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Des filtres à l’entrée des universités belges
International 3 min. 29.03.2019 Cet article est archivé

Des filtres à l’entrée des universités belges

Il a été constaté que la majorité des étudiants qui ont échoué aux tests ont également raté par la suite leur première année.

Des filtres à l’entrée des universités belges

Il a été constaté que la majorité des étudiants qui ont échoué aux tests ont également raté par la suite leur première année.
Illustration: Shutterstock
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Des filtres à l’entrée des universités belges

La proposition veut amener les étudiants à mieux se préparer avant d’entrer dans l’enseignement supérieur francophone.

Par Max Helleff, à Bruxelles

Le libre accès aux études supérieures fait régulièrement débat en Belgique. Nombreux sont les étudiants belges et étrangers qui échouent en effet en fin de premier bac – jusqu’à 70 % dans certaines facultés – et ne parviendront jamais à décrocher le diplôme convoité. Or une année d’études coûte cher, à la collectivité comme à la famille.

Trois chercheurs universitaires viennent de livrer une étude qui vise à trouver une solution à ce problème. Pour eux, la mise en place de «dispositifs de tests et de filtres des étudiants» à l’entrée de la première année d’université ou d’école supérieure pourrait contribuer à formuler une solution. Ils constatent en effet que la majorité des étudiants qui ont échoué à ce test ont également raté par la suite leur première année. C’est la preuve qu’il faut agir.

Prédire l'échec

Pour mener à bien leur enquête, les chercheurs se sont basés sur les «passeports pour le bac» qui testent aujourd’hui les prérequis spécifiques aux études. Ceux-ci permettent aux étudiants de se tester avant le premier bac dans différentes matières: les sciences pour les filières scientifiques, les mathématiques pour l’informatique et l’économie, le français pour les romanes, etc. Les notes recueillies lors de ces tests ont été croisées avec celles que les étudiants ont obtenues en fin de première année. Résultats: peut largement mieux faire…

Il apparaît en effet, dit l’étude, que si les «passeports pour le bac» avaient été un outil de sélection, ils auraient permis de prédire l'échec. Près de la moitié des étudiants admis en fac de mathématiques avaient par exemple échoué à réussir les prérequis imposés avant la rentrée académique. Et 85% d’entre eux ont raté leur première année universitaire.

Faut-il pour autant stopper ces étudiants? Leur interdire la voie des études supérieures ? Non, mais il faut en revanche les aider à combler leurs manquements au plus vite. En Belgique francophone, seules les écoles supérieures des arts et les facultés de médecine, de sciences vétérinaires et d’ingénieurs imposent aujourd’hui un examen d’entrée ou un concours.

Le but est d’informer ceux qui n’ont que très peu de chances de réussite

Ce ne sont toutefois pas d’autres concours mais plutôt une voie médiane que proposent les auteurs de l’étude, en phase avec le ministre de l’Enseignement supérieur, le socialiste Jean-Claude Marcourt. «A ce stade, le but n’est pas de mettre des barrières par principe mais au minimum d’informer ceux qui n’ont effectivement que très peu de chances de réussite. La question à se poser est celle-ci : est-ce sérieux de se lancer dans un tel parcours lorsque la probabilité de succès est effectivement faible?», explique l’un d’eux au Soir

Un enseignement secondaire cher et peu performant

Et de continuer: «Si la réponse est non, sachant que c’est souvent moins de la faute des étudiants que du système scolaire, il faut les prendre en charge, avec par exemple une année de propédeutique, et pas nécessairement leur fermer l’accès.» Une telle remarque revient à rappeler indirectement ce que chacun sait: l’enseignement secondaire francophone belge est inégalitaire et trop peu performant. Or, il compte parmi les plus chers d’Europe.

Le même enseignement envoie pourtant vers les universités des cohortes de jeunes mal formés qui se heurtent à des exigences sans commune mesure avec ce qu’ils ont connu durant leur adolescence. C’est donc bien en amont que ces aspirants étudiants devront travailler demain s’ils veulent réussir dans un monde de plus en plus concurrentiel, auquel n’échappe plus l’université. Concrètement, rien n'a été pour l'heure décidé... 


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