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Des bémols à l'optimisme de Paul Magnette
International 3 min. 26.11.2019

Des bémols à l'optimisme de Paul Magnette

La conciliation lancée par Paul Magnette se heurte notamment aux libéraux flamands.

Des bémols à l'optimisme de Paul Magnette

La conciliation lancée par Paul Magnette se heurte notamment aux libéraux flamands.
Photo : Thierry Roge
International 3 min. 26.11.2019

Des bémols à l'optimisme de Paul Magnette

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L’informateur belge présente un nouveau rapport au roi, ce lundi. Sa capacité à former un gouvernement « arc-en-ciel » reste toutefois à démontrer.

De notre correspondant Max  HELLEFF (Bruxelles) - C’est ce lundi que Paul Magnette livre un nouveau rapport sur la mission d’information que lui a confiée le roi Philippe le 6 novembre. Une mission qu’il a d’emblée consacrée à la recherche de points de convergence entre les partis politiques sur de grands dossiers thématiques (migration, justice, emploi, etc.) et qui doit planter les bases du futur gouvernement fédéral. 


Paul Magnette détient-il la solution qui permettra à la Belgique de se donner rapidement un gouvernement fédéral?
Un suspense relatif autour de Paul Magnette
Le socialiste fait ce lundi rapport au roi sur les chances d’aboutir à une nouvelle coalition fédérale. L’urgence est là: si la Belgique n’est pas en crise, les écueils se multiplient.

Durant la semaine écoulée, le socialiste a rencontré la société civile et les partenaires sociaux avec l’intention de les confronter aux propositions des partis. Le message est clair : il faut que la prochaine coalition gouvernementale soit également soutenue par la base.

Paul Magnette l’a répété plusieurs fois : il est «optimiste». Il a fait sienne la phrase du Britannique Winston Churchill, selon lequel «un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté».

Mais ses espoirs pourraient être rapidement douchés. Les chrétiens-démocrates flamands du CD&V et les libéraux flamands de l’Open-VLd n’ont toujours pas arrêté leur intention de monter (ou non) dans un gouvernement où la N-VA de Bart De Wever serait absente.


Prolongé dans sa mission d'informateur royal jusqu'au 9 décembre, le socialiste Paul Magnette constate que les «partis se comprennent beaucoup mieux.»
La mission de Paul Magnette prolongée de deux semaines
En Belgique, l’informateur royal fera un nouveau rapport au roi Philippe le 9 décembre. C'est ce qui est ressorti d’un entretien ce lundi entre le chef de l’État et le chargé de mission. «Il est maintenant plus que temps de réussir», déclare ce dernier.

En retrait de la vie politique, mais toujours membre influent de son parti, le chrétien-démocrate flamand Eric Van Rompuy est clair sur ce point : «Je ne vois aucun signe au sein de mon parti permettant de croire que nous sommes prêts à entrer dans une négociation pour former un gouvernement arc-en-ciel. On ne va pas suicider le parti et notre nouveau président en nous aventurant dans un gouvernement de gauche…»

Van Rompuy n’est qu’une voix parmi d’autres. Mais il reste que le CD&V (ex-CVP) qui a fait la pluie et le beau temps dans la Belgique de la seconde partie du XXe siècle n’est plus que l’ombre de lui-même. Ses cadres craignent de perdre définitivement pied en s’aventurant dans un gouvernement «de gauche» qui rejetterait la frange nationaliste flamande dans l’opposition.

Enchères flamandes

Quant à l’Open-VLD, ses actions ne valent guère mieux. Les libéraux sont par ailleurs en phase avec la N-VA sur plusieurs points de son programme économique. Libéraux et nationalistes flamands n’ont de cesse de s’ériger en gardiens du portefeuille du Flamand moyen. Or, il est évident qu’une politique gouvernementale qui mettrait l’environnement en avant coûterait cher dans un premier temps à la Belgique et donc à la Flandre.

Mais, pour l’heure, les libéraux flamands font monter les enchères. Leur participation au prochain gouvernement serait conditionnée par l’obtention du poste de Premier ministre, ce qui aurait le mérite de calmer la Flandre. Depuis 2011, cette fonction échoit à la minorité francophone, avec successivement le socialiste Elio Di Rupo et les libéraux Charles Michel et Sophie Wilmès.


Minister-President of Belgium's French-speaking Walloon Region Paul Magnette delivers a speech during a debate about the EU-Canada Comprehensive Economic Trade Agreement (CETA) at the plenary session of the Walloon Parliament in Namur, on October 28, 2016.
Belgium announced a breakthrough on October 27, 2016 to save a landmark EU-Canada free trade deal, winning over domestic holdouts who threatened to torpedo the agreement and further damage Europe's international credibility. But news of the intra-Belgian agreement came too late for EU leaders and Canadian Prime Minister Justin Trudeau to sign as planned -- while Canada's Trade Minister Chrystia Freeland cautioned there was more work ahead. / AFP PHOTO / JOHN THYS
Mission prolongée pour Paul Magnette
Le président des socialistes belges se dit à nouveau optimiste quant à ses chances de mener à bien son travail en vue de la formation du prochain gouvernement. Le roi attend ses propositions pour le 25 novembre désormais.

Paul Magnette parviendra-t-il à mettre sur pied le gouvernement de ses rêves, cet «arc-en-ciel» qui réunirait socialistes, libéraux et écologistes, avec ou non l’appui du camp chrétien ? La question reste entière.

Ajoutons que les avancées obtenues à ce jour par l’informateur ont trait à des matières somme toute «faciles» : il est de bon ton d'affirmer que la Justice doit être refinancée et que l’emploi doit être favorisé. En revanche, les discussions s’annoncent autrement complexes sur la migration, la sécurité sociale ou le budget. Ici, francophones et Flamands auront à cœur de défendre des positions qui sont souvent diamétralement opposées.


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Vice-Prime Minister and Interior Minister Jan Jambon arrives for a Minister's council meeting of the federal government in Brussels on April 15, 2016. / AFP PHOTO / BELGA / DIRK WAEM / Belgium OUT