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Des dissensions dans la négociation post-Brexit
International 05.03.2020 Cet article est archivé

Des dissensions dans la négociation post-Brexit

Comme Michel Barnier le redoutait, les négociations avec le Royaume-Uni s'annoncent longues et difficiles.

Des dissensions dans la négociation post-Brexit

Comme Michel Barnier le redoutait, les négociations avec le Royaume-Uni s'annoncent longues et difficiles.
Photo: AFP
International 05.03.2020 Cet article est archivé

Des dissensions dans la négociation post-Brexit

Le négociateur de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, s'est inquiété jeudi de «sérieuses divergences» avec les Britanniques sur la future relation avec le Royaume-Uni, à l'issue d'un premier round de négociations à Bruxelles.

(AFP) - «Pour être tout à fait franc, il y a beaucoup de divergences et des divergences très sérieuses», a déclaré le Français lors d'une conférence de presse. Concernant la pêche, un sujet très sensible pour plusieurs Etats membres, France en tête, il a notamment souligné que la proposition britannique de négocier avec l'UE tous les ans l'accès à ses eaux était «impraticable».

«Je veux être très clair sur ce point: un accord commercial et économique avec le Royaume-Uni devra inclure une solution équilibrée pour la pêche», a-t-il insisté. Michel Barnier a cité d'autres obstacles dans la discussion avec Londres, en particulier sur le rôle de la Cour de justice européenne en cas de conflit sur la mise en oeuvre du futur accord, ainsi que sur les conditions de concurrence.


ARCHIV - 29.01.2016, Belgien, Brüssel: Eine Flagge Großbritanniens weht vor dem Gebäuder der Europäischen Kommission. (zu dpa: «Politik und Wirtschaft wollen Klarheit für Zeit nach Brexit») Foto: Laurent Dubrule/EPA/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les divergences entre l'UE et Londres restent profondes
Des discussions sur le futur accord post-Brexit entre Londres et l'UE s'ouvrent ce lundi à Bruxelles dans un climat tendu et sous la pression du calendrier. D'autant que plusieurs points de friction sont susceptibles de bloquer les négociations.

Craignant de voir apparaître une économie dérégulée à sa porte, l'Union conditionne le degré d'accès des Britanniques à son marché au respect sur le long terme de conditions loyales de concurrence, en particulier de ses normes en matière de droit du travail, d'environnement, de fiscalité et d'aides d'Etat.

«Les Britanniques nous disent qu'ils ont toujours ces ambitions de standards élevés, mais il ne veulent pas traduire ces engagements dans un accord commun», a regretté Michel Barnier.


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Le Royaume-Uni entend négocier avec Bruxelles un accord de libre-échange «d'égal à égal» et n'acceptera pas que l'Union européenne contrevienne à sa liberté de fixer ses propres règles, prévient le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

Le Royaume-Uni a par ailleurs fait savoir à l'UE qu'il ne souhaitait pas négocier d'accord particulier «en matière de politique étrangère et de défense», ce dont elle a pris acte.

Ce premier round de discussions a débuté lundi, par une rencontre entre Michel Barnier et son homologue britannique, David Frost. Les autres rounds de négociation doivent se tenir alternativement à Bruxelles et Londres, toutes les deux à trois semaines. D'un premier bilan des négociations prévu en juin, le gouvernement de Boris Johnson a fait une date butoir: il a menacé la semaine passée de claquer la porte dès l'été si les discussions s'enlisaient.


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TOPSHOT - Staff members take down the United Kingdom's flag from outside the European Parliament building in Brussels on Brexit Day, January 31, 2020. - Britain leaves the European Union at 2300 GMT on January 31, 2020, 43 months after the country voted in a June 2016 referendum to leave the block. The withdrawal from the union ends more than four decades of economic, political and legal integration with its closest neighbours. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)