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Commission européenne: Weber pour remplacer Juncker?
International 3 min. 06.09.2018

Commission européenne: Weber pour remplacer Juncker?

Commission européenne: Weber pour remplacer Juncker?

Photo: Patrick Seeger/epa/dpa
International 3 min. 06.09.2018

Commission européenne: Weber pour remplacer Juncker?

L'Allemand Manfred Weber, chef de file de la droite au Parlement européen et un allié d'Angela Merkel, a lancé mercredi la course à la présidence de la prochaine Commission européenne en 2019, en annonçant le premier sa candidature au sein de son parti.

AFP - Une initiative peu goûtée à Paris. «Je veux devenir le candidat tête de liste du PPE (Parti populaire européen) pour les élections européennes de 2019 et être le prochain président de la Commission européenne», a déclaré M. Weber sur Twitter, avant de l'annoncer de vive voix lors d'une courte déclaration devant la presse.

Ce Bavarois de 46 ans est issu de la CSU, la droite conservatrice allemande et parti allié de la chancelière Angela Merkel. Cette dernière lui a d'ailleurs apporté son soutien quelques instants après son annonce. «Je salue cette candidature. Il y a encore plusieurs étapes à franchir, d'autres candidatures peuvent intervenir (...) Mais je redis que je soutiens cette candidature de Manfred Weber», a affirmé Mme Merkel lors d'une conférence de presse à Berlin.

Selon la presse allemande, la chancelière souhaite que le prochain président de la Commission européenne soit allemand, quitte à abandonner ses prétentions sur la Banque centrale européenne (BCE). Manfred Weber est depuis 2014 président du groupe PPE au Parlement européen, principal parti de l'hémicycle.

Sa candidature lance les préparations des différents partis politiques aux élections de mai 2019. Ces derniers espèrent pouvoir compter sur leurs «Spitzenkandidaten», c'est-à-dire leurs têtes de liste, pour mener la campagne et conquérir la présidence de l'exécutif européen. La France est opposé à ce système de nomination du président de la Commission, instauré en 2014, qui donne l'avantage au chef de file du parti arrivé en tête aux élections européennes.

«Qui connaît le profil de Manfred Weber ? Ce n'est pas forcément l'Européen le plus connu. Est-ce que cela rapproche les électeurs des institutions européennes ? On n'en pas encore fait clairement la démonstration», a répondu la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, devant les étudiants de l'Ecole des Affaires internationales de Sciences Po à Paris. La France préfère s'en tenir à la législation de l'UE qui prévoit que les chefs d'État et de gouvernement proposent au Parlement européen un candidat à la présidence de la Commission européenne «en tenant compte des élections au Parlement européen».

Manfred Qui ?

«C'est cela qu'il y a dans les traités, c'est ce que nous ferons», a martelé Nathalie Loiseau. «Qui vous dit que demain, dans un paysage politique européen (...) très éclaté, celui qui est à la tête du parti arrivé en tête est capable de trouver une majorité au Parlement européen (...) de déclencher un consensus au Conseil européen ? Rien !», a-t-elle lancé. «Imaginez que demain (...) ce soit les populistes qui soient le premier groupe au Parlement européen et donc on leur donne les clés....», a-t-elle ajouté.

Au niveau européen, le PPE regroupe divers formations de droite, comme Les Républicains en France, la CDU de Merkel, ou encore le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban. C'est aussi le parti de l'actuel président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. M. Weber est le premier candidat à se déclarer au sein du PPE, à la veille de l'ouverture officielle des dépôts de candidature, qui seront clôturés le 17 octobre.

Le PPE choisira ensuite son candidat lors d'une conférence du parti à Helsinki les 7 et 8 novembre. Se définissant comme un «homme politique européen», Manfred Weber veut «construire des ponts» avec les citoyens européens, et dépasser les clichés d'une «Europe de l'Est contre l'Ouest» ou d'une Europe «des riches et des pauvres». Parmi les autres noms régulièrement cités dans la presse européenne comme éventuels candidats au sein du PPE: l'ex-Premier ministre finlandais Alexander Stubb ou encore le Français Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit. Mais ce dernier pourrait être pénalisé par le calendrier des négociations avec Londres qui ne cesse de s'étirer. 

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