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Des jours cruciaux s'annoncent en Belgique
International 3 min. 31.03.2020

Des jours cruciaux s'annoncent en Belgique

Des masques de plongée ont été détournés de leur usage habituel pour servir d’aide à la respiration ou pour protéger les soignants.

Des jours cruciaux s'annoncent en Belgique

Des masques de plongée ont été détournés de leur usage habituel pour servir d’aide à la respiration ou pour protéger les soignants.
Photo: AFP
International 3 min. 31.03.2020

Des jours cruciaux s'annoncent en Belgique

L’épidémie de covid-19 devrait porter les unités de soins intensifs au seuil de saturation. Les hôpitaux sont sur le pied de guerre.

De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Les jours qui viennent seront cruciaux pour la Belgique et sa capacité à résister au coronavirus. Selon les épidémiologistes, en effet, le nombre de personnes admises en soins intensifs pourrait doubler dans les prochains jours, au risque d’amener plus d’un hôpital au seuil de saturation.

Les chiffres, répètent pourtant les experts, sont bons. Quelque 12.000 cas de coronavirus sont confirmés parmi la population belge, mais le nombre d’hospitalisations augmente désormais à un rythme plus lent. De quoi laisser penser aux experts que le confinement généralisé reste bien la voie à suivre, même si certains d’entre eux auraient préféré que des mesures plus drastiques encore soient prises. Le nombre de morts s'établissait mardi à 705.

Comme pour attester de la pertinence du confinement,  un rapport de l’Imperial College London publié lundi estime que les mesures prises en Belgique dans le cadre de la lutte contre le covid-19 auront permis d’éviter 560 décès à la date du 31 mars. Mais d’ici que l’embellie soit confirmée, il faudra soigner ceux qui ont contracté le covid-19 et arrivent parfois à l’hôpital entre la vie et la mort. Or le nombre de lits en unité «soins intensifs» n’est pas extensible à l’infini.  


A staff member shows a screen with a graphic updates on the progress of the coronavirus COVID-19 outbreak around the world, during a press conference held at the Emergency Response Coordination Centre in Brussels, on the EU response to COVID-19,  on March 2, 2020. - The European Union's disease control agency has increased its risk level for the novel coronavirus COVID-19 from moderate to high, EU Commission president Ursula von der Leyen said on March 2, 2020. (Photo by JOHN THYS / AFP)
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Aujourd’hui, en moyenne, un peu plus d’un de ces lits sur deux (53 %) est occupé dans les 103 hôpitaux du pays. Ce taux d’occupation devrait monter en puissance au cours des prochains jours au point de mettre tout le réseau hospitalier sens dessus dessous.

«Un pic aura forcément lieu entre aujourd'hui et le 5 avril, ce sera donc dans les jours à venir. Le pic hospitalier suit logiquement le pic d'appels enregistré par les médecins»prévient Thomas Orban, le président du Collège de la médecine générale. Déjà, plusieurs hôpitaux bruxellois affichent complets ou presque. Jusque 85% des lits de soins intensifs. Le CHU Brugmann frôle la saturation avec 92% par rapport aux plafonds théoriques. En Hainaut et au Limbourg, le plan de répartition des malades entre hôpitaux a été activé.

La presse s’interroge sur l’existence de plans B. Quelles solutions en effet offrir à ceux qui souffrent si les soins intensifs devaient être complets? Les images de ces patients français transportés à même leur civière par TGV ont frappé les imaginations. Il est question aussi de «tri des malades», comme si la médecine de guerre s’était invitée par le truchement du virus dans un pays a priori à l’abri de tout conflit.


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L’état de dénuement de certaines unités hospitalières fait la une des sites d’information. Des masques de plongée vendus par l’enseigne Décathlon ont été détournés de leur usage habituel pour servir ici d’aide à la respiration, là pour protéger le soignant lors d’actes médicaux susceptibles de l’infecter.

Ces systèmes D répondent à la polémique qui a éclaté la semaine dernière autour de la pénurie de tests réactifs, de masques de protection et de respirateurs. De toute évidence, la Belgique n’a pas renouvelé à temps les stocks de matériel médical censé protéger sa population et ses professionnels de la santé.

Interrogée par la chaîne publique RTBF lundi, l’ancienne ministre de la Santé Laurette Onkelinx a estimé que, dans le futur, il faudra avoir une vue économique des entreprises en mesure de fabriquer du matériel de protection «près de chez nous» et disposer d’un stock pour l’ensemble du personnel soignant. La situation actuelle, a jugé la socialiste, fait courir aux professionnels de la santé des risques inconsidérés.

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