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De Croo fait oublier De Wever aux Belges
International 3 min. 15.12.2020 Cet article est archivé

De Croo fait oublier De Wever aux Belges

Chacun s'accorde à saluer la "force tranquille" du jeune Premier ministre belge (45 ans).

De Croo fait oublier De Wever aux Belges

Chacun s'accorde à saluer la "force tranquille" du jeune Premier ministre belge (45 ans).
Photo : AFP
International 3 min. 15.12.2020 Cet article est archivé

De Croo fait oublier De Wever aux Belges

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le nouveau Premier ministre belge réussit le pari de séduire le pays en dépit de sa politique sanitaire rigoriste.

 De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Deux mois. Deux bons mois auront suffi à Alexander De Croo pour faire oublier Sophie Wilmès au 16, rue de la Loi. Le nouveau Premier ministre belge cartonne en effet dans les sondages. Le dernier en date fait de lui la personnalité la plus populaire de Flandre. Et la seconde à Bruxelles et en Wallonie.

Ce score est inattendu. Le 1er octobre dernier, lors de l’entrée en scène de la coalition Vivaldi, tout semblait indiquer qu’Alexander De Croo et son Open VLD allaient payer cher le fait d’avoir laissé la N-VA de Bart De Wever sur le bord du chemin. Si le libéral était devenu ce jour-là Premier ministre, ce n’était guère que pour apaiser la Flandre, minoritaire au sein du nouveau gouvernement en dépit de son poids démographique. Il devait sa promotion au Parti socialiste francophone de Paul Magnette, devenu un habile faiseur de roi. La majorité nationaliste flamande, elle, se retrouvait sur les bancs de l’opposition.

En temps normal, une telle configuration aurait inévitablement ramené la Belgique vers ses querelles communautaires, Flamands contre francophones. Mais le covid a changé la donne. Et Alexander De Croo réussit le pari de gagner en popularité bien qu’il ait refusé dans toutes les langues d’assouplir le confinement lors de la fête de Noël. Un exploit…

Son atout? Cette force tranquille qui contraste avec son allure de gendre idéal et son passé de pyromane politique. Elle rassure, même lorsque Alexander De Croo évoque l’inquiétante valse-hésitation des contaminations et aligne les différentes mesures de confinement. Avec le ministre de la Santé, le socialiste flamand Frank Vandenbroucke, ils forment un duo soudé, le rempart de tout un peuple face au covid.


Aaron Spenedelow adjusts his Santa Claus outfit before taking a Zoom call with a family, as Santa's Grotto Live gets underway in Wembley, north London, on November 29, 2020. - Santa's Grotto Live is a UK company dedicated to providing an online person to Santa experience. They provide a fully personalised video call, coupled with a beautifully designed Grotto to keep Christmas as magical as ever in these times of social distancing and lockdowns. (Photo by Niklas HALLE'N / AFP)
Tensions belges au pied du sapin de Noël
La décision d’interdire le Noël en famille met à l’épreuve la cohésion de l’équipe emmenée par le Premier ministre Alexander De Croo.

Les coups bas venus de certains partis de la coalition Vivaldi, et particulièrement du Mouvement réformateur libéral francophone, ne les ont pas (ou peu) fait plier. Huit Belges sur dix leur renvoient la politesse en jurant la main sur le cœur qu’ils respecteront les règles sanitaires lors du réveillon de Noël…

De là à conclure que le covid rassemble les Belges autour de personnalités consensuelles, il n’y a qu’un pas.  La preuve par la contre-performance de la très clivante N-VA de Bart De Wever – qui descend sous les 20% d’intentions de vote. Le Vlaams Belang (extrême droite) reste toutefois le premier parti du pays, du moins dans les urnes. L’ensemble du gouvernement De Croo ne convainc d’ailleurs que 40% des sondés.

Gare au sursaut des contaminations

Ce succès est donc fragile. Une grande majorité des Belges craignent en effet une troisième vague, alors que la seconde peine à s’évaporer. Beaucoup s’attendent à ce qu’un Noël indiscipliné ne tourne au rebond pandémique, à la manière du dernier Thanksgiving américain et canadien. Un sursaut des contaminations pourrait saper les bases du gouvernement De Croo, dans la mesure où il mettrait à mal l'adhésion aux mesures adoptées. Ici comme ailleurs, beaucoup dépendra de l’arrivée d’un vaccin…

Dans une interview à L’Echo et au Tijd, le président de la N-VA Bart De Wever fait savoir qu’il n’abandonne pas la partie. «Nous devons maintenant voir quelle sera la situation en 2024. Au mieux, les résultats des élections seront si dévastateurs pour les libéraux – qui nous ont abandonnés et ont déshabillé la Flandre en échange du 16, rue de la Loi – que le basculement vers le confédéralisme sera inévitable», prédit-il. De Wever compte alors négocier une réforme de l’Etat avec cette nouvelle génération de socialistes francophones pour laquelle le confédéralisme n’est pas un gros mot.

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