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Cinquième journée de mobilisation des «gilets jaunes»
International 16 3 min. 21.11.2018

Cinquième journée de mobilisation des «gilets jaunes»

Cinquième journée de mobilisation des «gilets jaunes»

Photo: AFP
International 16 3 min. 21.11.2018

Cinquième journée de mobilisation des «gilets jaunes»

Une poignée de barrages et des interrogations: quelques blocages de dépôts pétroliers et d'axes routiers subsistaient mercredi matin, au cinquième jour de la mobilisation des «gilets jaunes» qui semble marquer le pas avant un rendez-vous fixé samedi à Paris.

(AFP) – La situation reste en revanche tendue à La Réunion, théâtre d'une nouvelle nuit de violences, émaillée de jets de projectiles et de cocktails molotov sur les forces de l'ordre et parfois de tentatives de pillages de commerce. Seize gendarmes et policiers ont été blessés, dont un qui a eu la main arrachée par l'explosion accidentelle d'une grenade dans son véhicule, et 38 personnes ont été interpellées, a indiqué à l'AFP la Préfecture.

Face à cette flambée de violences urbaines, commises par des «bandes de jeunes gens qui n'ont rien à voir avec les "gilets jaunes"» selon la ministre des Outre-mer Annick Girardin, un couvre-feu avait décrété mardi de 21 heures à 6 heures dans 14 des 24 communes de l'île.


Sur l'A10 motorway à côté de Bordeaux
Gilets jaunes: Castaner dénonce la «dérive totale»
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé mardi la «dérive totale» du mouvement des «gilets jaunes» débuté samedi contre la hausse des taxes sur le carburant, en pointant une «radicalisation» et un «très très grand nombre de blessés».

En métropole, quelques sites restaient bloqués, notamment en Occitanie où les «gilets jaunes» ont indiqué avoir repris le blocage de la raffinerie de Lespinasse (Haute-Garonne). Ils bloquent également toujours le dépôt pétrolier de Fondeyre et les plateformes logistique Eurocentre et Socamil, dans la région toulousaine.

Selon une source policière, quelque 7.000 personnes étaient de nouveau mobilisées mercredi. «Vous voyez, tout est calme ici. On est tous des gens pacifistes. Les gens sont avec nous, ils nous klaxonnent, nous saluent et certains nous apportent à boire et à manger», décrit Brigitte Duquesne, 55 ans, installée sur un barrage dans le Finistère, qui parle du «ras-le-bol complet des gens».

Le dépôt pétrolier de Lucciana (Haute-Corse) a, lui, été évacué mardi matin par les forces de l'ordre, comme le péage de l'autoroute A10 à Virsac, point de barrage durable au nord de Bordeaux et théâtre de dégradations ces derniers jours.

Environ 350 véhicules bloqués avaient dû être «évacués» durant la nuit, a indiqué l'opérateur Vinci Autoroutes. L'opérateur faisait état par ailleurs de blocages ou perturbations sur les autoroutes A7, A9, A8, A11, A28, A71 et A62.


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Les Gilets jaunes poursuivent leur action en France. Au risque d'un populisme généralisé et d'une disqualification du discours politique.

«On restera»

Après un week-end mobilisateur, le nombre de «gilets jaunes» sur les routes recule jour après jour, de 290.000 manifestants recensés samedi à 27.000 lundi et une dizaine de milliers mardi. Mais les actes de «violences graves et répétées» sur certains points de blocage inquiètent les autorités, confrontées à une mobilisation sans organisateur ou leader clairement désignés.

Depuis samedi, deux personnes ont trouvé la mort -un motard après une collision avec une camionnette qui tentait d'éviter un barrage dans la Drôme et une manifestante renversée par une automobiliste en Savoie-, 552 ont été blessées, auxquelles s'ajoutent 95 blessés côté forces de l'ordre, selon Beauvau. Par ailleurs, plus de 650 personnes ont été interpellées au total et près de 500 gardées à vue.

Face à ce mouvement qui a essaimé sur les réseaux sociaux hors de tout cadre politique et syndical, l'exécutif alterne appels au «dialogue», prôné notamment par Emmanuel Macron mardi, et démonstrations de «fermeté», par la voix du ministère de l'Intérieur. Christophe Castaner s'est alarmé dès mardi d'une «dérive totale» et d'une «radicalisation».


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Ils étaient nombreux ce samedi à protester à travers le mouvement des "gilets jaunes" dans le Grand Est et notamment à Metz, où une large partie de l'autoroute A31 a été partiellement bloquée durant la journée. Nous étions dans la manifestation, découvrez notre reportage.

Mercredi, le ministre de la Transition écologique François de Rugy a estimé qu'il fallait «trouver des formes nouvelles, décentralisées» de discussions, impliquant aussi les citoyens. «On est déterminés et on restera. On sera les derniers à Calais mais on tient bon», a affirmé à l'AFP Romuald, âgé d'une vingtaine d'années, participant à une action mercredi matin sur l'A16.

Mais sur les barrages, certains s'interrogent: faut-il continuer à bloquer coûte que coûte ou se concentrer sur «l'Acte 2» du mouvement, une manifestation nationale samedi à Paris? Des appels à un grand rassemblement place de la Concorde circulent sur les réseaux sociaux. Plus de 30.000 personnes se sont déclarées «participants» à cet événement créé sur Facebook, et près de 200.000 «intéressées».

Cette manifestation ne sera pas interdite mais elle ne pourra pas se tenir sur la place de la Concorde pour des raisons de sécurité, a assuré le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Plusieurs leaders politiques entendent se joindre à cette journée. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a indiqué que ses militants y participeraient. Côté syndical, seule la fédération FO des transports et de la logistique a appelé à se joindre aux «gilets jaunes» pour obtenir une «augmentation du pouvoir d'achat».