Contournement d'Audun-le-Tiche: félicitations et contestations communes

Coup d'envoi des travaux lancé à Audun-le-Tiche avec les officiels français et luxembourgeois. Les contestataires écologiques sont également venus des deux côtés de la frontière pour protester.

Photo: Charles Caratini

"On vient aujourd'hui à Audun-le-Tiche pour remettre le "bulldozer d'or" à M. Weiten", annonce sans ambages Florent Golin, président d'Aménagement et Gestion des Infrastructures dans le Respect des Ressources (AGIRR).

Le président du Conseil général de Moselle n'avait déjà pas franchement le vent en poupe auprès des associations écologiques lorraines. Les tensions sont montées d'un cran lorsque la date de début de travaux du contournement a été annoncée le 13 juillet.

Roger Schauls, du Mouvement écologique, ne cache pas son aversion pour ce projet: "Nous soutenons nos amis français, notamment sur le volet "Protection de la nature". Ce site Natura 2000 devrait être protégé, et nous allons rencontrer notre avocat pour discuter de futures plaintes", soutient-il.

"Totalement dépendants de la voiture"

Le tracé est également critiqué: les associations écologiques ont toujours soutenu le réaménagement des voies ferrés au sud d'Audun-le-Tiche, pour désengorger la ligne Nancy-Luxembourg au profit d'une Nancy-Esch et d'une Thionville-Esch.

Florent Golin va plus loin: "Avec ce contournement, les gens vont devenir entièrement dépendants de leur voiture et les solutions alternatives vont encore s'affaiblir. M. Weiten a une vision dépassée, héritée des années 1970 où on considérait qu'un kilomètre de route rapportait tant d'emplois", achève-t-il.

En passant devant la quinzaine de protestataires, le maire d'Audun-le-Tiche, Lucien Piovano, démarre au quart de tour et les prend rudement à partie:  "Ça fait 20 ans qu'on réfléchit et qu'on se bat pour défendre les intérêts de nos citoyens!", clame-t-il.

Elus et officiels enthousiastes

Quelques mètres plus loin, au milieu des tonnelles et d'une foule de parapluie, les officiels posent, pelles à la main, sous le crachin.

A l'ouvrage, M. Weiten du CG de Moselle, le président du CG de Meurthe-et-Moselle, Michel Dinet, le président du Conseil régional de Lorraine, Jean-Pierre Masseret, le député de Fameck, Michel Liebgott, le nouveau préfet de Lorraine, Nacer Meddah, le ministre de l'Intérieur et à la Grande Région, Jean-Marie Halsdorf, et le ministre du Développement durable et des Infrastructures, Claude Wiseler.

En tout, l'enveloppe d'investissements représente plus de 31 millions d'euros, dont 6,1 millions provenant du Grand-Duché. L'éventail est très large, allant du CG de Moselle avec 9,4 millions d'euros au CG de Meurthe-et-Moselle avec 2,8 millions d'euros.

A l'intérieur de la salle Agora de Russange, chaque officiel a trouvé sa formule: Dinet parle de "réalisation concrète dans la démarche transfrontalière", Weiten de "favoriser d'abord la "faune humaine"" et Meddah de "trait d'union".

"Un projet important pour le Luxembourg"

M. Wiseler prolonge les interventions des uns et des autres en insistant sur trois points: "L'importance du projet Belval pour le Luxembourg, avec à terme un lieu de vie actif, la mobilité durable, symbolisée par la première gare construite depuis des décennies dans le Grand-Duché."

L'éco quartier est une nouvelle fois évoqué, comme la venue prochaine de l'université du Luxembourg dans la zone Esch-Belval et l'importance des transports publics dans la zone.

Enfin, le ministre conclut: "Je voudrais saluer la bonne relation avec les différentes couches des autorités françaises, qui devrait permettre qu'en 2014 ces routes construites des deux côtés de la frontière aboutissent en même temps."

Raphaël da Silva