Kassie, venue des États-Unis avec plusieurs camarades du Centre pour la diversité biologique.

Certains manifestants sont déguisés, en ange ou en pingouin. D'autres ont apposé des parapluies avec des fleurs brodées sur des vélos, enjoignant "faites une fleur au climat". D'autres encore veulent attirer l'attention sur ceux qui souffrent déjà du dérèglement climatique, comme cette jeune fille arborant une photo d'une famille avec de l'eau jusqu'à la taille.

Beaucoup de ceux qui n'ont pas pu défiler dimanche avaient déposé plus tôt dans la matinée des milliers de chaussures place de la République: chaussons de bambins, bottes remplies de fleurs ou baskets accompagnées d'un mot pour la planète.

Une conservatrice de bibliothèque explique s'être jointe à la chaîne humaine pas uniquement pour le climat, mais aussi à cause des attentats, faute d'avoir pu se rassembler auparavant en raison de l'état d'urgence.

"Elle est à qui la rue ? Elle est à nous!", hurle un homme au moment de la dispersion, à proximité d'une forte présence policière postée devant le Bataclan, où 90 personnes ont été tuées par les jihadistes le 13 novembre.

Si la chaîne humaine s'est déroulée sans incident selon la police, des échauffourées ont éclaté plus tard dans l'après-midi place de la République entre des militants radicaux décidés à braver l'interdiction de manifester et les forces de l'ordre.


Sur le même sujet

Les policiers ont procédé dimanche à 208 interpellations, dont 174 se sont soldées par des gardes à vue, après un rassemblement émaillé de violences place de la République à Paris, à la veille de l'ouverture de la COP21.
French CRS riot police remove debris after clashes with demonstrators at Place de la Republique after the cancellation of a planned climate march following shootings in the French capital, ahead of the World Climate Change Conference 2015 (COP21), in Paris, France, November 29, 2015. REUTERS/Benoit Tessier