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D'étranges piqûres suscitent l'inquiétude en France
International 5 min. 03.05.2022
Dans les boîtes de nuit

D'étranges piqûres suscitent l'inquiétude en France

Les modes opératoires diffèrent d'une région à l'autre mais les cas se multiplient.
Dans les boîtes de nuit

D'étranges piqûres suscitent l'inquiétude en France

Les modes opératoires diffèrent d'une région à l'autre mais les cas se multiplient.
Photo: Getty Images
International 5 min. 03.05.2022
Dans les boîtes de nuit

D'étranges piqûres suscitent l'inquiétude en France

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Depuis le début du mois d'avril, une soixantaine d'incidents ont été enregistrés dans des discothèques françaises. Aucun cas n'a pour le moment été répertorié au Luxembourg.

(Avec AFP) - Des nausées, des vertiges ou encore une vive douleur... Voilà les symptômes décrits par des dizaines de jeunes Français qui prétendent avoir été piqués en boîte de nuit ou dans des festivals. Les témoignages qui affluent à ce sujet ont créé un climat de psychose chez nos voisins.


(FILES) In this file photo taken on January 09, 2012 Paris night celebrity, singer, actress and businesswoman Regine poses with a long Ted Lapidus skirt drawn by Erte  with the famous "boa" at the Tajan galery in Paris. - Regine died at the age of 92, her grand-daughter told AFP on May 1, 2022. (Photo by Eric Feferberg / AFP)
Régine, la «reine de la nuit», est partie à l'âge de 92 ans
La chanteuse et comédienne Régine, ambassadrice de la nuit parisienne dans le monde qui a popularisé la discothèque en France, est décédée dimanche à l'âge de 92 ans.

Depuis début avril, une soixantaine de faits ont été enregistrés dans des établissements en France. Plusieurs régions sont concernées par le phénomène. Une quinzaine d'enquêtes ont été ouvertes à Rennes et d'autres dans l'Hérault, l'Isère, en Haute-Garonne, en Dordogne ou encore en Loire-Atlantique.

La police française n'a pas souhaité communiquer de chiffres à l'échelle nationale, expliquant que le phénomène n'est pas encore suffisamment avéré à cette échelle.

Pas de cas recensé au Luxembourg

Mais qu'en est-il au Luxembourg? Des faits de ce genre ont-ils déjà été recensés? «Pour l'instant, nous n'avons pas connaissance de tels cas», a expliqué le ministère luxembourgeois de la Santé, interrogé à ce sujet par nos collègues de Contacto. Du côté de l'Horesca, la fédération représentant le secteur de l'hôtellerie, de la restauration et des cafétérias au Grand-Duché, on explique que le phénomène «existe depuis longtemps en Angleterre» mais la fédération n'a pas entendu parler de cas au Luxembourg pour le moment.

L'origine des piqûres reste inconnue pour l'instant. Sont-elles provoquées par des seringues ou des têtes d'épingle? Le mystère reste entier.

Surtout que le mode opératoire de ces agressions en France diffère d'une région à l'autre, a précisé une source policière à l'AFP, expliquant que certaines pouvaient par exemple s'accompagner d'agressions sexuelles alors que d'autres non. 

Des sueurs froides et des vertiges

A Nantes, Eloïse Cornut, 21 ans, raconte qu'en rentrant d'une soirée dans un bar dansant à la mi-avril, elle a ressenti «sueurs froides, nausées, frissons et vertiges». La jeune esthéticienne en alternance se sent mieux le lendemain mais le mercredi suivant, une de ses collègues lui fait remarquer une trace de piqûre à l'arrière de son bras. «Un point rouge entouré d'un bleu d'un centimètre de diamètre», décrit-elle pour l'AFP.

Eloïse, qui ne consomme ni alcool ni drogue, explique ne sortir que «de temps en temps le week-end, jamais en semaine», et relie «aussitôt» cette piqûre à sa soirée du samedi. «Mes collègues m'ont tout de suite dit d'aller à l'hôpital. On m'a fait une prise de sang et conseillé d'aller porter plainte». Ce qu'elle a fait le lendemain.

45 faits à Nantes

A Nantes, au total, 45 faits ont été portés à la connaissance des forces de l'ordre depuis la mi-février, selon le parquet. «Aucun dépistage n'a mis en évidence la présence de GHB ou autres substances toxiques», a indiqué le procureur Renaud Gaudeul à l'AFP, précisant qu'aucun suspect n'avait été interpellé.

Il est parfois difficile cependant de prouver la présence d'une substance: le GHB est indécelable dans le sang quelques heures seulement après son absorption.

Un gros hématome avec une piqûre

A Roanne, dans la Loire, une jeune femme de 18 ans souhaitant garder l'anonymat fêtait le 22 avril l'anniversaire d'une amie dans une discothèque. Quand elle accompagne une amie aux toilettes, un homme lui touche une fesse.

«En rentrant chez moi je me suis regardée dans le miroir et j'ai vu un gros hématome avec une piqûre avec un point rouge au centre sur la fesse droite», dit-elle à l'AFP. «Des amis m'ont dit qu'ils avaient remarqué un homme qui me regardait bien, comme s'il attendait quelque chose de moi».


Partygoers dance at The Helling (pop stage), in Amsterdam on February 12, 2022, as they take part to a protest action so called "The Night Stands protest" to draw attention on the long-term closure that nightlife is experiencing due to the corona measures
during the protest action The Night Stands. - Some clubs in the Netherlands have reopened their doors for one night on February 12, 2022, to protest against their closure due to the pandemic. (Photo by Paul Bergen / ANP / AFP) / Netherlands OUT
La France s'apprête à danser à nouveau
Les discothèques et les bars français vont pouvoir rouvrir leurs portes à la fête, ce mercredi 16 février, grâce aux mesures sanitaires qui s'assouplissent.

Le parquet de Roanne a ouvert lundi une enquête pour «violence avec préméditation et administration d'une substance nuisible avec préméditation». Il a annoncé jeudi en avoir ouvert une deuxième après une plainte déposée mercredi par un homme d'une vingtaine d'années qui a indiqué avoir été piqué à une épaule dans le même établissement au cours du week-end.

Se faire dépister

Des cas de piqûres sur neuf festivaliers lors de concerts dans le cadre du Printemps de Bourges ont également été recensés et une enquête a été ouverte.

Dans la capitale française aussi, des plaintes ont été déposées pour des faits similaires. Six enquêtes ont été ouvertes depuis la semaine dernière du chef d'administration de substance nuisible.

Fred Bladou, chargé de mission pour l'association Aides, qui lutte contre le VIH, considère qu'il y a une sorte d'«emballement» autour de ces cas mais rappelle qu'en cas d'injection «il faut aller tout de suite se faire dépister aux urgences hospitalières».

Le président de la branche nuit du principal syndicat de l'hôtellerie restauration (Umih), Thierry Fontaine, dénonce quant à lui un «jeu malsain et pervers» de mystérieux agresseurs qui créent une «psychose» chez les jeunes. Il craint un impact sur les établissements qui ont déjà souffert de la pandémie.

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