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Débat tendu sur le Brexit entre Johnson et Hunt
International 4 min. 10.07.2019

Débat tendu sur le Brexit entre Johnson et Hunt

Débat tendu sur le Brexit entre Johnson et Hunt

Photo: AFP
International 4 min. 10.07.2019

Débat tendu sur le Brexit entre Johnson et Hunt

L'un a brandi la carte de l'optimisme, l'autre celle de l'honnêteté: le dernier face-à-face entre les deux candidats dans la course au poste de Premier ministre britannique a eu lieu mardi soir.

AFP - Engagé dans une compétition dont le gagnant sera connu le 23 juillet, l'actuel ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt s'est montré incisif mardi soir à l'égard de son rival Boris Johnson, grand favori parmi les membres du Parti conservateur pour succéder à Theresa May.

«Je veux savoir à quel point tes engagements sont solides, si tu ne nous sors pas de l'Union européenne le 31 octobre, démissionneras-tu?», a d'emblée attaqué Jeremy Hunt sur la chaîne ITV.

«Boris à Downing Street, c'est donc tout ce qui compte»  

Depuis le début de sa campagne, Boris Johnson répète que le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne le 31 octobre, accord de Brexit renégocié ou pas. La date du divorce avec l'UE a été repoussée du 29 mars au 31 octobre après que l'accord conclu en novembre par Mme May a été recalé trois fois au Parlement britannique.


(FILES) This file photo taken on June 22, 2016 shows A Union flag flies in the wind in front of the Big Ben clock face and the Elizabeth Tower at the Houses of Parliament in central London.
Britain's referendum vote to leave the European Union has pitted parents against children, cities against rural areas, north against south and university graduates against those with fewer qualifications. "What the government is now faced with is not only the economic consequences of a break with the EU, but a fracturing of the United Kingdom," said Rodney Barker, emeritus professor of government at the London School of Economics. / AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS
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Boris Johnson a d'abord évité de répondre, affirmant que le Royaume-Uni sortirait en octobre. Pour finalement lâcher: «Je ne veux pas faire miroiter à l'Union européenne qu'ils pourraient favoriser ma démission en refusant de conclure un accord». «Boris à Downing Street, c'est donc tout ce qui compte», a rétorqué Jeremy Hunt.

Les deux candidats veulent renégocier avec l'UE l'accord de Theresa May, ce que l'UE refuse d'envisager. Lors du débat, Jeremy Hunt a mis en avant ses qualités de négociateur en tant qu'ancien entrepreneur à succès, tandis que Boris Johnson a surtout fait valoir sa détermination à ne pas céder face à Bruxelles.

Les coûts d'un «no deal» «très peu perceptibles»

«Je ne pense pas que nous finirons avec une sortie sans accord. Ce que nous voulons, c'est préparer une sortie sans accord pour être très convaincants» aux yeux des 27, a-t-il déclaré. «Une date butoir nous permettra de conclure un accord».

Et même en cas d'échec, Boris Johnson, ancien maire de Londres et ancien ministre des Affaires étrangères, a assuré que les coûts d'un «no deal» seraient «très peu perceptibles (...) si on s'y prépare».

Optimisme

Selon lui, la facture d'une quarantaine de milliards de livres - d'après les calculs britanniques - qu'il refusera de payer sans accord pourra compenser les conséquences d'un tel scénario. Le Royaume-Uni «a besoin d'un peu d'optimisme, franchement», a-t-il dit. «Nous avons fait preuve de beaucoup trop de défaitisme».

Il a attaqué Jeremy Hunt, affirmant que celui-ci était prêt à demander un nouveau report du Brexit, alors que lui n'écarte pas la possibilité de suspendre le Parlement si les députés votaient contre un «no deal».

Honnêteté

En face, Jeremy Hunt l'a accusé de n'avoir pour seul programme qu'un «optimisme aveugle». «Si nous voulons faire du Brexit un succès, il ne s'agit pas d'afficher un optimisme aveugle mais de comprendre les détails qui nous permettront d'obtenir l'accord le mieux adapté à notre pays», a-t-il déclaré, soulignant avoir un plan en dix points en cas de sortie sans accord.

«Nous avons besoin d'un leader qui nous guide à travers une grande crise constitutionnelle pour réussir le Brexit et cela implique d'être honnête avec les gens», a-t-il poursuivi. 

Relation avec Trump

Outre le dossier épineux du Brexit qui domine la politique britannique depuis trois ans, les deux candidats ont dû s'exprimer sur la relation spéciale avec les Etats-Unis, alors que le président américain Donald Trump s'est déchaîné mardi contre la gestion du Brexit par Theresa May après la publication de câbles diplomatiques confidentiels peu flatteurs à son égard.

Après avoir dans la journée souligné que lui-même n'avait pas manqué de critiquer la manière dont les négociations du Brexit avaient été menées, Boris Johnson a condamné les fuites et affirmé avoir «une très bonne relation avec la Maison Blanche». Avant le débat, Jeremy Hunt avait lui dénoncé des propos de Donald Trump «irrespectueux et faux» à l'égard de Theresa May et du Royaume-Uni.

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