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Climat: les ONG claquent la porte de la laborieuse conférence de Varsovie
International 4 min. 21.11.2013 Cet article est archivé

Climat: les ONG claquent la porte de la laborieuse conférence de Varsovie

Climat: les ONG claquent la porte de la laborieuse conférence de Varsovie

Photo: Reuters
International 4 min. 21.11.2013 Cet article est archivé

Climat: les ONG claquent la porte de la laborieuse conférence de Varsovie

Les grandes ONG environnementales ont  claqué jeudi la porte de la conférence internationale sur le climat à Varsovie,  un coup d'éclat sans précédent.

(AFP). - «Les organisations et mouvements représentant la société civile aux quatre  coins du monde ont décidé de faire un meilleur usage de leur temps en se  retirant des pourparlers de Varsovie», ont-elles expliqué.  

«Cette conférence de Varsovie, qui aurait dû marquer une étape importante  dans la transition vers un avenir durable, ne débouche sur rien», ont tranché  Greenpeace, Oxfam, WWF, les Amis de la Terre Europe, la Confédération  internationale des syndicats, et ActionAid International.  

A la veille de la clôture officielle de la conférence, qui s'est ouverte le  11 novembre en présence de délégations de plus de 190 pays, ce geste des ONG qui sont des acteurs à part entière de ces grand'messes du climat, renforçait encore le pessisme ambiant.

Après une nouvelle nuit de pourparlers dans le grand stade de Varsovie, la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, a regretté jeudi matin que  «les négociations n'avancent pas».

«Nous ne pouvons pas nous offrir de faire marche arrière par rapport à Durban, il faut avancer», a-t-elle averti, faisant allusion à la conférence de  l'ONU en 2011 lors de laquelle la communauté internationale s'est donnée pour  objectif de sceller un accord en 2015 à Paris. 

Cet accord, qui doit entrer en vigueur en 2020, se veut le plus ambitieux  jamais obtenu sur le changement climatique: universel, légalement contraignant,  il doit réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de limiter le  réchauffement à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.   Pour l'heure, les émissions sont à la hausse et mettent le monde sur la  trajectoire d'un réchauffement de près de 4°C. 

Mais le chemin vers Paris est pavé d'obstacles, le principal étant le  partage des responsabilités entre pays industrialisés et pays en développement, notamment les grands émergents dont la Chine, premier pollueur au monde. 

Les grands pays émergents ne cessent d'insister sur le fait que les pays  industrialisés, responsables historiquement du réchauffement, doivent en faire  beaucoup plus qu'eux, et mettent aussi en avant leur «droit au développement».  

Cette position est fermement rejetée par les Etats-Unis, deuxième pollueur  au monde, qui refusent que la Chine bénéficie d'un traitement de faveur.

«Nous  devons laisser l'idéologie à la porte», a lancé jeudi le négociateur en chef  américain Todd Stern. Un accord basé sur cette ligne de partage entre pays développés et en  développement «ne fonctionnera pas», a-t-il déclaré.   

Mais quelques minutes après ce discours, le négociateur chinois a rappelé:  il y a d'un côté des pays en cours «d'industrialisation» et d'autres «qui sont  post-industriels», et «cette division subsistera après 2020». 

Aussi, le ministre Zhenhua Xie, a appelé à ce que l'accord de 2015 comprenne  des «objectifs quantité de réduction drastique d'émissions de GES» pour les pays  industrialisés, et que les pays du Sud ne s'engagent qu'à «renforcer leurs  efforts» en ce sens.  

Selon le directeur de Greenpeace international Kumi Naidoo, «la Chine peut  changer la donne, mais elle n'a pas encore traduit ses efforts nationaux en engagements constructifs dans ces pourparlers».  

Pour autant les pays du Nord ne sont pas épargnés par les ONG qui critiquent le recul du Japon, de l'Australie, et du Canada en matière de lutte contre le changement climatique, et que, sur la question de l'aide financière aux pays du  sud, «les gouvernements ont craché au visage de ceux qui souffrent du changement  climatique», selon M. Naidoo.  

Les pays du Sud exigent plus de «visibilité» sur l'aide de 100 millards de  dollars par an promise d'ici 2020 pour les aider à faire face au réchauffement,  et la création d'un mécanisme pour prendre en compte «les pertes et dommages»  subis à cause du changement climatique.   Ces deux dossiers, la formulation d'un calendrier des différentes étapes  jusqu'à Paris, ainsi que la nature des engagements attendus dans l'accord de  2015 -- la France veut qu'ils soient «chiffrés»-- restaient les points durs des  négociations jeudi matin.