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Des F-35 belges dans le ciel du Benelux
International 3 min. 24.10.2018 Cet article est archivé

Des F-35 belges dans le ciel du Benelux

Le chasseur-bombardier F-35 de l’Américain Lockheed Martin assurera dès la prochaine décennie la défense du ciel du Benelux.

Des F-35 belges dans le ciel du Benelux

Le chasseur-bombardier F-35 de l’Américain Lockheed Martin assurera dès la prochaine décennie la défense du ciel du Benelux.
Photo: AFP
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Des F-35 belges dans le ciel du Benelux

Le gouvernement Michel s'apprête à choisir le chasseur-bombardier américain en dépit de toutes les mises en garde.

Par Max Hellef

Le gouvernement Michel devrait annoncer d’ici la fin de la semaine le choix du chasseur-bombardier F-35 de l’Américain Lockheed Martin comme remplaçant du F-16 atteint par la limite d’âge. S’il n’y a pas encore de confirmation officielle, l’information a été livrée aux médias par «plusieurs sources gouvernementales» restées anonymes.

Ainsi se terminerait un feuilleton vieux de plusieurs années déjà. Un feuilleton fatalement polémique dans la mesure où la somme d’argent engagée est énorme: 3,56 milliards d’euros pour l’achat de 34 nouveaux avions, et 15 milliards au total sur la durée de vie de l’appareil estimée à quarante ans. Polémique aussi parce que différentes visions de la défense et de la sécurité se sont affrontées dans ce dossier, entre pro-atlantistes et pro-Européens. Ces derniers auraient perdu la partie. Le constat n’étonne personne puisqu’il avait été compris d’emblée que l’appel d’offres lancé par le gouvernement Michel avait été taillé sur mesure pour le F-35. De quoi satisfaire les pontes de la Force aérienne belge ainsi que la très atlantiste N-VA de Bart De Wever.

Lundi, le député humaniste Georges Dallemagne (opposition) a jugé une fois encore que ce choix «serait une catastrophe pour la souveraineté stratégique de l’Union européenne et pour l’industrie de la Défense européenne et wallonne». Mais ces hauts cris n’y changeront rien: c’est bien le F-35 qui assurera dès la prochaine décennie la défense du ciel du Benelux, y compris donc celui du Grand-Duché de Luxembourg. Les F-35 belges voleront de concert avec les F-35 néerlandais, le recours à la même technologie devant faciliter la collaboration entre les deux forces aériennes.

Les élections approchent

A six mois des élections législatives, cette décision coûteuse peut étonner de la part d’un gouvernement qui n’a pas réussi à mettre les comptes publics en équilibre en dépit de ses engagements. Plusieurs éléments l’expliquent pourtant: l’offre américaine valait jusqu’au 14 octobre et Lockheed Martin s’impatientait.

Le 19 novembre, Charles Michel doit rencontrer Emmanuel Macron: d’ici là, quelques semaines ne seront pas de trop pour que Paris digère «l’affront», les tentatives françaises quelque peu mélodramatiques d’imposer le Rafale s'étant en fin de compte révélées inutiles. Enfin, le gouvernement Michel pourra se présenter en mai prochain devant l’électeur avec le sentiment du devoir accompli. Ce dossier, il s’était engagé en 2014 à le boucler avant la fin de cette législature.

Il ne reste plus à Charles Michel qu’à trouver la communication ad hoc pour «emballer» au mieux cette décision. Elle doit profiter à son gouvernement tout en évitant à la Belgique de se brouiller avec ses partenaires politiques et commerciaux. A commencer par les pays (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne et Italie) qui promouvaient l’Eurofighter, l'autre concurrent malheureux du F-35. Charles Michel devra également faire preuve de beaucoup de persuasion pour faire admettre aux Belges que son gouvernement a pris la bonne décision, alors que le F-35 n’en finit pas de rencontrer des problèmes techniques et représente des coûts qui font grincer des dents jusqu’à Washington.

Dans une tradition bien belge, la «suédoise» s’active à ne décevoir personne. Si les F-35 seront américains, d’autres types d’armement seront simultanément achetés à des partenaires européens. Il est ainsi question de l’acquisition de 500 véhicules blindés français, de drones, de frégates et de chasseurs de mines en collaboration avec les Pays-Bas.


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